Mais trooop !

On se serait cru à un enterrement, à la messe, dans la section CIG dans une certaine École, ou encore devant une partie de poker, le résultat observé aurait été le même.
Des visages inexpressifs, vides et surtout désespérés défilaient devant mes yeux au fur et à mesure que j’avançais sur le quai. Certains développent tout de même un sentiment d’impatience, voire d’anxiété d’un pincement de lèvres. D’autres vous révèlent plus d’humanité en guettant un relèvement de sourcils ou même une parole (même si ces bouches-ci ne sécrètent que des injures en ces lieux sinistres).

Chaque jour, c’est toujours la même rengaine :

  • Le matin : vous prenez sur vous pour braver votre « petite » heure de déprime que les transports en communs vous offrent de par ses usagers.
  • La journée : vous tentez de ne pas perdre pieds devant vos professeurs/patrons/supérieurs hiérarchiques en tout genre.
  • Le soir : vous reprenez les transports en sachant qu’une journée accablante s’achève mais tout en ne perdant pas de vue que demain peut être pire.

Ça se voit pourtant que c'est démoniaque

Dans les transports en commun, il faut réussir à supporter plusieurs sortes de manifestations indésirables qui vous attaquent de toute part.
Je ne traiterai que du réseau ferré, puisque c’est simplement en de rares occasions que le bus m’a dépannée. Mais ça reste exceptionnel puisque ces chauffeurs se croient tout permis : « C’est moi qui ai le plus gros mouahahaha ! » (Je parlais du véhicule, coquinou !), une sorte de chauffeur de camions recyclé… Mais ne portons pas de jugements sur un échantillon trop petit pour faire de quelconques conclusions hâtives.

Vous aurez donc la joie de vous mesurer à toute sorte d’individus à l’air plus ou moins dépité. Vous n’aurez que faire de tous ces affichages qui vous poussent au suicide à vous cultiver en anglais, aux musées ou vous divertir devant un film d’action présentant un Nicolas CAGE dans un jeu d’acteur inchangé d’une « œuvre » sur l’autre (Finalement le suicide ne me semble pas un si mauvais choix). Ces couloirs carrelés donnant l’aspect d’une entrée de piscine ne font que vous trahir et d’ailleurs tout le monde ne fait que se jouer de vous en ces bas lieux, à commencer par les sans-abris.

On ne les voit plus tant ils font partie de ce paysage souterrain.
Si je devais donner 0,50€ à chaque mendiant que je croise sur ma route, je crains que je ne les rejoigne sur le banc de l’échec. Laissez-moi vous expliquer : ayant un revenu maigre de quelques dizaines d’euros par mois (grâce aux heures dépensées à garder d’adorables des bambins), les étudiants ne roulent pas sur l’or. Je compte, sur mon trajet, environ trois à cinq mendiants/musiciens errants/étudiants en art, ce qui me revient à (faisons une moyenne) 4 x 0.50€ = 2€/jour, soit 2€ x 30 = 60€/mois.
Ça ne pourrait tomber plus mal, je n’excède pas les 60€/mois en subissant les pleurs des adultes de demain. Pourquoi donner à un musicien et pas à un mendiant ? Parce que l’un a la chance d’avoir un accordéon ? (Oui il a juste la chance de l’avoir, pas de savoir en jouer, nuance !).
Les jours où vous vous sentirez l’âme salvatrice, vous daignerez peut-être les regarder en vous excusant d’un regard. D’autres matins, vous leur laisserez même éventuellement une partie de votre petit-déjeuner. Mais vous êtes-vous déjà attardés pour observer leur réaction suite à votre altruisme ? Peut-être bien que non… (l’odeur, je comprends). Toujours est-il que j’observe vos élans de générosité, mais je porte plus d’attention aux réactions qui s’en suivent, celles qui vous échappent pour cause de départ trop précipité.
Les plus courtois vous remercieront de quelques mots maladroitement articulées. Toutefois d’autres n’ont que faire de recevoir de la nourriture ! C’est l’argent et c’est tout ! Le blé, le fric, le flouze, l’oseille ! Vous lisez dans leurs yeux toute la rancune qu’ils voudraient vous faire payer tant ils ont l’impression que vous vous fichez pas mal de leur sort et que vous ne comprenez pas que tout ce qui importe c’est la tune, mince enfin !
Nous ne sommes régis que par les lois de l’argent et ce à tous les échelons de l’échelle sociale… Ne les prenez pas pour des cons !

La sincérité ne paye pas non plus

A arpenter ces longs couloirs sinueux, ils ont le temps de faire travailler leur imagination. Ces individus useront de toutes les combines possibles et inimaginables pour vous faire cracher quelques centimes. Vous êtes réduits au statut d’une machine à sous à laquelle il faut trouver la bonne combinaison pour espérer la moindre piécette.

  • Il existe la combine de père/mère de famille : le parent prononce un discours narrant la déchéance dans laquelle il se trouve (dans un français approximatif), puis lui et sa pseudo progéniture se promènent dans la rame du métro les mains jointes, tendues vers vous. Vous remarquerez que c’est toujours l’enfant qui s’aventurera entre les sièges en premier, histoire de faire monter en vous plus de peine. Il m’est arrivée par deux fois d’observer que le dit parent, d’un fils unique, se retrouve face à moi deux jours consécutifs et que « Ho surprise ! », l’enfant unique est transsexuel, et voilà une jeune fille qui s’avance vers moi ! Comme c’est surprenant ! On n’arrête pas le progrès !
  • Les sans-abris se muniront également d’animaux. Des citoyens ont plus de peine pour une pauvre bête qu’un être humain, vous saisissez le malaise ? Si cela peut inspirer plus de pitié à certains et les encourager à verser quelques sous, ils sont surtout utiles aux pauvres propriétaires pour ne pas se faire embarquer par la maréchaussée. En effet, les agents de police ne peuvent transporter un animal dans leur véhicule et ne peuvent embarquer le propriétaire de la pauvre bête puisque cela engendrerait l’abandon de ce petit être, ce qui est prohibé ! Quelle fourberie !
  • Il en existe d’autres qui n’hésiteront pas à vous faire saigner les yeux en mettant en avant leur handicap, leur malformation ou encore leur infection… Il n’y a rien de plus agréable que d’admirer un tel spectacle au sortir du petit-déjeuner, vraiment ! C’est tout bonnement charmant !
  • En revanche, certains munis d’instruments, s’occuperont de vos oreilles jusqu’à ce que vous les suppliiez d’arrêter ce massacre ! Déjà que vous n’êtes pas fan de Patrick BRUEL (Oui il joue tous Les Amants de St Jean !), ensuite l’accordéon n’est pas accordé (Curieux paradoxe…), enfin quand bien même il n’y aurait rien à reprocher au triste instrument, c’est le musicien qui dégrade à lui seul, musique comme paroles.
    Non seulement, ils sont pour la plupart incapables de jouer correctement (ne mettons pas tout le monde dans le même sac), mais en plus de cela, ils manquent cruellement d’originalité (intéressant pour des artistes, m’enfin moi ce que j’en dis…).

Puisque j’en suis à la musique…
On trouve en ces bas souterrains d’autres personnages tous semblables qui font profiter de leur musique à l’ensemble du wagon, quelle générosité ! Vous voyez très bien de qui je parle. Tous ces gens qui pensent être seuls au monde, avec leurs écouteurs sur les oreilles qu’on pourrait comparer à une chaîne hifi sur l’épaule.

L'économie d'Audika bat son plein

On pourrait comparer cela à du partage culturel, si les musiques perçues ne traitaient pas toutes des mêmes sujets (les profs, le boulot, les putes les nanas, les « darons »… Haaaa triste jeunesse !) ou du même style de musique (celui qui se perçoit à 10m à la ronde malgré un volume resté à 2). Et après on s’étonne que la surdité augmente…
Seulement, nul ne soumet son point de vue, à l’emmerdeur/se la personne occasionnant la gêne de ses voisins. Qui sommes-nous pour parler de savoir-vivre ?
On m’a contée une anecdote des plus plaisantes à ce sujet :
Alors qu’un individu X faisait profiter plus ou moins malgré lui du 4e art à l’ensemble de son entourage agacé, la seule personne qui daigna se lever et réagir pour mettre un terme à ce vacarme infernal est une grand-mère d’une soixantaine d’années. Je suis très désappointée de n’avoir pu assister à ce spectacle et aux remontrances qui lui ont été faites : « Bon, jeune homme ! Maintenant ça suffit ! Vous allez baisser votre musique. Vous gênez tout le monde ici ! » (Quoique si ma présence avait honoré cette rame, le malotru aurait, quant à lui, vénéré mon revers de pelle).

Si certains ont le sens du partage, en ce qui concerne la musique, d’autres font preuve d’un formidable égoïsme dès lors que les places assises sont mises en jeu.
Quand on entre dans une nouvelle rame, c’est comme si on arrivait au PMU et que tout le monde participait : c’est la course à celui qui aura la meilleure place et surtout pas les strapontins (ben non enfin ! On est obligé de se lever si le bon peuple s’accumule de trop pour écouter la bonne parole que je n’ai de cesse de prospérer). On se bouscule… On se marche dessus… On manque de trébucher sur la crevette le môme qu’on ne voit pas… Et on répète tant de fois « pardon », « excusez-moi » ou « désolé(e) », si bien qu’on ne sait plus s’il s’agit d’une salutation ou d’une manière polie d’insulter son prochain tant ces mots sont d’un banal, à présent.

Si par manque de chance, la place qui vous est attribuée est un strapontin, dès lors, vous savez qu’il faudra se lever tôt ou tard. Et pour ne pas faire les choses à moitié, vous avez failli à votre bon plaisir de reposer vos fessiers, en période d’affluence ! (Oui quand vous échouez, ce n’est jamais le moment opportun : loi de Murphy oblige…)
Il faudra faire preuve de sang-froid, surtout si vous avez le plaisir de voir ces précieux strapontins occupés par des pintades qui trouvent cela insupportable d’élever leurs postérieurs moulés dans un bas collant soutenus par des jambons jambes, elles-mêmes posées sur des talons haut de 10cm. Par ailleurs, les bougresses se voient bien désolées de ne pouvoir faire gagner de la place aux citoyens alentours puisque leurs pieds les font souffrir « comme des martyrs ». Savent-elles seulement jusqu’où sont prêts à aller les martyrs pour témoigner de leur foi ?

Haaaa ce ne sont même plus des baffes qui se perdent à ce niveau-là !

Il faut chercher, mais il y a toujours une solution

On pourrait se plaindre que certains occupent les emplacements, mais je vous assure que vous êtes heureux de savoir que les déchets bourrés en deux bières sont incapables de trouver la force de relever ne serait-ce que leur… (Appelle-t-on encore ça une tête quand on l’a vue se transformer en fontaine deux minutes auparavant ?) masse cérébrale. Qu’il est bon d’être épargnée de temps en temps d’admirer les épaves de la déchéance humaine.

Cependant, il arrive que certains, développant une résistance à devenir totalement un légume, parviennent à s’exprimer par des insultes envoyées à la volée au voisin le plus proche (Et c’est mieux si l’on remarque chez lui une quelconque origine ethnique, ça permet de varier et compléter les jurons. Utile non ?).

« He mec ! Et bah mon père, il est plus fort que le tien ! Même qu’il est ceinture noir de karaté (comme ta peau !). En plus, t’es nul j’ai eu tout bon au coloriage, alors que toi t’es mauvais, t’as dépassé ! »

Le niveau est réduit à un enfant de maternelle pour :

  1. Ne pas choquer vos chastes yeux
  2. Ne pas vous donner de nouvelles idées d’insultes
  3. Le niveau intellectuel d’un légume ne va guère plus haut

Le passager concerné par ces propos ne l’entend pas de cette oreille que l’on parle ainsi de ses lacunes en coloriage ou de l’échec du passage à la ceinture noire de son paternel. Avant que l’affrontement ne devienne plus violent, une tierce personne est apparue au milieu du duo pour affirmer que son père à lui a appris auprès des moines de Shaolin, donc « Chut ! Respect envers moi les mecs et ça suffit avec vos querelles, je gagne ! NA ! ». Il n’y eût nulle suite.
Néanmoins, je restais interloquée par l’apparition de ce héros, ils se font tellement rares ! Comme c’est rassurant de remarquer encore ces comportements qui font de certains de bons êtres humains. On a trop tendance à critiquer (Je vous vois venir… Ici je ne fais que constater, voyons !), que je n’ai pu m’empêcher de laisser échapper un « Ça se fait rare les gens comme vous. Allons boire un café ensemble un de ces jours et tenez voici mon facebook, mon 06… Ajoutez-moi ! *hihihi* ».
Les contrôleurs, les forces de l’ordre ou les héros ne sont décidément pas souvent là au moment adéquat. Mais on ne peut les blâmer pour cela.

Si les contrôleurs ne sont pas disponibles quand on en a besoin pour qu’ils règlent une situation de conflit, c’est parce qu’ils sont bien trop occupés à boire réfléchir à où se cacher placer pour taxer contrôler les sans-tickets. Les lieux lucratifs ne manquent pas, il suffit d’organisation.
Vous les trouverez en divers endroits, mais plus communément :

  • Au détour d’un tourniquet, postés derrière un mur à guetter le chenapan qui enjambera la zone de contrôle.
    Si vous n’êtes pas sûrs que la voie soit libre, remarquez dans un premier temps, si deux touristes campent sur leur position en balayant du regard la rangée de portes. Si oui, faîtes demi-tour, vous ne les duperez pas à la course, croyez-en mes yeux…
  • En haut d’un escalator ! He bien oui ! Si c’est très intelligent comme emplacement, ça reste tout de même bien emmerdant ! On vous surprend en haut de l’escalator, à deux pas de la fin des marches montantes, vous n’avez que cinq secondes pour :
  1. Réaliser : « Diantre ! Je me fais contrôler ! » (1sec)
  2. Se souvenir : « Où est mon ticket/pass/argent ? » (1sec)
  3. Agir : *Vous sortez votre titre de transport* (3sec)

Ne nous emballons pas ! Au petit matin, vous disposez de ces précieuses secondes si vous n’êtes pas dans un des cas suivants :

a)  Vous surveillez vos pieds
b)  Vous regardez derrière vous (quelqu’un vous suit ? c’est vrai que c’est surprenant dans un escalator)
c)  Le brouillard dans vos yeux vous aveugle
d) 
Votre coupe de Justin Bieber vous handicape

Autrement on vous colle l’étiquette de « boulet » du métro jusqu’à la prochaine rame à emprunter, compte tenu de l’embouteillage que vous aurez occasionné derrière vous.

Bien plus que catalogué par une simple étiquette

Si les contrôleurs sont là pour veiller à arrêter les fraudeurs (Ils donneront une fausse identité et le tour est joué…), il n’en reste pas moins que les informateurs sont là pour renseigner (Cela va de soi). Mais pas tous, petits idéalistes ! Non non non !
En effet, en journée, les plus compétents sont présents au poste afin d’orienter la populace dans cette fourmilière aux milles secrets. En revanche, dès que la nuit est tombée, vous n’avez plus qu’à compter que sur vous-même. A croire que les veilleurs de nuit sont moins frais que les fêtards tentant de rentrer chez eux par tous les moyens possibles, après le dernier métro/RER.

[Contexte : Vous venez d’aller de bout en bout de la (relativement grande) station REBUA dans l’espoir de trouver une sortie vers l’extérieur, mais en vain !]

« Bonjour… euh bonsoir. Je cherche à sortir de la gare. Je suis bloquée ! Y a plus de RER, ni de métros, je trouve aucune sortie d’ouverte. Vous pouvez m’aider s’il vous plaît ?
–  Ha mais vous ne pouvez pas sortir.
–  Pardon ?
–  Faut prendre le métro…
–  Mais y a plus de métros !
–  Mais si y en a encore !
–  Mais il est 2h10, enfin !
–  Mais ouiiiii vous en avez encore pendant 30min !

[NB : le dernier métro sur cette ligne est à 1h45]

–  Nan mais j’ai pris l’avant-dernier y a de ça 40min et le suivant était 15min plus tard (Gnééé trop de calculs si tard dans la nuit). Maintenant il n’y en a plus. Vous ne pouvez pas m’ouvrir une porte ?
–  Nan, je vous dis qu’il y en a encore pendant 30min, allez-y ou vous allez le rater. »

Biiien ! Devant pareille détermination et ouverture d’esprit, on ne peut faire entendre raison. Vous voilà donc repartis depuis… disons 30sec en direction d’un quelconque mé…

« Votre attention, s’il vous plaît ! Il n’y a plus de métros dans toutes les directions, veuillez quitter la gare, merci ! »

Mais… mais… mais… ?!
Des abrutis, j’en ai vu mais alors qui se décrédibilisent aussi rapidement, rarement ! Ce qui m’a empêchée de revenir sur mes pas pour lui dire ma façon de penser ? La hâte d’en finir avec ce cauchemar. Finalement, vous finissez par trouver la seule sortie ouverte que l’on n’a pas daigné vous indiquer, bien que ce soit la solution la plus évidente… M’enfin, nous dirons que sa simplicité d’esprit sommée à l’heure tardive ne font pas bon ménage (je n’émettrais pas l’hypothèse que des affaires plus intéressantes l’attendait sous son bureau).

Décidément jour comme nuit, les transports en commun sont Ô combien accueillants ! La compagnie y est charmante, les salariés ne sont là que pour vous venir en aide, le paysage environnant n’est qu’un plaisir pour vos yeux et vos oreilles jouissent d’une ambiance sonore incomparable. C’est pourquoi, désormais, mes yeux ne s’attardent plus que sur le temps d’attente de la prochaine rame, je réfugie mes oreilles dans la musique de mes écouteurs et mes pas ne font qu’apporter un peu plus de percussions à mon ambiance musicale.

Mes gestes sont machinaux et mes réflexes pour valider les contrôles, automatiques.
En ce bas monde, nous sommes tous robotiques.

Chaque jour, près de 4 millions de français (rien que dans le métro parisien) s’exposent à ce spectacle où lequel ils tiennent leur propre rôle. Tous se plaignent mais personne ne s’améliore…

Et après on s’étonne que la France soit le plus grand consommateur d’antidépresseurs en Europe… Si vous cherchez encore des explications, levez les yeux de vos souliers ou baissez-les vers les fourmis souterraines.

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