La désillusion est tienne

Alors que mes doigts se bousculaient sur mon clavier afin de trouver mon avenir en quelques clics sur internet, puisque c’est ainsi que cela se passe désormais (Admission Post-Bac, quelle invention magique !), mes pupilles se cognaient sans cesse aux abords de mes paupières, dans l’espoir de trouver ce que ma vie allait bien pouvoir devenir. Au bout de longues heures de recherche, mes doigts cliquèrent sur le lien de trop (je savais que j’aurais dû aller me coucher…). Des étoiles apparurent dans mes yeux, des gouttelettes de sueur perlèrent mon front tant la satisfaction m’envahissait, ma respiration ralentit pour mieux savourer cet instant. J’avais choisi, enfin, mon 13e vœu (oui, comme ceux des bougies d’anniversaire) dans la liste de ce qu’était mon futur à cette époque. Haaa mon innocence d’antan m’aura bien joué des tours.

Les jours passèrent, plus ou moins lentement. Arriva le jour des résultats. Je fus acceptée dans deux écoles : mes 6e et 13e vœux. A en croire les chiffres, tout portait à laisser penser que je me tournerais vers l’École la mieux placée de mon point de vue. Mais ironie du sort : je décidais de m’orienter vers l’École la plus prestigieuse, la plus réputée dans son domaine, la plus… Bon je ne vais pas en mettre davantage, ça ne serait plus crédible après. L’École SENTEINE (trouverez-vous l’anagramme ?) ! *tou doum tchiiiii*
Il m’arrive encore de me plonger dans les souvenirs où ma mère fière de moi n’hésitait pas un seul instant à vanter mon entrée à dans cet établissement « Ma fille va à l’École SENTEINE… École du Livre… bla bla bla… douée… 13e vœu… réussite… bla bla bla… court à sa perte ! ». Si j’avais su ! Si j’avais su ! He bien ça aurait été nettement moins drôle et cet article n’existerait pas (mais il n’existerait pas sans l’existence de tierces personnes non plus).

Laissez-moi vous expliquer ce qu’est ce monument.

Ça envoie du pâté comme ça ?! Attendez de voir ce que ça renferme...

L’École SENTEINE est l’École Supérieure des Arts et Industries Graphiques (ESAIG). Ça vous parle ? Laissez-moi éclairer vos lanternes.
Cette École se situe à Paris, dans le 13e arrondissement (Coïncidence ? je ne pense pas non). Coincée entre la Place d’Italie et la Butte-aux-cailles, elle porte le nom d’une célèbre famille d’imprimeurs.

« C’est sur proposition de l’anthropologue et linguiste Abel Hovelacque que la ville de Paris adopte en 1887 le projet de création d’une école municipale professionnelle d’arts et industries graphiques. L’école accueille sa première promotion (108 élèves) en novembre 1889 dans des locaux provisoires, situés rue Vauquelin. » (Wikipédia)

Quand je vois les locaux dans lesquels j’étudie actuellement (en particulier ce qu’on appelle plus communément « l’atelier »), je me demande bien à quoi pouvaient ressembler les provisoires. Bien que ce soit impressionnant d’un point de vue extérieur, il n’en reste pas moins qu’une fois que vos pieds ont été souillés par le sol d’entrée (ou l’inverse), vous ne la verrez plus jamais de la même manière.
Vous vous lasserez de toutes ces fenêtres qui handicapent l’établissement d’un manque cruel d’isolation thermique lors des rudes journées d’hiver. En contrepartie, vous ne saurez plus comment respirer à force de rester enfermé pendant plus de 2h (puisque que le professeur ne vous fera pas de pause, mais ça reste un choix), par ces belles journées de printemps/été, accompagnées de chaleurs accablantes. Il ne manquerait plus qu’un toit en taule et on ne s’entendrait plus parler lorsque la pluie ferait rage. Ha mais on me dit que c’est déjà le cas dans les ateliers d’imprimerie. Fort bien, tout y est !

Je vous vois venir : « Ouai mè lé locaux de l’atelié ont été fai par celui de la tour eifel, dc voilà koi… tu pe pas changé sa ! *et toc* ». Et le vouvoiement, vous connaissez ? Eh bien, je vous répondrais que si on se basait toujours sur ce que les anciens ont bâti (à savoir Gustave EIFFEL ici, petit ignorant), nous n’en serions certainement pas là, mais encore à dormir et étudier dans des huttes façon Astérix. Mais je peux comprendre, c’est un choix que de vouloir rester dans le passé et ne pas évoluer, c’était tellement plus plaisant de lutter pour sa survie… et ses études accessoirement (mais c’est juste secondaire des locaux dignes pour étudier sans avoir besoin de réfléchir à quel camarade sacrifier en premier pour sauver le groupe d’un froid toujours plus perçant).

Je relis ma citation ci-dessus et je vois aussi quelque chose qui me fait perdre 5/10 à chaque œil : « une école municipale professionnelle d’ar… ». Non ! N’allez pas plus loin, c’est tout à fait là. « Professionnelle » ! Si je comprends bien ce mot, qui n’est certes pas bien compliqué à saisir (enfin ça dépend pour qui apparemment), il est relatif à l’expérience de professeurs, somme toute au professionnalisme.
Une petite définition, histoire que l’on ait la même référence : « On dit d’une personne qui fournit un travail de qualité professionnelle qu’elle fait preuve de professionnalisme. ». Par conséquent, je pense que nous sommes tous d’accord pour se rendre à l’évidence que l’École devrait (noter le conditionnel !) me fournir un travail de qualité par des professeurs adéquats. Je ne comprends pas comment autant de mots relatifs à l’excellence peuvent s’aligner en une même phrase quand je parle de l’École SENTEINE. Comme quoi tout arrive, même si c’est une négation.
J’ajouterai que si je consulte le site de ce cirque cette École, nous pouvons nous appuyer sur ce que nous dit directement internet de SENTEINE. Cliquez donc sur l’onglet « PRÉSENTATION » suivi de « Histoire », nous atterrissons ainsi sur une page à la sobriété rudimentaire qui nous indique dans un paragraphe que :

« Pour former professionnels d’excellence, […], le souci constant de l’École a été de mettre à la disposition des professeurs et des étudiants, les technologies les plus modernes et les plus performantes, depuis l’introduction de la linotype en 1905 jusqu’à la presse numérique en 2005 et le CTP numérique aujourd’hui. »

De même que sur Wikipédia (qui n’est certes pas la plus grande des références), on nous affirme que nous sommes formés à devenir « professionnels d’excellence ». Un peu redondant tout ça ! Personnellement, j’aurais dû me méfier… Mais ce n’est qu’un début.
Par ailleurs, je ne pense pas qu’on ait les mêmes soucis visiblement. Je m’explique : pour moi, la préoccupation n’est pas tant de trouver le matériel nécessaire aux élèves et professeurs, mais en revanche de déceler les professeurs indispensables aux élèves (Oui ! Il y a une nuance…).
En effet, voyez-vous, il y a comme un hic. On nous parle ici de plusieurs machines, toutes plus utiles les unes que les autres, ayant chacune une utilisation bien spécifique. Mais là où ça pêche, c’est que les dits « professionnels » ne font vraisemblablement pas partie de l’École pour pouvoir les manier (Diable ! Que je suis mauvaise langue, ils se comptent sur les doigts d’une demi-main).

Je vais vous conter les déboires qui m’ont le plus marquée avec ces hussards de l’Éducation : (asseyez-vous, j’envoie du lourd !)

  • Mme Z : Ce n’est pas le tout d’être gentil dans la vie, il faut aussi savoir être professionnel (cf la définition plus haut, mes petits agneaux). C’est exactement ce que Mme Z ne sait pas (ou peu) faire. En effet, avez-vous déjà confié des rendus à un professeur dans l’espoir d’obtenir une correction le plus vite possible pour ainsi les mettre au propre et avoir mis en page tout comme il le faut ? Puisque vous aurez besoin de ces mêmes rendus pour mener à bien votre projet.
    Je n’ai malheureusement pas eu affaire à elle. Néanmoins, j’ai appris par la suite que cette paperasse (Ô combien importante !) avait été égarée par la dite Mme Z. Mais ce n’est pas le tout d’avouer avoir perdu ces documents, le mieux reste de le confesser un an plus tard. Ça reste grandiose ! Je suis loin d’en avoir fini. Je joindrai également le fait que Mme Z s’amuse à lancer des défis (Ho bah oui, la vie est décidément trop facile pour les étudiants !). Je ne sais pas comment ça se passe dans la tête de cette bonne femme, mais je vais tout de même essayer de m’abaisser à un niveau assez chétif pour comprendre : « Tiens et si je rendais le rapport de stage corrigé une 2e fois, une semaine avant les oraux blancs, ça pourrait être pas mal ? Leur vie est bien trop dénuée de challenges… Merci quiiii ? ». Oui voilà ! Je pense que ça a dû se passer comme ça ! Mais ça reste une bagatelle, encore une fois, ce n’est pas comme si on jouait notre vie au quotidien entre les concours pour l’année suivante et le contrôle continu de l’année scolaire en cours rythmés par les idées saugrenues des professeurs.
    Il paraît que c’est contagieux, les profs se passent le mot, ça n’en finira donc jamais si d’autres trouvent cela à leur goût de pourrir les professionnels de demain. Ha oui ! Je ne voudrais surtout pas omettre ce qui m’a parue le plus absurde certainement avec cette brave femme. Elle a développé la bonne idée de prévoir des contrôles avant même d’avoir rendu et corrigé le précédent ! Si ce n’est pas se moquer du monde… Quoique ! Durant la guerre, les armées tenaient la position sur plusieurs fronts. Mea-culpa ! Tout ceci coule de source, en fait.
    Non chers lecteurs, je n’en ai toujours pas fini avec Mme Z, mais vous pouvez passer à la suite, si vous ne voulez plus tant de sang dans vos yeux qui vous empêchent de lire ces lignes. Toujours est-il que Mme Z est bien une femme et n’hésite pas à provoquer ses propres élèves en cours. Oui mais cela reste discret (enfin !) : à coup d’écharpe envoyée autour du coup d’une victime pour l’attirer vers le chemin de la raison – à savoir le cours. Certes ! En tant que professeur, si un de mes étudiants n’a pas les yeux braqués sur ma personne, je ressens le besoin de tourner toute l’attention vers moi, même si le jeune fougueux est en train de rédiger la réponse à ma dernière question posée (et si !). Il arrive également qu’à force de côtoyer les mêmes étudiants, deux années d’affilées, on les confonde. Mais tout de même, de là à mélanger des rapports de stage, des noms mais aussi des visages, il ne faut peut-être pas abuser non plus. Attention ! Je parle de confondre au point de n’en voir plus qu’un : une espèce de schizophrénie inversée.
    J’additionne encore des faits à tous ses exploits. Il me fait mal de voir que cette personne occupe autant de places dans cet article tant je trouve sa personnalité aussi affligeante qu’un film de Jean-Luc GODARD.Je reviens sur les rapports de stage (Oui encore eux ! On n’en finira donc jamais, raaah mais !) et plus particulièrement les stages en eux-mêmes. Il est de notre devoir en tant qu’étudiant de ne rien faire chercher des stages en 1reannée. Cependant, nous devons disposer de l’accord de notre professeur référent. Mais si ce dernier ne prend pas le temps de vérifier que tout est en ordre, on n’avancera pas. Haaa quelle étudiante innocente, pleine d’espoir et de rêve étais-je à l’époque ! Tout ceci me semble tellement loin. Il aurait fallu anticiper ces complications dérisoires mais à ce moment-là, je ne savais pas que Mme Z n’aurait guère le temps de passer ne serait-ce qu’un seul coup de fil pour voir si tout était correct quant au choix de l’entreprise. C’est vrai qu’en huit mois, il est difficile de dénicher un créneau pour parlementer gentiment avec un chef d’entreprise :« Bonjour, monsieur le chef. C’est Mme Z à l’appareil, professeur à l’École SENTEINE, je voudrais savoir si votre entreprise est bien pour un stage pour tel étudiant.
    Oui mon entreprise est très bien et je suis un bon patron et maître de stage ! J’aime bien les étudiants en plus, mais les étudiantes sont mieux, trouvez m’en une bo… compétente ! *CLIN D’ŒIL* »Voilà, mais c’est bien difficile d’aligner quelques phrases, quand on a tant d’activités à faire ici ou là quand on est professeur qui plus est à SENTEINE ! Aussi étonnant que ça puisse paraître, un étudiant aura la patience de ne pas brusquer son professeur (puisqu’on ne les connaît pas encore), toutefois un patron n’aura pas la même indulgence quant à l’attente de la confirmation de stage. Mais en tant que professeur, qu’est-ce qu’on peut en avoir à faire ? En conséquence, ça passe sous le nez. Ce qui est encore plus fort dans cette anecdote, c’est que Mme Z n’a pas le moindre soupçon de culpabilité malgré qu’elle soit à l’origine de tout cela. Mais aussi elle ne prend pas la peine de trouver un stage de secours même à deux semaines du commencement. Quitte à mettre les étudiants dans la merde, autant les enfoncer toujours plus bas ! (et ça, c’est une des seules choses qu’elle sache bien faire, en plus d’être gentille, non ?)Je ne me lasse pas de relater ces faits. Je ne peux me restreindre à quelques exemples tant je les trouve tous plus affligeants les uns que les autres. Je n’ai pas fini ! Et non cher lecteur, mais libre à vous de sauter quelques lignes pour en apprendre davantage sur les prétendues prouesses de cette école et de ces enseignants.Je poursuis : connaissez-vous ces individus qui, dès lors que vous abordez un sujet dans lequel ils sont fautifs pour une quelconque raison, détournent les propos sur leur propre malheur ? Accessoirement, ils dévient sur des discussions qui n’ont pas grand intérêt à part faire fuir leur interlocuteur (« Nan mais qu’est-ce que c’est que ces étudiants qui ne savent pas se débrouiller dans cette École au prestige légendaire, on ne leur apprend vraiment rien ? » Ha ! On progresse, on dirait !). Donc en bonne enseignante courageuse, elle en vient à échanger sur la gastro de ce week-end ou sa période de menstruation qui est arrivée au mauvais moment (tristement si…).

Surprise, effroi et consternation. Autre chose ?

Voilà donc ce qu’il en est en ce qui concerne les performances de Mme Z. Je trouve ça tellement consternant ! Mais ce n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres. Je tiens juste à faire part et à écrire noir sur blanc tous les dysfonctionnements qui se passent ici. Quelle désolation quant à ces compétences qui laissent tant à désirer… Je crois qu’à ce moment-là il m’était devenue impossible de distinguer tous les signes qui m’indiqueraient que ces années d’études s’annonçaient aussi laborieuses : les imposantes grilles de prison en fer forgé, les pelouses vertes où fleurissent toujours plus de vils étudiants vêtus d’excentricités (haaaa ces jeunes qui se revendiquent « artistes » !), ces sols fourbes sur lesquels vous ne faîtes qu’effleurer votre talons et vous manquez de manger le parquet,…

Mais je ne m’égare que trop. J’en reviens à mes professeurs expérimentés…

  • Mme Y : Je conçois qu’il faille bien commencer par une première année dès lors qu’on débute dans une quelconque profession, mais de là à se revendiquer « professeur » quand on n’a pas plus de connaissances que ses propres élèves, ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Osez me dire que ça ne vous offusque pas lorsque quelqu’un fait de l’ironie sur votre week-end tout pourri alors que vous venez de le passer au fond de votre lit. He bien Mme Y… comment dirais-je ?… s’en contre tamponne le coquillard ! Oui voilà, exactement ! Je crois qu’il y a comme une faille spatio-temporelle aussitôt que l’on franchit le seuil de cet établissement. Assurément ! Les montres restreignent le rythme de la trotteuse, les portables n’affichent plus que chaque minute à chaque nouveau coup d’œil,… Sachez qu’il faut compter environ 1min pour vous expliquer que… *ATTENTION* vous pouvez aller travailler ! *tou doum tchiii* Pardon ? Effectivement, quand vous vous rendez en atelier. Les professeurs vous retiennent pour faire l’appel d’une part (Bien qu’on soit en BTS, il existe encore des gens qui ne viendraient pas en cours. Pauvres enfants qui sont atteints du syndrome de Peter Pan !) et pour faire un topo afin de savoir où on en est d’autre part.
    « Ça ne durera qu’une minute ! »
    15 minutes plus tard, vos pieds commencent à s’exciter sous votre table et s’impatientent de leur inanité interminable.

Je n’ai que peu de fables à conter quant aux faits de Mme Y, mais je ne désespère pas de la surprendre au détour d’un couloir et de garnir mon article en relatant une aventure qui engage un protagoniste pourvu d’un chromosome Y.
Mais qu’en est-il de Melle X ?

  • Melle X : J’ai testé pour vous le professeur sous extasie ! Ne suis-je pas formidable d’expérimenter pour vous des énergumènes pareils ? Ne suis-je pas droite dans mes chaussures (bien que cette expression ne veuille rien dire ! Non RIEN !) de vous parler avec tant de franchise ? Haaa vous ne pouvez imaginer le plaisir qu’est un cours où l’on n’est pas derrière vous à vous fouetter pour finir votre travail en temps et en heure. Et puis après tout, pourquoi rendre un travail dans les délais demandés quand on ne reçoit pas son bien en retour dans le temps imparti ? (Enfin… ne nous attachons pas à ces détails, je crois que je ne suis plus à ça près depuis un moment)
    Mais alors qu’est-ce qu’on fait dans les cours de MelleX ? C’est très simple !1) Choisissez un Mac (oui Apple est maître du monde là-bas)
    2) Allumez le (le bouton est derrière l’écran à gauche pour les noobs, comme je l’étais)
    3) Vaquez à vos occupations. J’entends par là, ce que vous voulez : recherche, Facebook, Tweeter, musique (quitte à déranger le voisin, c’est pas grave !), Youtube, Youporn…Voici donc les activités qui s’enchaînent les unes aux autres toutes les deux semaines. Diantre ! Que je suis médisante ! Il nous arrive de « travailler » un minimum. « Mais en faisant quoi ? » (me direz-vous)
    Très simple ! En faisant ressortir l’émotion d’une image par une autre, tout en juxtaposant une tierce photo qui développera un tout autre sentiment à la première, vous me suivez ? Nan ? Nulle inquiétude, c’est un truc d’artistes ou de drogués… Si nous ne travaillons pas à en avoir des cloques, il n’en reste pas moins que Melle X non plus ! En dernier recours, qui n’a jamais imprimé la page de Wikipédia sur un thème donné ? (Ne me dîtes pas que vous êtes irréprochables…) He bien, je soupçonne Melle X d’abuser de ce stratagème.
    Par ailleurs, dans ces devoirs, il n’y a nulle mis en page, alors que c’est tout de même un peu la base pour les élèves qui choisissent l’option prépresse, mais voilà… encore un détail auquel on ne s’attachera pas. Après les professeurs s’étonnent de la qualité de la présentation du rapport de stage. Personnellement, j’irai chercher ailleurs les fautifs mais c’est tellement compliqué de se remettre en question !

Comme je suis de bonne éducation (merci Maman, merci Papa !), je fais passer les femmes d’abord, mais fatalement on arrive à votre tour messieurs. Je ne pourrais pas dire qu’il en existe qui se placent au-dessus des autres dans la hiérarchie de la bêtise professionnelle, mais faisons fi de cela mes bons et hâtons-nous d’en apprendre davantage sur les péripéties qui cadencent cette École ! J’en viens donc à relater les mésaventures… que dis-je ? Les exploits de ce MÔsieur ! Croyez-moi, il mérite amplement ces majuscules. Je vous laisse juges !

  • M. W : Je soupçonne ce professeur d’avoir vécu un traumatisme en ce qui concerne les portes de quelle que manière que ce soit. Nan mais sans déconner : depuis quand on vous propose de « sortir par la porte sans l’ouvrir » [M. W] ? Réfléchissez un peu (Houuu mes synapses ! Aïe !). Vous avez saisi ? Bien ! Poursuivons…
    Ce n’est pas tout ! Avez-vous déjà vu un professeur qui se prend pour Passe-Partout et… « Ho tiens une porte ouverte ! Et si je la fermais à clef… » (Et si tu fermais ta gueule plutôt ! Mille pardons, je suis atteinte du syndrome de la Tourette dans les moments opportuns). Je crois que ça se passe à peu près de cette façon dans son esprit dérangé et supérieur aux nôtres, pauvres étudiants que nous sommes. Si ce déséquilibre ne s’attardait qu’à tout ce qui touche aux portes en tout genre, je ne m’inquièterais pas plus que cela et je l’épargnerais éventuellement. Tristement, ses histoires ne s’arrêtent pas là. Je vous en prie, savourez ce qui va suivre.Vous connaissez le « Jeu du Santini » ? Si vous regardiez Les Guignols de l’info, il y a quelques années maintenant, vous avez pu voir la marionnette de Jacques SANTINI (sélectionneur de l’équipe de France de football de 2002 à 2004) qui s’exprimait de manière plus ou moins ralentie. Le grand jeu de la marionnette de Fabien BARTHEZ était de compléter les phrases de son sélectionneur avant la fin de celles-ci.
    He bien, on peut s’exercer au même rite avec M. W. Je ne vous cache pas que le niveau est nettement supérieur quand on observe la complexité de son vocabulaire. L’ennui, quand on joue avec M. W, est qu’on n’obtient la réponse correcte que dans de rares cas isolés. Vous l’aurez compris, il ne finit pas ses phrases. Comment voulez-vous qu’on arrive à calculer les scores, dans ces conditions ? C’est juste inadmissible. Outre cela, c’est tout de même difficile de prendre note du cours. Je conçois que mon cours n’est pas pris correctement. Néanmoins je vous mets au défi de tenir 2h avant le déjeuner, suivi de 2h après le déjeuner à noter sans accalmies le cours sans aucun trous dedans comme « rien compris ici, voir sur *biiiiiiip* ».
    Vous devrez faire face aux phrases sans fin (comme l’Histoire… L’Histoire sans fin… jeu de mots… calembour… Ho vous me fatiguez !), à l’être le plus soporifique mais également à celui qui vous prendra pour le grand des crétins quelle que soit votre question, affirmation ou exclamation. Tenez, j’aborde les questions en cours. Parfait ! Il faut que je dévoile encore moult secrets.Il m’est arrivée plusieurs fois de faire une vaine tentative, j’ai eu l’idée folle de poser une question en cours. Ça fait depuis l’âge de 11 ans (soit depuis l’arrivée au collège) que l’on n’ose plus poser de questions, de peur de passer pour un con aux yeux de la classe. Je peux vous assurer que je sais aux yeux de qui j’ai l’air de passer pour une conne dans ce cours. En somme, déjà il faut avoir le courage de faire part de son interrogation à ce qui nous sert de professeur.
    Une fois la question posée, il faut espérer que l’interlocuteur (ici M. W) comprenne vos propos, autrement vous êtes conviés à vous tirer une balle entre les deux yeux pour abréger ce qui va s’ensuivre. Je puis vous l’assurer : vous auriez intensément plus à gagner à écouter l’album de Patrick SÉBASTIEN en boucle que de subir une riposte de M. W. A vous de voir… Si vous avez la chance qu’il comprenne votre question, vous devez encore tenter de comprendre la réponse, ce qui revient à écouter le cours où vous avez mis (souvenez-vous) des trous… On en revient au même.
    Une légende raconte qu’en un an et demi, il est arrivé par deux fois qu’une question soit posée et qu’elle ait reçu une réponse digne. Vous me voyez bien triste de ne pouvoir vous dépeindre cet événement, je devais déjà être enterrée six pieds sous Terre pour mettre un terme à toute cette souffrance, je remercie encore ceux qui m’ont aidée à supporter ces heures interminables.

    Marvin : robot devenu maniacodépressif suite à
    trop de questions sans réponses

    J’admets qu’il arrive que par moment, il formule des réponses aux questions mais ça reste approximatif en ce qui les concerne. C’est exactement comme si vous demandiez à votre professeur d’Histoire « Monsieur ? Comment en est-on arrivé à la bataille de Điện Biên Phủ ? ». Le professeur standard vous répondra que c’est un moment clé de la guerre d’Indochine qui s’est déroulé en 1954 qui opposa les forces françaises aux Việt Minh… Si par malheur, M. W eût été ce même professeur d’Histoire, sa réponse aurait commencé par « Tout a commencé il y a 13,7 milliards d’années, le Big Bang… ». Ça revient à peu de choses près à ça. Je ne vous raconte pas l’état de vos nerfs quand celui-ci arrive au terme de son récit.

    Ce professeur est un mythe ! Vous les connaissez ce genre de professeurs qu’il faut voir pour l’accepter. Vous lisez ma prose et vous buvez mes paroles mais vous me direz que ce n’est pas possible d’acquérir autant de professeurs aux défauts si contrariants et que par conséquent vous ne pouvez me croire sur parole. Venez à l’École SENTEINE vous en rendre compte par vous-même ! Je vous invite et les places ne sont pas chères payées surtout en CIG, n’ayez crainte !

Je vais faire durer cet article, car je suis loin d’avoir tout dit et de vider mon chargeur sac sur tous les troubles qui hantent ces lieux.
Voici venu le tour de M. U… Ses aventures sont aussi palpitantes et nombreuses que l’action qui se déroule dans la saga de Stephenie MEYER, à savoir rien !

  • M. U : S’il est vrai que les élèves ne font pas grand-chose en cours, il n’en reste pas moins que je peux en dire de même pour certains professeurs et notamment M. U. En effet, il ne le nie pas, mais aussi ne tente même pas de le cacher.« Si vous avez la moindre question sur cet exercice, n’hésitez pas, parce que je m’ennuie un peu autrement… » [M. U]

    Je peux vous garantir que j’ai moi-même entendu cette phrase prononcée par ce même professeur. Imaginez ce que peut être un cours avec des élèves dénués de tout intérêt (rien de bien folichon !) où le professeur confesse lui-même que sa matière le fait royalement chier accessoirement. Ha bah ça donne envie de porter une quelconque attention à ces paroles.

    Quand bien même je m’efforce de comprendre et de suivre la leçon, une question me vient à l’esprit. Je lève la main ou je reste dans l’ignorance ? Haaa cruel dilemme, on se croirait dans une pièce de CORNEILLE ou de RACINE. Je daigne lever mon bras en déployant mes doigts pour ainsi capter son regard qui… semble m’éviter. Tiens donc ! Depuis quand, un professeur fait mine de ne pas voir immédiatement mon membre supérieur s’étendre de tout son long à la verticale dans l’espoir de développer mon savoir ?
    Ha ! Il m’a vue ! Excellent !

    « Monsieur, je ne comprends pas comment vous passer de là à là. Quelle formule utilisez-vous ? Parce que dans le formulaire, on saute cette étape et je ne vois pas le lien qui unit les deux niveaux en fait.
    Ha oui ça… He bien le plus simple, c’est que vous l’appreniez par cœur, comme ça vous aurez moins de chances de vous tromper au BTS. »
    Okayyyy ! Donc, à l’inverse de M. W, M. U, lui, comprend ma question, mais c’est comme s’il refusait de me donner la moindre réponse tant celle-ci paraît compliquée. Certes, enfin, nous sommes de jeunes adultes et je ne vois aucun intérêt d’apprendre par cœur sans comprendre le fond de ce qu’on me demande.

    Je prends un exemple historique :
    « Ach ! Il faut tuer tous les juifs, ja !
    Ja mein Führer ! Aber warum les juifs ?
    Klein imbécile ! C’est moi le Führer ici, ne cherchez pas à comprendre ! Apprenez par cœur ce que dit le Führer, ja ? »

Je dois certainement être à la moitié de l’article et voilà que j’ai déjà franchi le point Godwin. Ça promet pour la suite, moi je vous le dis ! Somme toute, nous aurions pu l’atteindre bien plus tôt, mais avançons dans la bonne humeur, voulez-vous ? Poursuivons, mes bons !

  • M. T : Il n’est pas rare que dans la vie de tous les jours, certains individus se croyant supérieur à d’autres (allez savoir pourquoi…) s’octroie le droit de s’exprimer avec arrogance à leur interlocuteur quel qu’il soit. Tout le monde y passe : élève, professeur, client, parfait inconnu, visiteur,… Il me semble que seule Madame la proviseur n’a pas eu ce privilège (Ho ! C’est stupéfiant !). Ces paroles irritantes font parfois l’objet de conflits.
    Il m’est arrivée d’être spectatrice à trois reprises de ce genre d’événements (vous me croyez quand je vous dis qu’il y a de l’ambiance ici ?).
  1. M. T vs professeur : le public importe peu lors d’engueulades de ce genre. En effet, lorsque l’incident s’est produit, cela se déroulait dans une salle d’atelier, en présence d’une élève et pas dans n’importe quelles circonstances, s’il vous plaît ! (Quitte à foutre la merde, autant le faire lors des moments les plus spectaculaires !) Cette élève était en train de passer son oral blanc de rapport de stage.
    Je trouve ça tout simplement fantastique ! Ha on ne fait pas les choses à moitié à SENTEINE, merci pour toutes ces histoires que j’aurais à conter plus tard pour démontrer par (a + b) à autrui que nous nous trouvons dans un bon établissement dès lors que nous sommes à l’extérieur de l’enceinte de cette École.
  2. M. T vs élève : je concède le fait que ce soit plus fréquent de mettre hors de soi un élève (puisque nous ne sommes pas bien finis dans nos caboches) et que du coup, cette histoire n’est pas un cas unique ici ou ailleurs. Cependant, je me dois d’ajouter que j’ai rarement pu observer dans les yeux d’un professeur ce malin plaisir à enfoncer le couteau toujours plus profond dans la plaie, jusqu’à en extraire le pu qui la ronge (la métaphore n’est pas des plus plaisantes, mais elle illustre parfaitement ce que M. T développe chez ses adversaires).
    Quoiqu’il advienne, il aura raison. Puisque c’est le professeur, il jouira de remettre toute cette histoire sur le tapis le jour de l’oral du dit élève, histoire de savourer une dernière fois, cette victoire sur la bassesse de ses ennemis !
  3. M. T vs visiteur : je vous préviens tout de suite, je SUPPOSE que ce soit un simple visiteur, je n’en ai aucune certitude, étant donné que ce protagoniste n’a pas la chance de me connaître. Je vous ferais donc part de simples observations que j’ai pu faire.
    Après un repas bien frugal de la cantine (nous en reparlerons plus bas), mes compagnons et moi-même marchions d’un pas aussi rapide que notre motivation nous le permettait. Libre à vous de mettre les pieds les uns devant les autres au rythme qu’il vous plaît quand vous savez que vous vous dirigez tout de même vers une après-midi d’esclavagisme de travail.
    Toujours est-il qu’en se rendant sur le lieu pour faire l’appel (oui nous sommes à l’école primaire), quelle ne fût pas notre surprise quand nous vîmes M. T se faire remonter les bretelles par une personne qui semblait tout à fait mécontente du comportement que le professeur développait à son égard.
    Il s’en est suivi des remontrances, des menaces, le ton est monté jusqu’à ce que je passe mon chemin devant une telle déchéance de l’intelligence humaine. Je suis quelque peu désabusée de tout cela.

On trouve vraiment de tout ici ! Fondamentalement, je ne dirais pas que ces découvertes sont insignifiantes, puisque je vois mal comment cela pourrait être pire en dehors de ces murs. Peut-être qu’on a mis les pires dans une même école. Bah oui pourquoi pas ? Et puis c’est pas bien grave, vu que ces handicaps dans l’Éducation n’influent que sur une école d’artistes… Nan vraiment, ça ne fait rien ! Ne vous inquiétez pas et continuez comme cela, c’est un plaisir d’endurer ces expériences de vie. J’ai toujours su que j’étais un cobaye pour quelqu’un…

J’en viens à vous narrer les aventures de ce grand professeur (« grand » parce qu’il est juste le plus ancien (enfin c’est ce qu’il prétend) mais j’ai du respect pour les personnes âgées, donc ne sous-entendez pas ce que je n’ai pas écrit et nous nous entendrons bien).
Nous en arrivons donc à M. S.

  • M. S : Je consens être du genre à radoter mes aventures qui font que ma vie n’est pas d’un ennui mortel d’un jour sur l’autre. Mais voyez-vous avec M. S, il en est venu à répéter, répéter et encore répéter les mêmes histoires sans la moindre différence de narration entre deux récits.« Mme —- et M. —– allaient souvent au tableau ! Regardez comme ils ont bien réussi ! »

    Alors deux choses me chagrinent ici :
    Tout d’abord, c’est juste faux ! Mme —- et M. —– n’allaient pas souvent au tableau, et quand bien même ils s’y rendaient, c’était à reculons qu’ils s’avançaient en direction de cette surface blanche suspendue au mur.
    Ensuite, je ne crois pas que l’on puisse parler de « réussir » quand on se retrouve condamné à devenir professeur en ces lieux. Le métier de professeur est difficile, éprouvant et demande à disposer d’un minimum de répartie (ce que manque cruellement mes profs en plus de compétences) pour faire face aux remarque des élèves comme moi.

    Tout ce qu’il y a de plus sobre, mais ça nous a fait trembler

    Ce que je remarque avec cet enseignant, c’est qu’il n’est visiblement plus au courant des cours qui sont exercés de nos jours.

    « Vous faîtes du dessin avec Melle — ——- ?! »

    NON ! J’aurai beau lui répéter de la même façon que lui nous raconte sa vie, il ne nous écoute pas ou se joue de nous (mais je ne le crois pas assez subtil pour cette deuxième option). Et oui à force de rester enfermé dans son bureau et de se déplacer uniquement pour aller en salle de professeurs ou à la cantine vider un cubi, on finit par ne plus savoir ce qui se passe autour de soi.
    Le jeu qui consiste à finir les phrases avant d’entendre la réponse est nettement plus accessible avec cet individu tant il est aussi prévisible qu’un scénario de Luc BESSON.

Je ne peux m’empêcher d’ajouter que M. S n’est pas seul à se désaltérer à la fraicheur du bon vin. Les grandes tables de marbre de nos supérieurs sont garnies du succulent liquide rouge issu… d’une boîte en carton (ça casse le mythe tout de suite !). S’ils désemplissent ces cubis pendant le repas, je n’y vois aucun inconvénient. Là où je suis plus outrée, c’est quand je vois ces animaux se précipiter sur la boisson alcoolisée, alors que nous recevons les étudiants de 1re année. Haaa elle est belle la section CIG !

Je vais vous présenter une personne extraordinaire, mais je crois qu’à ce niveau-là on peut parler de personnage. Je suis communément de nature patiente. Je peux concéder beaucoup de faits, je peux excuser ou trouver une explication à plusieurs comportements sains ou pas. Mais je suis de plus en plus persuadée que mon calme s’en est allé quand j’ai fait la rencontre de M. R. A la seconde où j’ai croisé ce regard, perçu cette attitude et échangé quelques paroles, j’ai su que l’arrogance qui déborde de mon locuteur allait m’être insupportable, tout au long de l’année scolaire qui s’ensuivait.

  • M. R : La pédagogie ! Ce doit être le mot le plus important en ce qui le concerne puisqu’il en est totalement dépourvu. Il est tout juste impossible de percevoir la moindre attitude pédagogue lorsqu’on l’écoute (si toutefois vous y parvenez). Je me souviens de ces mots délicats qui sonnaient à mes oreilles comme une alarme de réveil :« Tu n’auras jamais ton BTS avec des notes pareilles, tu sers à rien ! »

    Je crois que la personne à qui ces mots étaient destinés se les remémore encore (Et il y de quoi !). Je suis d’accord qu’il ne faut pas lui dire « Oui continue comme ça ! » ou « Tu feras mieux la prochaine fois… » (C’est rien de le dire, quand on se prend un 0/20 !). Cela dit, est-ce vraiment nécessaire de s’exprimer ainsi devant l’ensemble de la classe ?
    Je ne pense pas lui avoir dit ma façon de penser, lui avoir exprimé toute la haine que j’avais pour lui ou m’être jouée de ces fautes mathématiques au tableau. Alors pourquoi diable, s’accorde-t-il le droit d’enfoncer les élèves quand ces derniers luttent tant bien que mal pour réussir dans leurs études ? Heureusement pour lui, ces mots ne m’étaient pas destinés, mais j’admire la force mentale qu’a dû faire preuve la victime pour ne pas riposter à grands coups de pelle.

    « C’est moi qui fixe les règles du jeu ! »

    Peut-on vraiment dire que les exercices donnés soient des jeux ? Est-ce que finir un exo me permettrait de gagner un prix ?
    Ensuit le « C’est moi qui… », c’est à se demander qui est le gamin entre prof et élève, dans ce cas-là. Mais tout cela est bien trop subjectif…

    « Vous ne vous remettez jamais en question, vous les élèves ?! »

    Il s’agit sans nul doute de la phrase la plus grotesque qui soit, mais outre cela elle est sortie de la bouche la moins adéquate pour s’exprimer sur ce genre de débat.
    Quand je vois que je n’ai pas la bonne réponse sur ma feuille, automatiquement, je vérifie mes calculs. Je me remets donc en question, mais pas immédiatement le corrigé du professeur. Cependant, au bout d’un moment, je cherche tout de même à comprendre ce qui ne va pas et où. Je fais appel à mon maître qui va sommairement balayer mon écriture du regard et exprimer dans un soupir toute la passion qu’il éprouve pour sa profession :

    « Non mais là, ça ne va pas ! Et puis ça, c’est faux ! Et à cet endroit, j’ai dit de faire comme ça. Non ne conteste pas ! N’oublie pas que j’ai raison et tu as tort ! »

    La communication est toujours très animée avec des gens comme lui, même s’il s’agit plus de monologue que d’échange en bonne intelligence.

Tout au long de ces deux années d’études, me voilà arrivée à un stade où je commence à saturer des compétences qui laissent à désirer de certains. Heureusement, il existe des professeurs sur lesquels j’ai moins à disserter, il n’en reste pas moins qu’il subsiste quelques erreurs dans leur cours ou dans l’ambiance dans laquelle on apprend.

  • M. P : Son sourire s’étendaient de part et d’autre de ses pommettes, à la seconde où il franchissait les grilles de l’École. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus désagréable quand j’observe les alentours en pénétrant chaque matin en ces lieux. Mais j’avoue que je le soupçonne de prendre drogues ou autres choses pour avoir une forme comme celle-ci.En vérité, ce professeur n’est rien de plus qu’un élève. Je constate à la façon de faire ses cours que c’est par obligation qu’il nous « enseigne » cela et non par plaisir. Pour illustrer mes propos, je vais vous faire part d’une petite histoire (encore une !) qui s’est déroulée il y a quelque temps. Tant personne n’écoute son cours, il se sent obligé de faire ses explications à chaque groupe de deux ou trois élèves, ainsi il répète plusieurs fois la même chose. On pourrait le comparer à un perroquet, mais je suis certaine que cet animal y mettrait plus de cœur. Il s’est produit un événement étrange aussi. Je ne suis pas sûre d’avoir pu observer ça dans d’autres circonstances que ce cours. Je vous remets le contexte :
    Lundi matin, retour de week-end, tête dans le brouillard… Le brouhaha n’en finissait pas dans salle de cours, et je me sentais l’âme conquérante et je voulais vaincre de compréhension les explications. Mais les incessantes paroles de mes camarades de classe ne me permettaient pas de me plonger dans pareil exercice. Une élève qui était certainement moins indulgente que moi ne l’a pas entendu de cette oreille et a amené le silence d’elle-même : « WooooOOOOOH ! »

Je trouve ça très fort !

  • M. O : D’ordinaire, on est bien d’accord qu’il n’existe qu’une seule façon de calculer une grandeur ou de faire un devis. He bien, à chaque nouvelle leçon avec M. O, nous n’étions pas à l’abri d’une correction inopportune dans la formule ou dans les étapes pour mener à bien un certain type d’exercice. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus grave, certes. Là où ça me gêne, c’est que la correction sur l’erreur en question est corrigée une première fois une semaine après avoir appris l’ordre des étapes, puis une deuxième deux semaines après avoir corrigé, et enfin une dernière fois. Ça devient tout de suite plus simple pour s’y retrouver dans ses cours, mais vous me direz : « ta K suivr T cour ! ». Oui mais le professeur n’a qu’à en faire des corrects, car je me retrouve aussi perdue que lui.
    D’autre part, pour établir aboutir à une réponse correcte, nous suivions une certaine méthode en 1re année, désormais on nous impose une nouvelle démarche. Je suspecte l’Éducation Nationale de réduire les pourcentages de réussite au BTS CIG. Un trop grand nombre de clampins s’est vu diplômé et accordé le droit d’enseigner cette section à l’École SENTEINE.

Je crois bien avoir fait le tour de ces personnages. Je n’ajouterais que quelques détails qui font que les jours s’écoulent toujours plus lentement que le précédent et que j’attends impatiemment de quitter définitivement ces murs, ces grilles, ces salles, cette cantine,…

Ha ! La cantine !
Veuillez m’excuser, j’ai failli passer à côté et je ne me le serai pas pardonnée.
Pour moi, c’est un lieu convivial où l’on peut enfin décompresser de la dure journée qui a commencé et qui se poursuivra après un repas tant attendu. Cependant il y a quelques secrets à savoir pour passer un bon moment :

Viande en sauce + riz, omelette + pâtes (oui...), boulettes de viande + riz,
viande en sauce + légumes, poisson + riz

– Manger avec vos proches : en effet, on vous place aux tables (retour en maternelle !), vous devez annoncer combien vous êtes. Puis si vous est chanceux ou cocu, on ne vous sépare pas à droite, à gauche. Autrement, c’est pas grave !

– Ne pas céder : voilà ! Ça fait quatre heures que je me prends le chou pour résoudre des équations différentielles, comprendre un texte d’anglais et remettre dans un nouvel ordre les étapes de la fabrication pour avoir un bon calcul papier et là quoi ? On m’importune parce que je ne peux pas manger tranquillement avec mes amis ? On va jusqu’à me faire croire qu’il n’y a pas de 2e service pour que je me sépare d’eux en plus ! Ha oui ? Vous allez me faire croire que vous comptez faire manger cent personnes et les deux cents autres iront voir ailleurs ? Mais on me prend pour une bille en plus de ça !

– Rester vêtu de son manteau : les locaux ne sont pas chauffés et placardés de fenêtres, c’est sympa hiver comme été !

– Ne pas avoir d’allergies : j’ai la chance de pouvoir manger de tout et de toucher à tout (Sors petit pervers !). Mais ce n’est pas la même chose pour tout le monde. J’ai fait la connaissance d’une personne qui a une allergie à certains aliments, ceci a été signalé à l’administration qui doit sans nul doute veiller à ce que cette personne puisse avoir un repas le midi. He bien non ! Comme tout le reste : on s’en fiche !
C’est la même chose, si on dispose d’un régime alimentaire spécial d’ailleurs : végétarien, musulman,…

– Ne pas avoir peur de l’uniformité des plats présentés : les plats passent et se ressemblent. Il vous sera servi dans la même semaine : du riz à trois reprises, de la viande en sauce à tout va et encore toujours les mêmes yaourts mais c’est peut-être ça le meilleur.

– Regardez les dates de péremption : j’ai eu la surprise la dernière fois d’entendre « Arrêtez les amis ! Mangez pas le beurre, on va vous en apporter d’autres ! Tenez, donnez les moi… ». Tiens donc ?! Mais pourquoi cet affolement ? Un petit coup d’œil sur la texture puis sur la date… Ha oui ! Un mois de péremption quand même… Et puis on parle de beurre, alors du lait qui a tourné, je ne veux pas savoir ce que ça donne.

Si vous réussissez à surmonter tous ces obstacles, vous devriez passer un moment agréable. Mais si vous ratez la première étape, je ne donne pas cher de votre patience au terme du repas, aussi exquis soit-il.

Je souhaiterais revenir sur quelques brefs événements réguliers qui me font dire que tout ceci ne changera décidément jamais, si l’on ne change pas les profs eux-mêmes.

La perte (par les professeurs) de plusieurs modes opératoire rendus avant les vacances de Noël a été relevée. Quand bien même ces fichiers étaient rendus en temps et en heure, on ne les recevait que fort tardivement (c’est vrai tous les documents importants doivent être donnés le plus tard possible, pour bien se faire haïr de ces élèves, je pense que c’est un jeu à ce niveau-là).
De manière générale, alors que nous patientons plus ou moins sagement sur nos sièges, il n’est pas rare et même fréquent que nos professeurs bien-aimés arrivent plusieurs minutes après le début des cours pour faire l’appel. Si cela en arrange certains pour ne pas être noter absent, ça en empêche d’autres de s’empresser de se diriger vers les salles prépresse de manière à poursuivre le projet. Mais ça doit être ça la solidarité : l’un est dans la merde, tout le monde y est… Je suis vraiment trop égoïste !

Là où je suis sûre que tout ceci n’est pas prêt d’évoluer, c’est lorsque j’ai appris que la plupart de mes enseignants (soit il me semble 7 sur 10 ou 11) ont été formés par cette même École. Je ne pense pas que ce soit forcément par choix qu’ils soient revenus en ces lieux mais plus fatalement parce qu’ils ne pouvaient s’adonner à autres professions.
Résumons, des mauvais professeurs formés par de mauvais profs devenus si mauvais que leur propre formation était le seul débouché. C’est une légende ! Pour beaucoup les élèves se plaignent pour rien et tant qu’on leur file le diplôme, ils finiront par aller couiner ailleurs. L’important, ce n’est pas la formation, c’est la communication autour pour la vendre. Elle est belle l’Éducation ! Et je crains que ça ne change guère…

Ça me fait penser à quelqu’un d’autre, tout cela, qui se fiche pas mal de ce qui se passe dans les murs et qui se préoccupent davantage de comment on perçoit l’École en dehors.
Je me dis qu’après de telles rencontres, je pourrai tout affronter ! Hallelujah !
Nous l’appellerons Mme N. Si vous avez quelque chose à lui demander, elle vous le fera… ou pas (et c’est plus cette 2e hypothèse qui prédomine). Elle sortira les gros yeux, la grosse voix et vous dira qu’elle est débordée alors qu’en réalité, elle n’a que ça à faire de s’occuper de vos histoires de feuille de notation de stage de l’entreprise à faire revenir à l’École au plus vite. Puisque vous vous êtes séparé en relativement mauvais terme (ceci est un euphémisme).
Si vous ne parvenez pas à obtenir vos documents, appelez-en à Madame la proviseur. Je pense qu’un coup de fouet sur le dos de Mme N ne lui fait pas de mal et peut-être même qu’elle en raffole (mais comme toujours, ces histoires ne nous concernent pas).
A écouter Mme N (si toutefois ça vous arrive, paix à votre âme !), on croirait et j’en suis même certaine que les accords monétaires entre l’École et l’entreprise sont plus importants que le bien-être d’un étudiant au sein de cette même entreprise, mais où va le monde ? Depuis quand fait-on passer l’argent avant l’humain ? Vous allez me parler du trafic d’organes et compagnie mais là on parle somme toute de gens civilisés, non ?
M’enfin… Certainement le froid gèle mes neurones et cette École me brise… autre chose.

Ici, c’est du chacun pour soi ! On vous promet des rendus, mais vous ne savez pas quand vous en verrez la couleur. On vous accueille avec la bonne humeur à la cantine mais on vous sépare à table. Vous entendez une information, mais vous ne savez pas qui en est à l’origine.
On a beau être dans une École du Livre et de Communication, on devrait développer et montrer un semblant de correspondance en ces murs. He bien que nenni ! Vous devez constamment vérifier les sources de ce que vous entendez, on ne peut jamais être sûr de rien. Ça en devient fatiguant !
________________________________

Je tiens à préciser que ces dires n’engagent que l’auteur de ces lignes. Je m’inspire de faits réels qui m’ont été rapporté avec plus ou moins de larmes de haine dans les yeux et dans la voix.

Je tiens à remercier les cobayes que nous sommes pour avoir pu illustrer d’exemples mes dires.

Si vous avez remarqué qu’il n’y a pas de professeur V, c’est parce que j’ai bien trop de respect pour ce personnage de comics. Si vous avez remarqué qu’il n’y a pas de professeur Q, c’est parce que j’ai bien trop de respect envers la classe des professeurs, en général.

Quant à vos ultimes questions :
Pourquoi ? Parce qu’il faut être folle pour dire tout haut ce qu’on pense tout bas.
Qui suis-je ? Je suis juste bien placée pour parler de tout ça ! Voilà tout…

Voilà tout et c’est déjà bien assez, voire trop.

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