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La maison de ‘traite

L’ironie du sort c’est donner des sous à un mendiant et ne plus pouvoir payer son ticket de parking. C’est acheter sa voiture 70 euros et dépenser plus de 1000 boules en réparation, suite à 2 accidents en 6 mois. C’est ne pas accepter un boulot d’imprimeur à l’UNESCO, car vous ne voyez pas l’avenir du métier, et 3 années de formation plus tard ne pas trouver un poste d’infirmière.

Une infirmière sans emploi, la blague !

L’ironie du sort, c’est aussi faire un stage en E.H.P.A.D. (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, somme toute une maison de retraite, quoi), te dire que tu n’exerceras jamais là-dedans, et finir quand même en E.H.P.A.D. dans le NooOOOord.

Finalement, il aura fallu plus d’une centaine de courriers pour que l’on daigne me donner ma chance. Et pourquoi, on n’engage pas une infirmière qui sort de l’école ? Pas de poste ? Restriction budgétaire ? Pas le physique stéréotypé ? Pas d’expérience ? Beh oui, et c’est bien en essuyant des refus à répétition qu’on va pouvoir en acquérir. Pas besoin d’avoir fait l’ESSEC pour savoir ça.
Je voudrais remercier donc toutes les ressources humaines qui m’ont laissé sans réponse, trop aimable, c’est pas comme si j’avais été dans la dèche pendant plus de 6 mois, mais vous n’en saviez rien, et vous vous en souciiez comme d’une guigne. Merci encore. Je tiens à remercier aussi ceux qui ont pris le temps de me renvoyer un courrier électronique automatique pour me dire que si je n’avais pas plus d’informations dans 6 mois, je devais renouveler ma candidature. Et beh laissez-moi vous dire que ça donne envie. Y a eu aussi ceux qui ont répondu par mail à l’attention de tous les candidats, sans cacher les destinataires et qui proposaient des postes aides-soignants. « Hum hum ! Battez-vous pour moi. », tellement de subtilité dans vos réponses… Vous méritez des bafdes prix… non des baffes, c’est bien.

Vous avez été spoil, milles excuses ! Je me suis donc fini On m’a fini J’ai donc fini en EHPAD. Un lieu charmant où l’on respire remarque la joie de vivre que chacun a à occuper sa journée : les hôtelières se font engueuler parce que les petits déjeuner ne sont pas au goût des résidents et le ménage n’est jamais assez bien fait pour les familles. A raison de 12 minutes par chambre, c’est vrai que c’est pas simple. Les aides-soignantes font 10 kms en une matinée, nettoient des pieds, essuient des fesses, lavent des doudounes, des foufounes, mettent les résidents sur les toilettes, répondent aux sonnettes et se font quand même engueuler. Les infirmières font les prises de sang, distribuent les médicaments, prennent soin des résidents en leur faisant des pansements, en les rassurant, appellent les médecins au moindre problèmes, signent les prescriptions, prévoient les rendez-vous, classent les dossiers, s’entretiennent avec les familles, et se font engueuler dès que quelque chose capote. Le médecin gériatre de l’EHPAD doit connaître tous les résidents et engueulent les infirmières quand quelque chose capote.
Il y a aussi le responsable ménage, mais depuis 9 mois, je vous avoue que son utilité m’échappe. La cadre, honnêtement, ne gère pas grand-chose. Outre les plannings, son intérêt ne se porte sur rien d’autre.  Nous serions à même de penser que, si toute son énergie, son cœur et son temps sont tournés vers ce qui importe le plus au personnel, elle saurait au moins dresser un planning juste dans la répartition des postes et des heures. Le plus affligeant est que le peu qu’elle a à gérer est mal exécuté de sa part. Les remerciements, les plaintes et autres félicitations (ironiques ou pas), c’est le directeur qui les reçoit et nous les transmet par mail. Voilà la répartition équitable des tâches.

Vous croyez vraiment que tous nos aînés sont tous heureux comme ça ?

Ça, c’est la réaction de Geneviève quand tu l’emmènes la première chez elle, après le repas.

Au fond, je me disais que j’allais connaître ce genre d’injustices. Ainsi, je me rassurais en pensant au métier si gratifiant que j’allais exercer, mais c’était sans compter les insultes et la théorie du complot de Gabrielle, les remarques cinglantes d’Aline : « Si vous aviez pas les médicaments à donner, vous seriez au chômage », les sautes d’humeur de Marcelle « Oui petite, fais ce que tu as à faire. […] Les médicaments, c’est important, faut que je les prenne, ah si si ! […] NON JE VEUX PAS ALLER MANGER, J’AI PAS FAIM ! BOUFFE LE TOI, SALOPE ! SAC A FOUTRE ! J’T’EMMERDE ! », les remarques désobligeantes des familles : « Les soignants, ici, ils ne prennent pas assez le relationnel en compte… », alors que le matin même, tu as pris 30 mn pour rassurer la mère de la plaignante, les absurdités de ceux qui n’ont pas/plus d’humour : « On ne rigole pas avec les personnes âgées ! » (Ha bon, d’accord ! Donc une fois entré en EHPAD, on est malheureux et on ne pense qu’à la mort jusqu’à la fin parce qu’y a que ça à faire… Fort bien !), les tentatives de Geneviève et son fils endetté pour gagner un procès perdu d’avance contre ta collègue, les plaintes injustifiées de familles un peu trop présentes, le racisme des résidents « S’ils embauchent plus de noirs, c’est parce qu’ils les payent moins cher », les familles qui spéculent sur toi devant d’autres résidents que leur parent, et j’en passe…

A mon grand soulagement, et c’est aussi pour ça que depuis plus d’un an, je ne suis pas encore partie, il y a des personnages beaucoup plus sympathiques : Marthe, à l’instant où j’entre dans sa chambre, son visage se pare d’un large sourire et ma journée n’en est que plus belle : « Mais c’est Beroy ! ». Raymonde fait la différence, toujours la bonne blague qui lui tarde de divulguer « Dis t’aurais pas quelqu’un à me présenter, je cherche un amoureux ! ». Jeanne, elle est plutôt discrète mais quand on gagne sa confiance, c’est quelque chose qu’il ne faut pas perdre : « Vous me rappelez moi, à votre âge ». Denise faisait la distribution des bonbons à l’entrée de chez elle pour tout membre du personnel. Yvonne qui se croit parfois en l’an 40, brandissant sa canne et qui lance un *pan*, puis amusée, vous en riez avec elle. Denise nous invitait à venir regarder les Feux de l’Amour avec elle tous les matins. André, fan de Star Wars à 87 ans, reconnaît les références que tu lui sors. Jacqueline n’a de cesse de répéter, à chaque fois que l’on croise sa route, qu’elle a de la chance de nous avoir. Thérèse était tantôt heureuse, tantôt énervée de voir ta figure, mais moi elle me faisait toujours sourire avec ses histoires absurdes (spécial guest : Alzheimer). Monique et son humour en dessous de la ceinture n’échappait à personne, enfin c’est surtout elle qui assimilait tous les sous-entendus qu’elle pouvait entendre.
Encore heureux que la sagesse a du bon et qu’elle vous fait part de son expérience pour mieux appréhender l’avenir. Et pourtant, ils n’ont pas su prédire ce qui va suivre.

Lorsque pendant votre entretien d’embauche, vous ressentez le désespoir dans les yeux et la voix de celle qui sera votre cadre, n’attendez même pas plus longtemps, tournez les talons et rentrez chez vous. Le premier guignol qui passe fait l’affaire et est embauché sur le champ, y a de quoi se poser des questions et posez-vous les bonnes. Si tantôt comme moi, vous n’avez pas encore compris le piège et que vous vous laissez berner convaincre par ses… euh… ben ses… en fait, je ne sais pas par quoi on peut se laisser convaincre. Moi aussi, j’étais dans le désespoir à vrai dire. Enfin bon passons sur mon état de faiblesse ! Je disais donc que si on se laisse avoir par la douce voix rassurante, les avertissements, la compréhension de cette femme, il n’en reste pas moins qu’une fois que vous portez votre blouse (de remplaçante depuis plus d’un an, soit dit en passant), vous n’êtes rien de plus qu’un vulgaire pion parmi les autres. Votre nom, oublié. Votre fonction, effacé. Vos efforts, jamais notés. Votre dignité au placard. Par contre votre loyauté doit être vue et entendue de tous, même si vous ne partagez pas les valeurs de votre direction, mais nous y reviendrons.

Je vais vous dévoiler les absurdités que j’ai subi et sur lesquelles j’ai fermé les yeux pendant plusieurs mois avant que je n’explose. La première personne à qui j’ai eu à faire quand je suis entrée dans cet établissement, c’est notre cadre bien-aimée, non, c’est une infirmière coordinatrice. Je vous ai déjà raconté mon entretien d’embauche, ben voici la suite de l’aventure. Une femme incapable de sortir un « bonjour » pour quiconque de son personnel ou peut-être pour ses favorites. Je lui ai attribué des circonstances atténuantes (surdité, négligence, attention, mutisme, cécité,…), j’ai été gentille de le faire jusqu’à ce que ce jour arrive… Je me suis retrouvée à l’accueil, et je n’avais pas encore vu cette femme de la journée. Nous nous retrouvons face à face. Nous sommes à 2m l’une de l’autre. Je lui dis « bonjour ». Elle me regarde, je la regarde, elle me regarde, je la regarde toujours. Elle regarde la secrétaire et continue de parler avec elle. Non mais dans quel monde ta supérieure se permet de même pas t’adresser un simple « bonjour ». Ça ne signifie pas avoir de la sympathie, ni même du respect pour moi. Y a qu’à voir combien je lui en ai adressé avant de me rendre à l’évidence.
Outre cette amabilité légendaire, on notera également que lorsque l’équipe infirmière se trouve surmener de travail en pleine épidémie de grippe, en sous effectif tous les jours, et à faire le travail de 3 personnes parce qu’il faut repasser derrière les dernières recrues pour être sûre que tout tourne (je n’accable surtout pas les jeunes arrivées, j’en fus et c’est pas évident !), eh bien, la cadre ferme les yeux pour ne pas s’en rendre compte et avoir une excuse pour ne pas avoir réagi. Bravo l’artiste ! Quelle belle comédie !
C’est pas fini ! Comme elle-même est surmenée à faire des plannings qu’un logiciel pourrait effectuer mieux qu’elle, il faut qu’elle délègue des responsabilités comme gérer l’oxygène, les compléments alimentaires, suivre les isolements (air, fécal, urinaire,…), gérer la réserve de matériel. Reparlons en des plannings ! Deux infirmières sur le même poste, pas le bon nombre d’agents pour faire tourner l’ehpad, aucune visibilité sur plus d’une semaine. Et la plus belle boulette que j’ai subi : j’ai enduré un vendredi à deux infirmières au lieu de 4 habituellement, j’ai assuré le week-end avec ma collègue à deux infirmières (comme tous les week-ends, pour avoir plus souvent de libres) et j’ai encore supporté une coupure de 10h le lundi (car nous étions trois au lieu de quatre). Ça paraît peut-être bénin comme ça, mais cette situation aurait pu être gérée. Quand la cadre a accordé son vendredi à ma collègue, car elle l’avait demandé (mais sa surdité n’est surement pas une circonstance atténuante en fait, mais bien réelle), celle-ci n’a pas cru bon de regarder qui allait en pâtir. Même si les soignants qui subissent le plus cette incompétence, nous essayons que ça ne déteigne pas davantage sur les résidents.
Comme si ce n’était pas suffisant que la hiérarchie nous mette des bâtons dans les roues, il faut en plus qu’ils soient dénués de toute humanité. Où avez-vous vu que l’on ne prévient pas quand on ne vous renouvelle refait pas signer un nouveau contrat. Il n’y a pas de renouvellement, sinon on doit vous proposer un CDI, alors dans la fonction publique, on te propose un nouveau contrat d’un mois pendant maximum 6 ans pour ne pas te payer de congés et bien d’autres avantages…

Toutes ces incongruités ne sont peut-être encore rien à côté de ce qui vient. On peut remonter plus haut, en vue de la hiérarchie. C’est un directeur d’un niveau d’incompétence record que je m’apprête à vous présenter. Outre son comportement d’un espièglerie légendaire, bien loin de celui d’un dirigeant d’établissement tel qu’un ehpad, il a su se mettre dans un cul de sac, tout seul, comme un grand, bravo mon mignon !
Au retour d’une infirmière titulaire dans quelques mois, il a été dit à une réunion d’équipe que deux infirmières intérimaires seraient licenciées (« Ouais, vous nous honorez de plus vous foutre de notre gueule, somme toute ?! C’est bien formulé de votre part, bien joué ! »). Cette décision serait prise à l’aide d’entretiens de connaissance sur le fonctionnement du CCAS (dont dépend l’ehpad), devant un jury forcément. Personnellement, je ne comprends pas bien encore pourquoi il faut départager entre quatre infirmières qui sont là depuis respectivement trois, deux, un an et la dernière 3 mois (comme infirmière, mais cinq ans comme inf’). Fort bien ! Bon, je me mets à refaire mon CV au cas où, mon doux nom sorte de leur cavité buccale ou d’ailleurs avant l’heure. Il n’a pas fallu attendre plus de trois semaines pour que mon nom sorte dans une phrase où il figurait également des mots comme « pas renouveler », rapporté par une chère collègue (aucun sarcasme ici). Le directeur a dit à deux de mes collègues que la décision était déjà prise avant les entretiens et que MOI, je ne serai pas retenue. Evidemment, je suis immédiatement allée le voir, une fois que tout cela m’est parvenu.

Moi : « Bonjour, j’ai appris qu’apparemment je n’avais pas la même chance que tout le monde et que je n’allais pas passer d’entretiens. Vous pouvez m’en dire plus ?
Lui : – Oui. En effet, vous comprenez, il faut se positionner, il faut faire des choix.
– Mais je comprends pas pourquoi c’est mes collègues qui me l’apprennent. Je suis la première concernée par ce genre d’informations. Vous trouvez ça normal ? Il avait été dit que toutes les intérimaires auraient un entretien et là deux semaines plus tard, ça change. Accordez-vous sur une version à donner à tout le monde !
– BeeEEEeeeeen évidemment que non c’est pas normal ! Mais c’est ce qu’elles en ont déduit de ce que j’ai dit. Et puis bon… S’il a été dit que vous auriez un entretien, vous en aurez un.
– Visiblement, elles en ont déduit juste ou que vous en avez trop dit… Je vois pas bien l’intérêt de me dire que j’aurai un entretien, vu que votre décision est déjà prise…
– De toute façon, je ne vous ai pas nommé.
– Si.
– C’est ce qu’elles vous ont dit ?
– Oui, c’est si dur que ça de dire la vérité ?
– Après tout ça, vous vous basez sur ce qu’elles vous ont rapportées. Et puis vous savez, vous êtes actuellement en situation de concurrence chacune. Elles vous ont raconté ça pour vous déstabiliser.
– Je vous arrête tout de suite. Y a aucune concurrence entre nous. Ca ne change (pour ma part) en aucunement ma façon de travailler. Et je ne comprends pas votre argument expliquant que cela m’a été rapporté pour me déstabiliser et justement jouer la concurrence, alors que ma collègue n’avait qu’à se taire pour je n’en sache rien et voir une rivale déjà loin. »

En gros voilà, un bel échange !

Ne me laissant pas démonter, j’ai saisi le syndicat pour faire valoir mes droits. J’ai obtenu une réunion avec la directrice du CCAS pour dénoncer ces pratiques. J’ai eu l’honneur d’aller dans son bureau deux mois après ces événements. C’est dire à quel point, ils sont pressés. Le directeur était présent, nous avons reparlé de l’incident avec ce dernier (car il m’était toujours en travers de la gorge).
Au final, je n’ai jamais vu autant de mauvaise foi se dégager de quelqu’un. Elle a tenté de me faire croire que MOI je m’étais laissée berner par mes collègues qui m’auraient menti pour m’évincer de la concurrence. Je vous avoue avoir été faible et fatiguée depuis tout ce temps que je me battais pour mes droits pour continuer à arguer un raisonnement normalement ficelé et que me voilà face à un mur suintant l’immoralité.

Je retiendrai ta sénilité Marcelle, ta douceur Jeanne, ton dernier souffle Marie-Thé, ces fous rire mes chères collègues, les urgences de Nelly, les danses de Jeannine, les appels des familles inquiètes, ces personnes âgées délaissées pour qui nous sommes la seule famille qui leur reste.

Mes chers petits vieux,

La fin avec vous, ce ne sera pas une fatalité.
J’ai fait mon possible jusqu’au bout pour chacun d’entre vous,
J’ai tiré ma révérence plus vite que je ne le voulais, mais il le fallait.

Bien à vous.


La drag… euh non ! La traque

On n’obéit bien qu’à ses envies.

La raison des plus chieurs est toujours une horreur :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Une jeune gazelle se baladait
Dans les rues d’une ville paisible.
Un loulou survient à jeun qui cherchait une cible,
Et que la faim en ces lieux attirait.
« He meuf ! Ta bi1 un 06 et ta kel age ?
Dit cet animal quelque peu volage :
Alé vi1, on va prendre 1 verre !
Euh… Vu ce que vous venez de me faire,
Il est bien plus que préférable,
Que votre stade soit relevable
Pour suivre ma prose à la Hugo
Face à votre niveau.
Alors qu’est-ce que vous en pensez ?
Je tiens à vous le dire, si vains sont vos efforts,
Votre absence sera d’or.
Vazy kestu parles ?! *J’vais les lui briser*,
Jsé tro bi1 la parlé la langue de la Fransse.
Mais comment expliquer cette incompétence ?
Reprit la donzelle, et quelles sont ces questions ?
C’est juste que t’es sexy à fond !
Mais rhabille-toi ! – Tes pa 1 fille facile :
C’est dur de te péter le fion kan ke je passe à l’action ?
Voyez vous-même ce qu’est un vil.
Je vous l’ai dit : il faut que je vous venge.
Là-dessus, du fond de ma piaule,
Je vous rapporte ces nobles louanges,
En incarnant le premier rôle.
Cordialement,

L’étudiante

La situation en résumé : des grands gestes, des grandes phrases, la langue pendante,… L’image est fausse, parce que je me retourne plus sur eux désormais !

Et si les tours et les détours n’avaient rien d’anodin ? Si tout était prévu de telle façon qu’au coin de chaque rue votre personne soit incontestablement apostrophée par une rencontre avec un profond abruti qui n’a de cesse de vous lorgner d’un regard empli de perversité, si bien qu’on est à même de se demander pourquoi il n’est pas encore atteint de cécité, tant ses yeux en sont crevés.

L’ennui reste que ces anecdotes sont toujours vécues par un genre des trois sexes. Mesdames et mesdemoiselles (Oui ! Au diable les féministes !), je tiens d’avance à m’excuser des pénibles et lourds souvenirs qui vont ressurgir, je parle de ces interminables trajets à converser avec un imbécile fini, ces chemins que vous connaissez par cœur afin de vous épargner un passage devant le bar du coin, ces excuses à trois francs six sous que vous ne comptez même plus tant vous en avez usé pour mettre court à de longs discours.

Il ne me reste plus qu’à vous conter ce que j’ai pu retenir de ces échanges et d’avance merci à ceux que l’on m’a rapportés. Instruisons-nous mes bons sur les techniques qui vous apportent des résultats garantis !

Échec n°1 :

Vous vous baladez sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu (ou pas, surtout ou pas !), vous auriez même pu dire « bonjour » à n’importe qui (mais pas à lui !). Et d’ailleurs, vous n’avez que faire de ce piètre individu, vous vous entêtez à rester plongée dans votre littérature, la musique dans les oreilles, votre pas s’accélère légèrement malgré votre concentration à feindre une parfaite ignorance de la présence de ce tiers qui fait son apparition au moment inopportun, puisque Winston SMITH vient de se faire trahir par M. CHARRIGTON.

Mais qu’il est loin ce moment de tranquillité puisque le voici troublé :

« …
*Qu’est-ce qu’il me veut celui-là ?* [enlève son écouteur] Oui, bonsoir ?
Salut… T’es très belle ! T’es célibataire ?
*Ha oui cash comme ça ?! Même pas une introduction, un bonjour, un salut de la main, un sourire amicale ?…* Ha bah merci, mais non j’ai quelqu’un.
Ha mince c’est dommage…
Ouais bah ouais *Non je ne serai pas désolée pour ton air déçu et de chien battu*
Mais t’es sûre ? Parce que t’es très jolie !
* O.o Mais quel abruti fini ! Son argument va à l’encontre de sa pensée* Bah oui je suis sûre, et c’est gentil mais ça change rien à la situation.
Ah ouais c’est du sérieux entre vous ? Ça fait combien de temps ?
Ça fait deux ans *Ma politesse devrait vraiment rester de côté dans de telles circonstances, mais ma capacité à élaborer des bobards perdure, bénie soit-elle !*
Haaa zut ! Vous habitez ensemble ?
*En quoi ça va t’avancer Ducon-La-Joie ?* D’ici peu.
On pourrait aller boire un verre un de ces jours quand même, j’te laisse mon numéro si t…
Non c’est bon là, j’suis pressée, j’ai un bouquin à finir, des choses plus intéressantes à écouter sur mon iPod et j’ai envie d’aller me dépenser et me faire transpirer dans un lit au sport en meilleure compagnie. Sur ce, ciao ! *Bien joué mais la prochaine sois plus rapide !*
– …

À part passer pour un gros blaireau, je ne vois pas où était l’intérêt de m’apostropher de la sorte. Alors vous me direz « Oui mais il a eu raison sur un malentendu ça aurait pu marcher ! », sur un désespoir oui !

Échec n°2 :

« Les filles sont mauvaises en maths » est surement la vérité la plus connue sur notre caillou ! C’est pourquoi, je n’aurais pas dû m’étonner que l’on m’aborde de la sorte. Ça doit être certainement la manière la plus ridicule, la moins crédible de tous les temps. Cet énergumène avait perdu un pari, c’est pas possible autrement !

Contexte je vous prie ! Vous êtes une jeune demoiselle (Et ouais, je suis pas encore assez avancée pour gagner du niveau) qui se balade dans la rue paisiblement et vous êtes même un peu pressée (ça va de soi quand on est parisienne) car vous devez prendre votre train d’ici peu, quand tout à coup vous les repérez de loin (parce qu’ils attaquent en bande organisée aussi). Ce genre de spécimens n’est pas bien difficile à voir arriver tant leur prévisibilité est marquée par leur soif ou leur faim de… de… de vous… ou de quelqu’un d’autre d’ailleurs, ils s’en tapent pas mal.

« Désolé d’te déranger, mais tu sais combien ça fait 5 + 5 ?
*Ne rigole pas (genre il est désolé) et passe ton chemin cette fois* Vous êtes sérieux ?
Mais ouais, non mais ça fait combien, dis-moi !
*Ah ouais, on se tutoie déjà ?* Non mais c’est bon les gars, j’ai d’autres choses à faire…
Mais c’est pour mon pote, il me croît, s’te plaît !
*Il a l’air d’être content le pote qu’on le fasse passer pour un blaireau…* Bah 10 *&$%!#¥¿*
Ah bah tu vois j’t’avais dit. Merci mademoiselle !

OMG ! Qu’est-ce qu’il vient de se passer devant mes yeux dont j’ai été témoin et actrice ? Pourquoi tant d’absurdité dans ce monde ? Il y a des choses qui m’échappent encore bien plus les compétences à l’école SENTEINE, est-ce seulement possible ?

Sur un malentendu, ça aurait pu marcher ? Noooon faut pas exagérer quand même, sur une greluche oui ça fonctionne toujours et je ne précise pas de quoi je parle…

« Notre rencontre ? Papa m’a sifflé comme une chienne dans la rue et c’est ça qui m’a plu chez lui ! »

Échec n°3 :

Tout ce qui précédait ne fonctionne pas pour approcher vos proies messieurs, mais ici ce sont les comportements à éviter de façon pure et dure que je vais aborder. Oui je sais c’est difficile de casser des méthodes qui gagnent pas.

  • Il est formellement déconseillé de faire remarquer à votre future dulcinée que vous l’avez repérer en la sifflant comme un chien/une chienne même si vous considérez la gente féminine comme telle. On dirait un animal en pleine parade nuptiale qui lancerait des signaux subtils pour bien signifier qu’il a envie d’un coït, sauf qu’ici, on ne se limite pas qu’au printemps…

  • On ne se retourne pas sur son scooter, malheureux ! La seule chose qui me vient à l’esprit, c’est : « Bouffe toi quelque chose, s’te plaît ! P’tain mais mange toi un truc ! ». Je ne pourrais retenir un soupir de soulagement, ou ne serait-ce qu’un petit sourire en coin pour avoir reluquer mes jambes. Mais bon… Je me verrais bien embêter de ne pas venir à son secours quand mes convictions d’infirmière me pousserait à lui venir en aide. Damn ! Je suis piégée !

  • Quand on dit « Non. », généralement, ça veut dire « Non. », oui je sais : c’est surprenant, n’est-ce pas ? (sauf en ce qui concerne les… euh… les… enfin vous voyez quoi, on les reconnaît facilement) Il faut arrêter d’insister comme ça : « Non mais, t’es sûre ? ». Cette question revient beaucoup trop souvent de manière inutile : suis-je bien en couple ? Veux-je bien montrer mes portes jarretelles ? N’ai-je pas envie de revoir cet bel inconnu ? Suis-je bien pressée ? Puis-je aller boire un verre ? Toujours est-il que je suis rassurée quand mon interlocuteur en vient à cette question, c’est que la conversation va se finir incessamment sous peu.

  • On n’aborde pas sa proie (et bah si c’est ça que je voulais dire ! Je reprends) On n’aborde pas sa proie d’un sifflement, comme je l’ai dit précédemment, mais il n’est pas rare de jouir d’entendre ces énergumènes s’exprimer à la place de cette onomatopée devenue trop 2013 pour aborder le gibier. Et donc, à la place, mes tympans saignent à être agressée de « Wesh t’es bonne ! ». Eeeeet ouais, rien que ça ! Ça donne envie, non ? Que voulez-vous répondre à ça ? Trop à dire, je passe ma route.

Échec n°4 :

Une autre vérité des plus connues et des moins vraies (btw) est que : les femmes n’ont pas le sens de l’orientation. Bien ! Dans ce cas-là, je ne vois pas la nécessité d’arrêter sa voiture sur la file du milieu du boulevard pour me demander où se trouve la rue de l’amour. « Je n’y habite pas. », merci, au revoir ! SUIVAAAANT !

Échec n°5 :

Depuis maintenant plusieurs lignes, je déshonore la gente masculine d’un certain âge, mais je vous assure petits fourbes que vous avez donné exemple aux premières générations. Je subis (et comme beaucoup) cette misogynie depuis ma classe de 5e (pour d’autres, cela a débuté bien plus tôt, haaaaa je me plains trop, je suis une nana, n’en doutons pas/plus !). De façon tout aussi subtile que ses aînés, ce jeune homme ne s’est pas gêné pour me sortir, le plus naturellement du monde, ce : « T’as d’beaux ballons. », mot pour mot. Sa langue a fourché, c’est pas possible ! Il n’a pas… J’ai mal enten… Ne vous méprenez pas, vous avez correctement lu et mes tympans fonctionnaient encore du feu de Dieu à ce moment-là *soupir*.

Échec n°6 :

Nous sommes des femmes, des filles, des demoiselles, des madames, des greluches, donc bien sûr que oui, nous aimons les compliments. Attention à ne point trop en faire au quel cas, vous êtes spotted direct !
Contexte *clap clap* :

Un message dans ma messagerie facebook, je consulte :

*Hein ?! Lui ? Mais depuis quand on ne se parle plus déjà ?*
« Coucou ! Ça va ? Dis-moi, petite question innocente, mais est-ce que tu joues à LoL? *Ahaaaaa*
Exact ! *Damn ! Je cherche aussi…*
Ouah, mais t’es la fille parfaite :p » *SPOTTED !*

LoL = League of Legends, jeu en réseau

Voilà, vous voyez le topo ? Le smiley est important, vous le noterez pour une meilleure visualisation de la satisfaction de mon interlocuteur, à ma réponse. Plus spotted ? On ne fait pas non. Bien entendu, vous l’aurez deviné, j’ai donné un autre pseudo. Diable ! Que je suis machiavélique !

Bref… Vous l’aurez compris, on ne croise pas son grand amour en l’interpellant de la sorte, ni son plan-Q, d’ailleurs. Ça n’a aucun mais strictement aucun effet sur nos hormones, à part celles qui me donnent envie de démonter ces individus pièce par pièce, j’avoue que celles-là, on me les a pas mal stimulées, fatiguées. J’en ai trop usé aussi.

Les corps sont éparpillés dans vos jardins, j’ai assez d’engrais chez moi, comme ça.
Surveillez vos arrières, et votre langage !
Sinon rejoignez mon cimetière, je tournerai votre page.

Allez à ciao, bonsoir !


L’art comptant pour rien

Mes yeux saignaient à en remplir le tonneau des Danaïdes.

Les heures défilaient aussi vite que l’intrigue avance dans le chef d’œuvre de Stephenie MEYER. Mes yeux ne demandaient qu’à se clore pour ne plus jamais s’ouvrir devant un spectacle aussi affligeant que celui qui s’offrait à moi. Mes oreilles gagnaient davantage en surdité dès lors que les individus alentours ouvraient leurs lèvres pour en extraire des mots formant des phrases sans queue ni tête. Mes doigts n’effleuraient plus que la couverture des catalogues ornés d’images et de typographies présentant la société, qui devait être distribués à la populasse qui s’égarait en ce lieu étrange qu’est le salon des arts contemporains.

Mon odorat n’est pas en reste. L’odeur se dégageant des individus des peintures fraîches agresse mes sinus presqu’autant qu’Hitler avec… que… Skippy vous spammant de sms à votre réveil. C’est vous dire à quel point, c’est agréable (Non je ne voulais pas franchir le point Godwin en deux paragraphes). Quant à mon goût… C’est certainement la seule chose qui tienne la route en ces lieux inhospitaliers : la nourriture. Oui c’est triste à croire, je le conçois.

Vu la sobriété, on se demande où sont passés les artistes

Encore une fois, je vais vous dévoiler toutes les bonnes raisons pour ne pas vous aventurer (accompagné ou non) dans un espace aussi peu propice à la culture artistique aussi excentrique soit-elle. En effet, c’est un lieu d’égoïsme et d’onanisme intellectuel si tantôt le terme relatif à l’intelligence est bien approprié. Chaque exposant est persuadé que les deux taches… C’EST TOI LA TACHE ! (Qui a écrit ça ? Dénoncez-vous !). Les deux taches qui se battent en duel  font donc de la toile une œuvre d’art qui selon les dires de l’imposteur du peintre se vend à un prix comptant quatre chiffres. Rien que ça !

Et après les artistes se plaignent que leur métier est difficile ! Il n’est rien de plus à ma portée que de tirer mon coup trois traits sur une toile et ainsi faire ressortir toute la créativité qui alimente mon esprit dérangé ou toute la force que j’ai mis à tracer quelques lignes colorés afin de mettre en avant mon ressenti quant à la période difficile (Oui les artistes sont toujours torturés) que je traverse actuellement, le tout pour la modique somme de quelques milliers d’euros.
Mais vous n’êtes pas célèbres et renommés à travers le continent ? Donc en quoi les quelques grammes de peintures qui garnissent la toile et le support se voient honorés d’un prix aussi astronomique ?

Et laissez-moi vous dire que ce n’est qu’un début par rapport à toutes les aberrations que j’ai croisé dans les allées du salon et on en voit du beau monde à force d’arpenter d’un pas las tous les stands : « Ce que je fais, vous ne le verrez nulle part ailleurs ! » (Haha ! Jeu de mots ? Émissions TV ? Rire ? Calembour ? Lol ? Humour ? Encule un mouton…). D’une part, certes, il y en a beaucoup dont on ne peut pas dire qu’ils imitent autrui, cependant vous n’avez pas inventé l’eau chaude non plus, mais bon ça je le garde pour moi, hein ! Les artistes sont sensibles aux vexations, alors on apprend à ne pas dire ce qu’on pense quand on ne vous le demande pas.

« C’est moi qui suis à l’origine de cette technique, c’est tout nouveau, c’est pour cette raison que ça choque les gens quand ils passent devant ! Oui je le sais parce que je sais tout en fait… », faux ! Cette technique a été étudiée au préalable et j’ai exprès fait mes recherches sur le net pour m’en rendre compte, il n’existe que quelques nuances mais l’idée est là et c’est toujours l’idée qui compte, donc… Et si vous pensez que les gens sont choqués en passant devant, je remettrais en question mes talents lacunes plutôt que le goût des visiteurs quand tous font la subtile remarque : « C’est particulier… », autrement dit : « Ça ne me plaît pas… » ou plus vulgairement : « C’est dégueulasse ! ». Mais voilà, ça encore vous le mettez au plus profond de vous-même pour vous épargner quelques différents avec autrui.

En parlant de ça, je vais vous expliquer ce qui fait que vous me retrouveriez dans pareil endroit, c’est tout aussi absurde que l’École Estienne d’ailleurs, soit dit en passant…
Si j’ai eu la chance de testé par trois fois le salon des arts contemporains à Paris, c’est grâce à un homme. Il est vrai que faire les salons me dépannent bien pour amasser des sous et ainsi remplir mon gosier de liquide alcoolique (Roooh je vous vois venir, crapules ! Ne me dîtes pas que vous ne le faîtes pas aussi ! Oui ? Bien, reprenons dans ce cas).
Alors je vais vous introduire le personnage par quelques extraits de conversations pour vous montrer comment la mythomanie est reine en ce lieu malfamé.

Attention j’envoie du lourd !

Visiteur : « Bonjour, en fait vous présentez plusieurs artistes, c’est bien ça ? »
Lui
 – Oui tout à fait ! Je suis M. *biiiiip* (faux nom, il donne celui de la société) et voici ma nièce (moi) »

Ha bah je suis heureuse de l’apprendre, je ne savais pas, merci ! D’autant plus que quelques minutes avant, il me disait « Si on te demande, tu dis que tu travailles pour la société… ». Où est l’intérêt de cette mythomanie ? Si ce n’est le plaisir de mentir pour… bah pour rien en fait… Raaaah ça me dépasse !

Encore un exemple ?

Visiteur : « Oh ! C’est amusant, on dirait qu’il s’est inspiré de tel peintre, non ?
Lui
Ha non, non ! C’est pas possible, ce qu’il fait c’est unique et ça n’a rien à voir avec untel !
Visiteur
Ha oui ? Vous trouvez… C’est curieux quand même, c’est la même idée et le même esthétisme.
Lui
Non non, vous vous trompez. Untel il fait pas ça lui.
[Le visiteur s’éloigne et l’homme vient à ma rencontre, alors que j’ai tout entendu]
Lui
Tu connais toi tel peintre ? »

Les frères Bogdanov, eux, ont reconnu avoir le menton de Popeye

Non mais sérieusement ça ne vous blase pas d’entendre des choses aussi saugrenues ? Soutenir le contraire d’une affirmation alors qu’on n’en sait pas plus sur le sujet. Ce doit une sorte de troll, je ne vois pas d’autres alternatives, pour faire preuve d’autant de mauvaise foi ! [Je rappelle pour les plus jeunes qu’il n’est pas grave de poser des questions ce qui traduirait certes votre ignorance sur la chose mais qui vous cultiverait pour la prochaine fois]
Après réflexion, ce doit être un grand enfant en fait ! D’autant plus que j’ai fait mes recherches (Et oui encore !) sur la chose et le référence du visiteur a tout à voir avec ce que nous exposions !

Autre chose :

Lui : « On ne le présente pas cette fois, mais on a un autre peintre qui utilise une technique au tube. Tenez voici le catalogue le présentant…
Visiteur
 – Ha bah oui c’est vous sur la photo ! »
Lui
 – Non, non c’est mon frère jumeau. Mais j’en ai marre qu’on nous confonde alors je dis que c’est un peintre. Il est à une expo en Espagne en ce moment… »

Vous l’aurez bien compris : il n’a pas de jumeau et encore moins de frère, fort heureusement… Alors oui moi aussi, je m’interroge. Aurait-il honte de reconnaître ce qu’il peint ? C’est triste de ne pas assumer ce qu’on fait. D’autant plus que je l’entends dire à notre arrivée : « Je sais pas ce qu’on fait ici, sincèrement. N’importe qui ici ne nous arrive pas à la cheville au niveau du talent de la peinture ». Vous voyez le profil ? Complexe d’infériorité ? Nul ne le sait et quand bien même je lui poserai la question, je me ferai envoyer bouler à l’autre bout du chapiteau avec mon gabarit de crevette.

D’ailleurs il n’y a pas besoin d’user de provocation pour vous prendre en pleine figure des réflexions non méritées.
Je vous mets en situation : vous êtes dans la voiture tranquillement avec Lui. Tout à coup, sans transition avec le précédent sujet, il vous demande comment vont les amours en ce moment. En soi, ce sujet est Ô combien barbant quand on a rien à dire… Mais c’est davantage chiatique quand votre interlocuteur ne lâche pas l’affaire et renchérit en vous sortant un bon : « En tout cas, t’as pas intérêt à en retrouver un comme le précédent là ! Et puis aussi cet autre-là, de toute façon *biiiip*, il t’a jamais aimé lui… »
Allez BOUM ! Prend toi ça dans la gueule, c’était gratuit ! Pardon ? Après une journée aussi accablante, vous croyez réellement que je vais laisser passer une telle offense ?
Il s’en est suivi une discussion de quelques minutes et un débat sur l’amour et les relations en passant par la définition d’une leçon que l’on donne à quelqu’un ainsi que sur l’exploitation du système, allez savoir pourquoi… Je ne sais plus, tout ça a été très vite et tant mieux parce que vu la profondeur du débat, il valait mieux qu’il soit abrégé au plus vite par un léger : « Quand on a échoué avec trois femmes, je pense que l’on n’a pas de leçon à donner… ». Bref, concis et cinglant !

Ambiance ambiance !

J’ai le souvenir qu’aux salons précédents c’était pareil, il n’était pas rare d’entendre cet individu dire aux voisins de stand que les peintures alentours n’avaient rien pour plaire. En revanche, la sienne et celle du second protagoniste devraient se faire arracher par tous les passants, tant l’harmonie des couleurs et la recherche du travail était poussées à un tel niveau d’expertise que cela touchait des plafonds jamais atteints par quiconque. Oui rien que ça !
Non mais ce n’est pas fini ! Ensuite mon responsable revient vers moi au stand pour me dire que l’on n’a rien à envier au voisin quant à ses œuvres. Bon très bien, mais c’est pas ce que tu disais y a deux minutes Coco, mais ça je le garde pour moi.
Et puis le soir, on est de nouveau copain parce que voisin propose gentiment du vin, haaa bah ça ! Ça ne se refuse pas. Comme c’est habile de retourner sa veste dans les moments les plus opportuns. Je le prends comme référence puisque je puis observer ce qu’il se passe à notre stand, mais en réalité, chacun des exposants fait de même. L’hypocrisie règne en maîtresse sur les lieux !

Mais voilà, ce ne serait pas divertissant si je ne m’arrêtais qu’à ces individus, car si ces derniers m’ont presque rendue folle (Ne vous enflammez pas, j’ai dit « presque ») de par leurs discours, il n’en reste pas moins que j’ai longuement hésité à me crever les yeux pour ne pas subir les débordements imaginatifs de nos amis les artistes.

Non mais sérieusement, qu’est-ce qui vous empêche de ne pas partir en courant quand vous croisez quelqu’un qui porte un collier avec en guise de pendentif un morceau de pain ? Je… Enfin ce n’est pas moi qui divague et qui aie quelques soucis quant au bon sens de ce « bijou » ? C’est… Enfin… Mais… Je comprends juste pas !
Moi aussi ça m’arrive souvent de me dire que je vais finalement me promener à l’école avec mon garde-manger accroché à ma taille et puis qui sait, je vais sûrement lancer une nouvelle mode pour les ceintures. Après tout, certaines ont commencé à se mettre des bonbons comme boucle d’oreille, alors après tout pourquoi pas !

Incontestablement, Lady Gaga est donc une artiste !

À peine vous vous remettez émotionnellement de ce que vous venez de croiser qu’une bonne femme s’avance vers vous, vêtue de manière fort grotesque (Et encore… Ceci est un euphémisme, si vous voyez ce que je veux dire). Enfin bref, donc un individu drapé d’une jupe rose à pois noirs fait quelques pas vers moi en me décochant un sourire des plus hypocrites. Vous sentez bien que tout ceci n’est pas anodin, que l’on va soit vous parler du temps (ça serait intelligent étant donné que nous sommes sous la tente), vous proposer des herbes aux effets bénéfiques et étourdissants (ce qui n’est pas bien étonnant en ces lieux), soit cette personne va tenter de vous faire adhérer à son point de vue en vous lançant une phrase des plus banales « Y a de très belles choses cette année ! », oui bah écoutez, si par là, vous essayez de me faire dire que j’aime ce que vous exposez… Bah désolée de vous décevoir…
Cependant, je suis de bonne éducation ! C’est pourquoi, je garde pour moi le fond de ma pensée. Et puis je ne vous ai pas encore relaté ce qui m’a forcé à changer mes verres de lunettes faute d’une baisse de ma vue assez considérable ! Je cherche encore à quoi cela a-t-il pu être dû…

Au fur et à mesure de mon avancée dans les allées de l’exposition, les peintures, les sculptures et autres agayons se métamorphosaient de paysages en portraits avec plus ou moins d’imagination, plus ou moins de techniques, mais surtout et essentiellement plus ou moins de talent ! (Bien que le « moins » l’emporte sur ce dernier point)
Vous pouvez admirer sur votre droite ces magnifiques toiles où l’on sent bien que l’artiste a fait ressortir toute sa colère, alors que là c’est la joie que l’on observe. Oui bah y a juste deux taches sur deux toiles distinctes, y a pas de quoi fouetter un chiard chat… M’enfin moi je dis ça, je dis rien… BAH FERME TA GUEULE ALORS ! (Laissez ce clavier tranquille, je vous prie !)
Vous poursuivez votre avancée au péril d’une cécité irréversible, quand tout à coup, vous avez la surprise de vous retrouver devant une technique peu commune : la peinture utilisée semble vieille et endommagée. Les autoportraits ne sont cependant pas désagréables à l’œil, mais quelque chose paraît hors du commun, c’est alors que je lis la biographie de l’artiste « Peinture : faite à partir de mon sang dilué avec de l’eau ». Rien que ça ! Alors oui d’accord c’est original et tout ce que vous voulez mais qui veut se retrouver avec du sang sur une toile chez soi ? J’espère pour vous que vous n’êtes pas un meurtrier amateur de peinture, sinon vous êtes comme qui dirait « dans la merde ». Le pire est peut-être pour les vampires, sans cesse à vouloir sucer une toile, c’est dommage de signer un chèque à quatre chiffres pour ensuite lécher une toile dont le motif sera altéré avec le temps.
Mais bon, nous ne faisons pas partie de ces sous-genre de l’espèce humaine (Les meurtriers pas les vampires, enfin surtout les artistes en fait, bref j’me suis embrouillée ! Interprétez comme bon vous semble)

Je croise sur la route des encadrés représentant des individus, j’espère seulement que ce n’est pas réalisé selon un modèle, sinon je m’interrogerais un peu sur mes proportions après avoir infligé un revers de pelle à celui pour qui j’ai posé.
Certains doivent prendre des substances illicites pour faire apparaître des choses pareilles sur leurs toiles, des proportions aussi peu réalistes, la notion du beau perd tout son sens ici bas, comme c’est triste. Je ne sais même plus si mes yeux se remplissent de larmes tant tout cela me pique les yeux ou si je suis tout bonnement triste de voir pareil massacre des réalités.

« T’as pas la fibre artistique, tu peux pas comprendre, c’est tout !
Ha bah écoutez, j’en suis bien heureuse parce que pour me planter autant dans les proportions, faut avoir un sacré compas dans l’œil, voire dans les deux. Ha oui ! Question ? Si votre jupe traîne jusqu’au sol c’est pour vous prendre pour une reine du pinceau ou vous tentez de camoufler que votre modèle vous a pété les rotules après avoir vu ça ? »

Voilà pour ce qui est des exposants, ce sont des gens très ouverts, c’est fort sympathique de parlementer avec eux, si si je vous jure !
Je dis ça, mais les visiteurs ne sont pas en reste, oh que non ! Je ne compte même plus combien sont passés devant le stand sans même vous adresser un mot, un sourire pas même un regard, alors que vous venez de leur décocher un « Bonjour » des plus cordiaux. Malheureusement vous n’êtes pas en mesure de réagir à une pareille insolence puisque comme je le disais au préalable, nombreux sont-ce qui s’égare en ces lieux et vous ne voulez pas faire de mauvaise pub à votre stand.

Si certains n’en ont rien à faire de vous, d’autres viennent de leur plein gré à votre rencontre pour en apprendre davantage sur les techniques utilisées et c’est toujours agréable de se sentir utile pour renseigner autrui sur ses interrogations.
Toutefois, certaines questions me laissent perplexe :

« Et ce soir, vous fermez à quelle heure ?
On expose jusqu’à 20h, monsieur.
Et c’est quoi votre nom ?
Nous sommes une agence en réalité, nous faisons du mécenat d’art. *Biiiip*, c’est le nom de l’agence et…
Non mais votre prénom à vous ? »

J’ai bien dit « agence » tout court, pas « agence de rencontre ». Parfois il existe des moments où l’on bugue tant la fatigue nous envahit devant les réflexions de certains, c’était ce moment-là précisément !

Je vous laisse libre de vous égarer en ces lieux. Vous y découvrirez encore bien d’autres choses dont j’ai certainement (à mon grand soulagement) été épargnée. Si votre curiosité vous pousse à vous faire votre propre opinion, il ne tient qu’à vous de vous y rendre par vos propres moyens du 20 au 24 juin 2012, place Saint Sulpice à Paris.

Je ne vous souhaite que bonne chance, vous verrez que l’on peut assurément être fier de son art et ainsi content pour rien ! (Jeu de mot ? Calembour ? Humour ? Encule un mouton… Non toujours pas ?)


I got a hangover, I’ve been geeking too much for sure !

Je ne l’explique toujours pas.

Cet altruisme, qui m’habite, ne me perd guère et me pousse à apporter aux autres cette aide réciproque que je convoite tant également. Il arrive par moment de se retrouver dans des situations toutes plus grotesques les unes que les autres (que ce soit de votre plein gré ou pas). Vous les connaissez bien ce genre de situations où vous vous imaginez que les choses prendront une certaine tournure agréable en fonction de ce qu’on vous a décrit, mais voilà que cela tourne plus ou moins à un cauchemar. Cependant une interrogation perdure : comment ?
Pour les curieux, la question sera : comment en être arrivé là ? Pour les plus entrepreneurs : comment s’en sortir ?

Situation :
Sujet – Vous (greffez-vous un vagin pour pouvoir poursuivre l’expérience)
Signe distinctif – En possession des clefs de la nourriture
Adversaire – Une armée d’hommes (enfermés depuis de longues heures à jouer à la guéguerre avec des playmobils figurines pour adultes que seuls eux peuvent manipuler)
Signe distinctif – Affamés (bah oui, ce sont des hommes quoi…)

Voilà : c'était à peu de choses près, ça. Cependant vous remarquerez, ici, le civisme de ces braves bêtes. Croyez le bien, ce n'est pas donné à tout le monde

Vous voyez le topo ? Mais que faire alors ?
D’autant plus que la patience de certains laisse tant à désirer qu’elles devraient se solder par un peu d’anthrax dans les sandwichs correspondants. Quant aux remarques d’autres, telles que « Femelle ! », leurs orateurs se sont vus infliger un revers de pelle qui leur demandera de refaire leurs papiers officiels pour ne pas être soupçonnés de fraude.

Mais comment en suis-je arrivée là ?

(Plus tôt en mars)
« Allo ?
Allo oui ! C’est pour savoir… J’organise un tournoi de Warhammer tel week-end et je voudrais savoir si tu serais dispo pour l’orga ?
Je serai payée ?
Non, enfin bouffe gratuite quoi… et unlimited boisson…
Okay, je marche ! »

Oui il m’en faut peu, de la nourriture et je suis heureuse ! Mais vous pouvez tout aussi bien essayer les bijoux, les fleurs, les soins, des tunes, les jeux vidéo (bien sûr que oui !), tout fonctionne ou presque ! Vous verrez plus bas ce à quoi certains joueurs sont prêts tant ils pensent pouvoir impressionner à partir d’une armée ou d’attitudes dignes des plus grands gentlemen.

Vous n’avez jamais osé vous introduire dans l’univers de ce que vous appelez plus communément les geeks, nerds ou autres freaks plutôt que joueurs de Warhammers ? Je vais vous expliquer ce à quoi vous échapper, petits veinards ! Vous ne remercierez jamais assez votre bonne étoile de vous avoir épargné ce spectacle.
Avant de vous éclaircir sur ce que vous auriez subi vécu à un tournoi, je vais tout d’abord vous expliciter ce que sont les Warhammers.

Warhammer est un monde imaginaire dans un univers médiéval fantastique qui sert de cadre au jeu de figurines Warhammer Battle. Tristement Par la suite, on verra se créer également un jeu de rôle correspondant. Les fondateurs de la société Games Workshop ont commencé dans ce domaine du jeu avec Donjons et Dragons et ils ont créé la première entreprise d’édition de jeux de rôle en Europe. Mais l’univers trop « naïf » (Ho bah tiens ! « Enfantin » passe aussi) et voulant jouer à une échelle plus importante (L’argent, toujours l’argent… Et le plaisir du j… Ha ! On me dit que ça n’existe plus, au temps pour moi !), ils ont inventé un « jeu de guéguerre » (wargame) qui a connu un succès sans précédent : Warhammer Fantasy Battle.
De nombreux peuples se partagent les territoires du monde de Warhammer. La plupart d’entre eux sont des humains originaires du Vieux Monde, d’Arabie, de Norsca, de Nippon, de Cathay etc. Il existe également de nombreuses autres races non humaines ; certaines sont proches des humains biologiquement (Cullen-vampires, ogres, halflings) ou physiquement (elfes et nains). D’autres races sont totalement à part, comme les races peaux-vertes (orques, gobelins ou Dipsy), les skavens, les hommes-lézards, les pandas-mammouths ou encore les Janclod-Vandam… Mais que c’est original, dîtes-moi !

Vous avez devant vous près de 300€
Oui les geeks sont de bons partis, reste à leur apprendre comment dépenser leur argent...

Bien bien bien ! Donc si je synthétise toutes ces brèves explications : cela consiste à tatane son adversaire à l’aide de ses poupées « gurines » (Comme on dit dans le milieu. Oui parce qu’une syllabe de plus et ça fait tout de suite moins « cool »), avec une pseudo stratégie qui se base sur l’un poutre le second qui joue la planque… J’exagère à peine ! Un peu brainless tous ces jeux désormais, m’enfin ça occupe les mômes les samedis après-midi plutôt que d’appeler au secours la baby-sitter, qui a autre chose à faire, comme élaborer un plan pour quitter l’École Estienne à titre d’exemple.

Donc vous voyez un peu le milieu maintenant. Laissez-moi vous conter ce week-end, riches en rebondissements :

Tout commence par un vendredi soir. Votre semaine s’achève, aussi épuisante soit-elle vous devez quand même aller chercher des tables de l’autre côté de Paris pour installer les terrains des batailles. Par chance, je n’ai jamais eu à m’occuper de cette partie de l’organisation (ma bonne étoile veille sur cela mais apparemment se fiche pas mal de l’école dans laquelle j’ai atterri).
Les événements se poursuivent le lendemain (Le samedi, tout le monde suit ?). Au petit matin, à 8h00, vous êtes déjà dans la salle du tournoi et postez derrière le bar prêt à servir en café tous les joueurs qui se présenteront à vous. En moyenne, on compte une trentaine de personnes, dont 5 à 7 drogués au café, donc la fréquence est relativement haute jusqu’à 9h.

Le café est à un joueur de Warhammers ce que l’héroïne est à un drogué, c’est pour cela qu’on leur sert avec des perfusions, d’ailleurs. Vous avez tout intérêt à ne pas vous lasser de répéter sans arrêt la même chose quand une cafetière sera en préparation : « Non le café n’est pas prêt, revenez plus tard… », puis « C’est en cours, repasse après… », ensuite ce sera : « Pas encore… » et vous finirez par faire un signe de la main élevant votre doigt central, quand le même protagoniste fera sa énième apparition en moins de 10 minutes.
[Si la machine n’a toujours pas fait son travail, alors que vous pressez consciencieusement le bouton « marche », pensez à regarder si elle est branchée, ce pourrait résoudre quelques soucis.]

Une fois que vous avez chargé les batteries de vos guerriers, vous aurez la tâche importante de vérifier si vous avez de quoi tous les rassasier ce midi. Oui parce que les fois précédentes, il est arrivé qu’il faille sacrifier certains individus (À tout hasard, ceux de l’orga ? Bien vu chenapans…), suite à une erreur du boulanger dans le nombre de demie-baguettes. Il arrive qu’un mauvais calcul du nombre de tomates, de tranches de jambon ou de fromages utilisés le premier jour soit source de quelques ennuis pour le repas du lendemain, mais ça reste une bagatelle :

« On fait quoi du coup ?
Tu garnis moins… »

 Oui, bah oui normal… M’enfin ça reste élémentaire et puis le pain et la sauce gavent tellement qu’ils ne se rendent compte de rien (Diable que c’est fourbe !). Il subsistera une légère différence entre la garniture de la veille façon « grec » et celle du jour façon « somalienne ».
Juste après votre cuisine, vous avertissez master geek (généralement celui au micro) que vous n’attendez plus que le signal pour nourrir les morfales de toute cette nourriture concoctée avec amour vitesse et précision. Vous le savez que ce sont des morfales puisque d’une part ce sont des hommes et d’autre part à l’annonce des sandwichs prêts, une horde d’orques s’est jeté sur le bar et c’est à ce moment-là que se déclenche un flash-back dans les films Ô combien prévisibles où vous vous revoyez faire preuve de bonne volonté en voulant venir en aide quand on vous le demande tout ça pour quelques chips et des sodas en canette.

Vous tentez tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs) à réunir tout ce qu’il faut à un individu (à savoir : sandwich, chips et boisson) tant vous n’entendez rien puisque le grossier personnage qui se cache derrière lui n’a de cesse de faire des jeux de mots graveleux quant à votre rôle derrière le comptoir : « Allez femme, à boire ! ». Comme c’est plaisant !
À mon grand soulagement, de preux jeunes hommes chevaleresques lui bouclent les lèvres, de façon que je n’aie pas à le faire moi-même pour ne pas abîmer mes mains si délicates.

Accessoire indispensable pour mettre un terme rapidement aux conversations indésirables

Vous n’êtes pas encore au bout de vos peines. Oh que non galopins !
Quand ces jeunes hommes de bonne éducation viennent à vous pour quémander la nourriture payée au préalable, il arrive que certains vous réclament un sandwich, tandis que l’on vous a transmis une liste où chacun a déjà dit ce qu’il désirait. Or en vérifiant sa demande orale et celle que vous avez sur la liste, cela ne correspond pas. Ho bah c’est bien dommage tout ça ! Ces hommes sont capables de se souvenir de toutes les caractéristiques de leur armée, de chaque tactique à élaborer selon l’avancée de l’adversaire, mais alors savoir si on a choisi sandwich, hotdog ou pain bagnat… Alors pour ça, y a plus personne…

Bon mais, faisons fi de leur mémoire sélective, attachons nous plus à leurs bonnes manières.
Au terme du repas aussi frugal fut-il, vous aurez la surprise de faire face à une montagne de déchets, mais le plus beau reste que ces ordures (Les déchets ou les hommes ? Raaaah j’hésite encore…) demeurent sur les tables. Ha bah oui ! Vous vous attendiez à quoi ?

« Heu… Master geek, tu peux dire au micro, qu’il n’y a pas de bonnes pour jeter les ordures, merci. Ha ! Le micro est allumé, bah le message est passé plus vite alors, c’est bien ! »

Je ne ferai pas d’une tablée, une généralité mais si les choses n’avaient pas été mises au clair pour les premiers à quitter leur place, je ne donnerais pas cher de la propreté des lieux quand tous seraient sortis. En fait on pourrait dire que les miettes amassées au balais sont inversement proportionnelles à tout ce qu’on peut trouver de cohérent dans les films avec Nicolas CAGE.

Bon je ne sais pas vous, mais moi je suis lasse de leur humour aussi léger et subtil que le scénario de Chronicle, c’est pourquoi je n’ai pas daigné répondre à un joueur quand celui-ci m’a interpelée pour me demander : « Mais en fait… Tu fais quoi toi ici ? ». Je ne prépare que la nourriture, je ne fais que ranger derrière leur passage, je ne fais que nettoyer leur saletés, je ne m’occupe que de l’installation (par moment), je ne suis là que pour le rangement (aussi) et je ne fais que la compagnie (certes on pourrait s’en passer) et tout ça me prend assez de temps les week-ends de tournoi et à côté de ça, on me demande ce que je fous là ! On cherche vraiment à faire sortir le troll qui sommeille en moi et qui n’attendait que LA réplique pour en mettre plein la figure ? Je ne peux que le remercier pour ces questions, ce qui m’a permis de me défouler un bon coup.

Après ces quelques péripéties qui rythment la journée, vous attendez sagement la fin, le plus dur étant bien sûr le repas du midi, où vous avez pu le constater, ces mâles font ressortir le côté animal qui les habite, mais qui cela étonne t-il encore ? En attendant, je suis tombée tellement bas que me voilà réduite à n’être entourée que de geeks et par conséquent, je vaque à leurs occupations : on me voit ainsi m’éloigner de plus en plus vers des horizons plus sombres. Les cartes de Gosu et Magic n’ont de cesse de défiler devant mes yeux et j’ai la surprise de me voir participer à ces activités et… de… et de… d’apprécier !

C’en est trop, laissez-moi partiiir !


Secty bitch

D’ordinaire, on ne la remarque pas.

Elle est du genre à rester pendue à son portable qui fait plus office d’organe vital, tant celui-ci semble la maintenir en vie à se faire pianoter sans cesse par ses dix doigts (à croire qu’elle lit « Touche-moi encore » sur l’interface). Elle n’est pas désagréable si vous n’allez jamais à l’encontre de ses propres principes (qui sont accessoirement compréhensibles et applicables par elle, seule), il vous suffit donc d’être un bon pigeon pour figurer parmi ses « friends« .
Elle se fait prénommer « puce« , « $hérie » ou même « b£eË€s$Tt@Äàâ » par ceux qui en sont dignes. Pour ma part, ça tourne généralement plus autour de « pintade« , « pouffe« , « EEMHC : Être à  l’Esprit Magique Habitant son Cul » ou plus simplement « dinde« , mais puisque nous sommes intimes avec cette charmante créature, nous lui donnerons le titre honorifique de Skippy !

Skippy est à la mode et ne s’équipe que de tout ce qui est dit « in« . Il est hors de question de sortir avec un iPhone obsolète, enfin ! Et puis quoi encore ? Comment croyez-vous que l’on devient la demoiselle dame (oui les féministes brisent bien plus que les ovaires) la plus convoitée de son lycée ? Et elle finira par s’en plaindre… Contradiction quand tu nous tiens, non pas celle-. Skippy ne sort jamais sans son dernier jean taillé comme un collant qui laisse ressortir toutes les courbures de ses membres inférieurs (inférieurs comme elle). Elle dissimule ses arpions dans des bottes remontant à hauteur des genoux et jouit de sentir les regards se tourner vers elle dès lors que ses talons vous arrachent les oreilles à chaque nouveau pas.

Seulement 176 personnes "like" pour sa dernière photo de profil, quelle déception !

Skippy fait moult photographies, on ne perd pas un seul instant de sa vie et elle ne manque pas de le montrer à tous ses friends pour que chacun la jalouse de son nouveau sac Vuitton, son dernier cache-misère de Zara et son futur-ex de facebookville.
Les photos se suivent et se ressemblent comme les hommes (Non je ne suis pas aigrie, c’est faux !) où l’on distingue une vague masse de cheveux qui se mêle à une autre. On imagine que les deux êtres sont liés par un patin roulé depuis plusieurs minutes et qu’ils n’attendent que le clic de l’appareil pour se stopper.

En soi, je n’éprouve aucune colère contre Skippy mais plus du mépris. Je vais vous expliquer ce qui résulte d’une union avec une pintade de ce type.
Dans la situation présente, nous prendrons l’exemple d’une relation à distance car (Dieu merci !) je n’ai été confronté à supporter ce genre d’individus que quand ils étaient en relation lointaine avec un de mes amis. Attention ! Que les choses soient claires : cette être Ô combien machiavélique s’était emparé du cœur et bien plus encore d’un compère.

Voilà donc,
Notre petite gourgandine s’acquiert la noix qui régit les synapses de mon ami et ils vivent ainsi une idylle sans pareille. À ce niveau-là, on ne dit plus que : « L’amour est aveugle » mais « La connerie est maîtresse chez ceux qui perdent plus grosses sphères que leurs globes oculaires », vous comprendrez avec ce qui va suivre.
Cet amour égal à nul autre se traduit non seulement par la photo décrite ci-dessus (Oui « la », car il suffit d’avoir des compétences informatiques niveau 2 et savoir coordonner ses doigts afin d’actionner les touches Ctrl C puis Ctrl V pour savoir à quoi ressemblent toutes les photos suivantes), mais aussi par une multitude de texte poétique et mielleux qui s’ensuit :

« ❤ 1 moi avec toi mn Amour, je veut faire ma vie a tes coté. Ns 2 c pour la vie ! ❤ ❤ ❤ je c pa ce que je deviendrait sans toi [Haaa mon correcteur orthographique s’enflamme !], ni coment G pu faire juskissi… ❤ »

Au cas où vous auriez oublié le début de ses dires (et pour cause des allers retours incessants aux toilettes pour leur raconter tout ce que ça vous inspire), je vous rappelle que ceci ne représente qu’un mois de relation. Ça me semble légèrement hâtif, m’enfin ce n’est qu’un point de vue…
Comme de bien entendu, sa moitié masculine lui répondra par autant de cœur et davantage de paroles à l’eau de rose. Ça n’en finit jamais, haaa la magie de l’amour !
Cette aventure de la vie m’étouffait déjà par toute la guimauve qui m’envahissait via les correspondances informatiques, si bien que j’ai failli en abréger mes souffrances et celles des plus concernés par quelques retours de pelle, justement placés.

En effet, voyez-vous, du fait des 600 kms séparant nos deux larrons, la bougresse lui rend la vie impossible, en le privant de sortie (mais pour qui diable le prend-elle ?) et pour cause : « Non mais quand tu es dehors, tu penses pas à moi ! ». Cet égoïsme maladif me semble bien loin de la définition de l’amour et quelque peu narcissique (Pléonasme ? Oui mais ce n’est que pour appuyer l’incohérence de ses propos).
Il serait certes plus élémentaire de couper court (Non pas ce que vous imaginez, petits coquinous !) à une relation basée sur une confiance aussi flagrante, mais l’amour est plus absurde fort que tout et contraint celui qui porte les valseuses à rester auprès (façon de parler) de sa douce (idem).

Par ailleurs, cette luronne envisage même de mettre fin à leur amour si toutefois le jeune homme se risquait à mettre un pied en dehors des quatre murs de son appart’, hormis pour se rendre en cours. Mais c’est grandiose : du chantage ! Plus de doute possible : elle l’aime, c’est certain, mais à sa manière. D’autant plus qu’avec facebook, tout se sait désormais, c’est donc un dilemme cornélien qui se dresse pour notre ami. Raaaah ! Que faire ?
Ce qui m’esquisse un sourire, c’est qu’elle a l’audace de ne pas avoir confiance en lui alors même que cette gaillarde s’est octroyée le droit d’aller voir ailleurs, déjà une fois ! Non mais c’est du délire ? Je résume : un jeune homme se voit séquestrer chez lui sous peine de se faire larguer par sa douce car elle n’a pas confiance en lui alors qu’elle-même l’a déjà fait cocu. Y a comme un souci dans l’énoncé, m’enfin bon, passons mes bons !

Accessoire indispensable pour garder son homme

J’ajouterais que lorsque le soldat piégé essaye de faire entendre raison à Skippy en lui demandant de faire preuve d’empathie, cela se solde par un « Mais arrête de tout ramener à toi, c’est pas comparable toi et moi. C’est toujours « Je… je… je… » avec toi ! ». Vous voyez le niveau ? Personnellement non, tant ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer…
Son copain en arrivera à la conclusion suivante : « Elle est un peu jalouse ». Peut-on encore parler d’euphémisme à ce niveau-là ?
Donc lui fait des sacrifices de sorties et d’amusement en pleine période d’études supérieures afin de prouver sa sincérité pendant qu’elle galope de soirées en soirées et en profite pour fourrer sa langue dans quelques bouches* tout en le confessant à son $héRr!i, donc la voilà à moitié pardonnée (*Oui j’use du pluriel pour aggraver les choses, mais je le signale, ce qui fait que je suis à moitié pardonnée !).
Accessoirement, notre guerrier craint que s’il n’est pas présent sur Skype pour elle, Skippy s’en ira voir ailleurs un autre pigeon. Quant à elle, elle est effrayée à l’idée de perdre son prisonnier larbin en lâchant du lest. Et un équilibre entre les deux, ça ne lui dirait pas ?
Ha pardon ! Quand je vois les arguments qu’elle avance pour justifier son attachement, cela revient à repousser une météorite, prête à vous ensevelir, à l’aide d’un fruste « Boomerang ! BOOMERANG ! »  et voilà le tour est joué ! C’est tout comme pour le raisonnement de notre génie : quand une solution valable se voit contrer par un puissant « Non tu n’es rien qu’à moi ! », je vois mal ce qu’on peut faire.

Skippy réalise la triste situation dans laquelle ils se trouvent mais ose encore dire que c’est ainsi ou bien c’est fini. Ses parents interviennent également mais ça se finit en haussant le ton. Raaaah ces jeunes, alors ! Vous l’aurez bien compris, ici le dicton c’est : « Ensemble et c’est tout ! ». Visiblement ça ne plaît pas aux deux protagonistes et c’est à ce moment-là que mes compagnons et moi-même entrons en scène !

Mais pourquoi apparaître aussi tardivement ?
Tout simplement parce que nous n’étions pas au courant. Et c’est dès l’instant où Skippy a volontairement supprimé tous les contacts facebook pourvus d’un double chromosome X, du compte de sa moitié, que nous avons commencé à nous interroger. Oui, je comprends moi aussi ça me chagrine de savoir que livrer son compte facebook est symbole de confiance, de nos jours.
Une fois, cette découverte effectuée, je me suis empressée de contacter mon camarade à l’aide de mon boitier téléphonique (Grande magie de l’Homme !) et de lui envoyer ma façon de penser : « Tu préfères les hommes maintenant ? ». Quelle ne fût pas ma surprise, quand mon ami me répondit d’un léger : « Pardon, mais c’est qui ? ».
Ha ouiiiii, quand même ! Bon et bien, je ne vois pas l’intérêt de répondre quelque chose, vu que la fourbe Skippy est passée par là, également. Je ne prendrai donc pas le temps de m’identifier. Cependant, il s’est produit une chose curieuse. Par la suite, un appel manqué d’un numéro inconnu s’est glissé sur l’interface de mon portable ainsi qu’un sms du même destinataire (Ouuuuh un ami !).

« Tu veux quoi à mon mec ? »

Gné ?… Je… mais… Quoi ?
Quand je m’adresse au charcutier, je ne veux pas que ce soit l’andouille qui me réponde. Et bien là c’est pareil ! Dans quel monde vit-on ? Donc à faire des suppositions : on pourrait croire que Skippy s’est emparé du portable de son $hÉrŘ!i afin qu’il ne communique pas davantage avec cette technologie. Ce qui est foncièrement con puisqu’il suffit de quelques loulous comme moi pour prendre contact et s’identifier ou pas (comme moi), pour renouer des liens.
Vous imaginez la vision d’elle que je pouvais avoir avant qu’elle ne m’agresse de la sorte, je vous invite à supposer ce que je pouvais éprouver à son égard sans même l’avoir rencontrée, après son introduction dans mon mobile.

"*Hihihi* Je vais supprimer tous ses numéros, comme ça il ne pensera qu'à moi ! Niark niark"

Je ne prendrai la peine de répondre à une telle agression qu’une fois que j’aurais la certitude que mon ami et sa chère et tendre soient séparés définitivement, pour ne pas engendrer des remontrances sur les mauvais fautifs. Une fois, que les vœux de séparation (quelques jours plus tard) me furent rapportés, j’ai joui d’un court échange avec notre Skippy nationale :

Skippy : Tu veux quoi à mon mec ? [De prime à bord, elle ose me tutoyer…]
Moi :
on se connait ? [Je réponds encore par une question, que voulez-vous, c’est une enfant]
S :
Qu’est-ce que tu envoies « tu préfères les mecs » à mon mec ?
M :
je demandais simplement des nouvelles d’un ami. Normal non ? Je réitère : on se connait ?
S :
Lui pas te connaitre salut. [Ha ! Je vois que la langue française lui sied à ravir et qu’elle comprend les questions à l’envers]
M :
C’est pas ce qu’il disait y a quelques jours
S :
Hein ?
S :
On parle de la meme personne ? J’crois pas. [Prend moi pour ce que je ne suis pas, petite sotte !]
S :
Uais, Lol. [J’avoue que ce message me laisse perplexe ! Je ne sais pas ce que ça vient faire là, peut-être une interférence de conversation, je l’ignore. On n’arrête pas le progrès !]
M :
Ha pardon je croyais que t’étais l’ex de ****** par exemple. ****** : séquestré à Toulouse, pas bien grand, yeux marron, « artiste »,… Je continue ou c’est bon ?
S :
Oui t’as raison
S :
Et t qui
S :
Lol [Vous avez remarquez à quel point « Lol » ponctue chacune de ses phrases, comment voulez-vous dialoguez avec des individus pareils ?]
M :
Je suis une amie. Oui en dehors de sa moitié ça existe. Mdr lol ptdr xptdr kikoo [Comprenez un peu, j’essaye de m’adapter…]
S :
Hah ui lol. [« Et sinon l’ironie, vous connaissez ? – Pardon l’iroquois ? (rooooh si on peut plus faire de jeux de mots bouseux, alors !) »]
M :
o_O [C’est tellement consternant ! J’en suis restée pantoise]
S :
Quoi [Et en plus de cela, elle ne s’en rend pas compte]
M :
o_O’
S :
Tu veux quoi toi [Ha ! Point de « Lol kikoo », comme c’est curieux]
M :
Ouuuuh si tu savais…
S :
Bha je t ecoute 😀
S :
Aaah, ta le seum parce qu’il ta recale, lol 🙂 [Point à éclaircir : j’ai voulu pendant un moment devenir plus qu’une amie aux yeux de mon camarade qui se retrouve dans le désarroi le plus total. Haaa s’il eût su !]
M :
xD Met toi à jour, c’était y a 2ans ça, depuis c’est un ami rien de plus. En revanche toi qui t’agrippes à tes mecs comme une sangsue, tu me fais bien de la peine…
S :
Oh mais je t en merde royal [Eeeet *BIM*, trop facile !]

Je considère cette dernière réplique comme une insulte et je remporte donc le défi que je m’étais fixée (le dernier en date : survivre à l’École Estienne). Comme vous pouvez le constater, je n’ai guère eu besoin de plus d’une dizaine de répliques pour offenser mon belligérant. Oui, je le conçois, c’était un bien fruste défi. Mais haaaa, que voulez-vous, il ne fait pas de mal de s’en donner à cœur joie sur ceux qui sont restés à un stade superficiel.

Suite à nos claques, envoyées aussi subtilement que des pokes facebookiens, notre brebis égarée (ici notre allié) finira par entendre raison et à entamer de sérieuses discussions avec Skippy, il était temps, sacrebleu ! Je commençais tout juste à titiller le napalm du bout des doigts, comme quoi la patience, ça s’acquiert.
Nos actions n’ont pas été vaines, car nous voyons le symbole de toute une bataille qui se fraye un chemin à travers les notifications de Tansville, Bidonville ou encore « Quelle animal était-tu ds une vie anttérieur ? ». Au sommet de l’actualité, je distingue une vague et courte phrase qui accélère vigoureusement les battements de mon cœur : « ****** et vous êtes maintenant amis ». Grand dieu, quelle victoire !
Bien évidemment, on ne s’en arrêtera pas là. Croyez-vous vraiment que je fasse confiance à une typographie noire sur blanc, pour prétendre à une victoire ? Soyons sérieux 2 secondes, si je voulais être assurée de ce qui est avancé, je devrais effectuer davantage de recherche, enfin ! (facebook, statut msn, tweeter, blog,… et non pas de vive voix, enfin !)

Nous apprendrons que Skippy s’est plainte auprès de notre courageux camarade, suite aux vexations que je lui ai infligées. C’est ce pourquoi il viendra me faire part de son désir que tout cela cesse. Mais croyez-le ou non, nous sommes en perpétuelle recherche de concept afin de suspendre toute activité entre ces deux individus.
Alors que nous faisons bouillir Skippy nos méninges, je réalise que mon ami m’a de nouveau éjectée de ses contacts mais en plus de cela, il m’est impossible de le retrouver à travers les recherches sur le réseau social. Comme c’est cocasse ! Je soupçonne la fourbe Skippy d’être derrière tout cela, une fois de plus. Cependant, elle a doublé ses défenses. Petite punaise devient mante religieuse !

La question est : combien de rouleaux userai-je pour les larmes de bonheur qui traduiront une rupture définitive ?

Toutefois, les cabrioles de cette princesse ne vont pas en s’arrangeant car désormais les tourtereaux sont en perpétuel conflit, et je dois l’avouer : je suis assez fière de notre travail !
– Vous nous trouvez égoïste ? Nous ne faisons que ressortir notre côté altruiste.
– Ceci ne nous regardait pas ? Vous plaisantez, j’espère !
– Comment aurions-nous réagi si l’on nous rendait la pareille ? Je remercierai ceux qui ont veillé sur moi (mais pas dans l’immédiat).
– Vous nous trouvez destructeur ? Et ce côté salvateur, vous a-t-il effleuré l’esprit ?

Depuis plusieurs jours maintenant, nos deux larrons s’emmêlent dans d’incessantes discussions qui n’ont ni commencement, ni aboutissement et ne parlons pas des arguments pour le développement (en tout cas pour notre championne favorite de la prose : « J’ai raison et tu as tort ! » aussi délicat que les remarques de certains professeurs en CIG). Ces haussements de tons restent donc un point positif.
Je ne cherche pas d’excuses à cette bougresse, mais je tiens à préciser que nous avons affaire avec une lycéenne, alors certes nos points d’xp supplémentaires nous apporte davantage de répartie et d’ouverture, enfin il ne faut pas exagérer tout de même !

Tristement, les négociations se poursuivent sans aboutir à une décision fatale. Décidément on ne peut sauver les personnes qui ne veulent pas l’être et nous serons tous châtiés pour cela… Les vils sont punis par la loi des Hommes, les preux par la loi de Murphy.


La désillusion est tienne

Alors que mes doigts se bousculaient sur mon clavier afin de trouver mon avenir en quelques clics sur internet, puisque c’est ainsi que cela se passe désormais (Admission Post-Bac, quelle invention magique !), mes pupilles se cognaient sans cesse aux abords de mes paupières, dans l’espoir de trouver ce que ma vie allait bien pouvoir devenir. Au bout de longues heures de recherche, mes doigts cliquèrent sur le lien de trop (je savais que j’aurais dû aller me coucher…). Des étoiles apparurent dans mes yeux, des gouttelettes de sueur perlèrent mon front tant la satisfaction m’envahissait, ma respiration ralentit pour mieux savourer cet instant. J’avais choisi, enfin, mon 13e vœu (oui, comme ceux des bougies d’anniversaire) dans la liste de ce qu’était mon futur à cette époque. Haaa mon innocence d’antan m’aura bien joué des tours.

Les jours passèrent, plus ou moins lentement. Arriva le jour des résultats. Je fus acceptée dans deux écoles : mes 6e et 13e vœux. A en croire les chiffres, tout portait à laisser penser que je me tournerais vers l’École la mieux placée de mon point de vue. Mais ironie du sort : je décidais de m’orienter vers l’École la plus prestigieuse, la plus réputée dans son domaine, la plus… Bon je ne vais pas en mettre davantage, ça ne serait plus crédible après. L’École SENTEINE (trouverez-vous l’anagramme ?) ! *tou doum tchiiiii*
Il m’arrive encore de me plonger dans les souvenirs où ma mère fière de moi n’hésitait pas un seul instant à vanter mon entrée à dans cet établissement « Ma fille va à l’École SENTEINE… École du Livre… bla bla bla… douée… 13e vœu… réussite… bla bla bla… court à sa perte ! ». Si j’avais su ! Si j’avais su ! He bien ça aurait été nettement moins drôle et cet article n’existerait pas (mais il n’existerait pas sans l’existence de tierces personnes non plus).

Laissez-moi vous expliquer ce qu’est ce monument.

Ça envoie du pâté comme ça ?! Attendez de voir ce que ça renferme...

L’École SENTEINE est l’École Supérieure des Arts et Industries Graphiques (ESAIG). Ça vous parle ? Laissez-moi éclairer vos lanternes.
Cette École se situe à Paris, dans le 13e arrondissement (Coïncidence ? je ne pense pas non). Coincée entre la Place d’Italie et la Butte-aux-cailles, elle porte le nom d’une célèbre famille d’imprimeurs.

« C’est sur proposition de l’anthropologue et linguiste Abel Hovelacque que la ville de Paris adopte en 1887 le projet de création d’une école municipale professionnelle d’arts et industries graphiques. L’école accueille sa première promotion (108 élèves) en novembre 1889 dans des locaux provisoires, situés rue Vauquelin. » (Wikipédia)

Quand je vois les locaux dans lesquels j’étudie actuellement (en particulier ce qu’on appelle plus communément « l’atelier »), je me demande bien à quoi pouvaient ressembler les provisoires. Bien que ce soit impressionnant d’un point de vue extérieur, il n’en reste pas moins qu’une fois que vos pieds ont été souillés par le sol d’entrée (ou l’inverse), vous ne la verrez plus jamais de la même manière.
Vous vous lasserez de toutes ces fenêtres qui handicapent l’établissement d’un manque cruel d’isolation thermique lors des rudes journées d’hiver. En contrepartie, vous ne saurez plus comment respirer à force de rester enfermé pendant plus de 2h (puisque que le professeur ne vous fera pas de pause, mais ça reste un choix), par ces belles journées de printemps/été, accompagnées de chaleurs accablantes. Il ne manquerait plus qu’un toit en taule et on ne s’entendrait plus parler lorsque la pluie ferait rage. Ha mais on me dit que c’est déjà le cas dans les ateliers d’imprimerie. Fort bien, tout y est !

Je vous vois venir : « Ouai mè lé locaux de l’atelié ont été fai par celui de la tour eifel, dc voilà koi… tu pe pas changé sa ! *et toc* ». Et le vouvoiement, vous connaissez ? Eh bien, je vous répondrais que si on se basait toujours sur ce que les anciens ont bâti (à savoir Gustave EIFFEL ici, petit ignorant), nous n’en serions certainement pas là, mais encore à dormir et étudier dans des huttes façon Astérix. Mais je peux comprendre, c’est un choix que de vouloir rester dans le passé et ne pas évoluer, c’était tellement plus plaisant de lutter pour sa survie… et ses études accessoirement (mais c’est juste secondaire des locaux dignes pour étudier sans avoir besoin de réfléchir à quel camarade sacrifier en premier pour sauver le groupe d’un froid toujours plus perçant).

Je relis ma citation ci-dessus et je vois aussi quelque chose qui me fait perdre 5/10 à chaque œil : « une école municipale professionnelle d’ar… ». Non ! N’allez pas plus loin, c’est tout à fait là. « Professionnelle » ! Si je comprends bien ce mot, qui n’est certes pas bien compliqué à saisir (enfin ça dépend pour qui apparemment), il est relatif à l’expérience de professeurs, somme toute au professionnalisme.
Une petite définition, histoire que l’on ait la même référence : « On dit d’une personne qui fournit un travail de qualité professionnelle qu’elle fait preuve de professionnalisme. ». Par conséquent, je pense que nous sommes tous d’accord pour se rendre à l’évidence que l’École devrait (noter le conditionnel !) me fournir un travail de qualité par des professeurs adéquats. Je ne comprends pas comment autant de mots relatifs à l’excellence peuvent s’aligner en une même phrase quand je parle de l’École SENTEINE. Comme quoi tout arrive, même si c’est une négation.
J’ajouterai que si je consulte le site de ce cirque cette École, nous pouvons nous appuyer sur ce que nous dit directement internet de SENTEINE. Cliquez donc sur l’onglet « PRÉSENTATION » suivi de « Histoire », nous atterrissons ainsi sur une page à la sobriété rudimentaire qui nous indique dans un paragraphe que :

« Pour former professionnels d’excellence, […], le souci constant de l’École a été de mettre à la disposition des professeurs et des étudiants, les technologies les plus modernes et les plus performantes, depuis l’introduction de la linotype en 1905 jusqu’à la presse numérique en 2005 et le CTP numérique aujourd’hui. »

De même que sur Wikipédia (qui n’est certes pas la plus grande des références), on nous affirme que nous sommes formés à devenir « professionnels d’excellence ». Un peu redondant tout ça ! Personnellement, j’aurais dû me méfier… Mais ce n’est qu’un début.
Par ailleurs, je ne pense pas qu’on ait les mêmes soucis visiblement. Je m’explique : pour moi, la préoccupation n’est pas tant de trouver le matériel nécessaire aux élèves et professeurs, mais en revanche de déceler les professeurs indispensables aux élèves (Oui ! Il y a une nuance…).
En effet, voyez-vous, il y a comme un hic. On nous parle ici de plusieurs machines, toutes plus utiles les unes que les autres, ayant chacune une utilisation bien spécifique. Mais là où ça pêche, c’est que les dits « professionnels » ne font vraisemblablement pas partie de l’École pour pouvoir les manier (Diable ! Que je suis mauvaise langue, ils se comptent sur les doigts d’une demi-main).

Je vais vous conter les déboires qui m’ont le plus marquée avec ces hussards de l’Éducation : (asseyez-vous, j’envoie du lourd !)

  • Mme Z : Ce n’est pas le tout d’être gentil dans la vie, il faut aussi savoir être professionnel (cf la définition plus haut, mes petits agneaux). C’est exactement ce que Mme Z ne sait pas (ou peu) faire. En effet, avez-vous déjà confié des rendus à un professeur dans l’espoir d’obtenir une correction le plus vite possible pour ainsi les mettre au propre et avoir mis en page tout comme il le faut ? Puisque vous aurez besoin de ces mêmes rendus pour mener à bien votre projet.
    Je n’ai malheureusement pas eu affaire à elle. Néanmoins, j’ai appris par la suite que cette paperasse (Ô combien importante !) avait été égarée par la dite Mme Z. Mais ce n’est pas le tout d’avouer avoir perdu ces documents, le mieux reste de le confesser un an plus tard. Ça reste grandiose ! Je suis loin d’en avoir fini. Je joindrai également le fait que Mme Z s’amuse à lancer des défis (Ho bah oui, la vie est décidément trop facile pour les étudiants !). Je ne sais pas comment ça se passe dans la tête de cette bonne femme, mais je vais tout de même essayer de m’abaisser à un niveau assez chétif pour comprendre : « Tiens et si je rendais le rapport de stage corrigé une 2e fois, une semaine avant les oraux blancs, ça pourrait être pas mal ? Leur vie est bien trop dénuée de challenges… Merci quiiii ? ». Oui voilà ! Je pense que ça a dû se passer comme ça ! Mais ça reste une bagatelle, encore une fois, ce n’est pas comme si on jouait notre vie au quotidien entre les concours pour l’année suivante et le contrôle continu de l’année scolaire en cours rythmés par les idées saugrenues des professeurs.
    Il paraît que c’est contagieux, les profs se passent le mot, ça n’en finira donc jamais si d’autres trouvent cela à leur goût de pourrir les professionnels de demain. Ha oui ! Je ne voudrais surtout pas omettre ce qui m’a parue le plus absurde certainement avec cette brave femme. Elle a développé la bonne idée de prévoir des contrôles avant même d’avoir rendu et corrigé le précédent ! Si ce n’est pas se moquer du monde… Quoique ! Durant la guerre, les armées tenaient la position sur plusieurs fronts. Mea-culpa ! Tout ceci coule de source, en fait.
    Non chers lecteurs, je n’en ai toujours pas fini avec Mme Z, mais vous pouvez passer à la suite, si vous ne voulez plus tant de sang dans vos yeux qui vous empêchent de lire ces lignes. Toujours est-il que Mme Z est bien une femme et n’hésite pas à provoquer ses propres élèves en cours. Oui mais cela reste discret (enfin !) : à coup d’écharpe envoyée autour du coup d’une victime pour l’attirer vers le chemin de la raison – à savoir le cours. Certes ! En tant que professeur, si un de mes étudiants n’a pas les yeux braqués sur ma personne, je ressens le besoin de tourner toute l’attention vers moi, même si le jeune fougueux est en train de rédiger la réponse à ma dernière question posée (et si !). Il arrive également qu’à force de côtoyer les mêmes étudiants, deux années d’affilées, on les confonde. Mais tout de même, de là à mélanger des rapports de stage, des noms mais aussi des visages, il ne faut peut-être pas abuser non plus. Attention ! Je parle de confondre au point de n’en voir plus qu’un : une espèce de schizophrénie inversée.
    J’additionne encore des faits à tous ses exploits. Il me fait mal de voir que cette personne occupe autant de places dans cet article tant je trouve sa personnalité aussi affligeante qu’un film de Jean-Luc GODARD.Je reviens sur les rapports de stage (Oui encore eux ! On n’en finira donc jamais, raaah mais !) et plus particulièrement les stages en eux-mêmes. Il est de notre devoir en tant qu’étudiant de ne rien faire chercher des stages en 1reannée. Cependant, nous devons disposer de l’accord de notre professeur référent. Mais si ce dernier ne prend pas le temps de vérifier que tout est en ordre, on n’avancera pas. Haaa quelle étudiante innocente, pleine d’espoir et de rêve étais-je à l’époque ! Tout ceci me semble tellement loin. Il aurait fallu anticiper ces complications dérisoires mais à ce moment-là, je ne savais pas que Mme Z n’aurait guère le temps de passer ne serait-ce qu’un seul coup de fil pour voir si tout était correct quant au choix de l’entreprise. C’est vrai qu’en huit mois, il est difficile de dénicher un créneau pour parlementer gentiment avec un chef d’entreprise :« Bonjour, monsieur le chef. C’est Mme Z à l’appareil, professeur à l’École SENTEINE, je voudrais savoir si votre entreprise est bien pour un stage pour tel étudiant.
    Oui mon entreprise est très bien et je suis un bon patron et maître de stage ! J’aime bien les étudiants en plus, mais les étudiantes sont mieux, trouvez m’en une bo… compétente ! *CLIN D’ŒIL* »Voilà, mais c’est bien difficile d’aligner quelques phrases, quand on a tant d’activités à faire ici ou là quand on est professeur qui plus est à SENTEINE ! Aussi étonnant que ça puisse paraître, un étudiant aura la patience de ne pas brusquer son professeur (puisqu’on ne les connaît pas encore), toutefois un patron n’aura pas la même indulgence quant à l’attente de la confirmation de stage. Mais en tant que professeur, qu’est-ce qu’on peut en avoir à faire ? En conséquence, ça passe sous le nez. Ce qui est encore plus fort dans cette anecdote, c’est que Mme Z n’a pas le moindre soupçon de culpabilité malgré qu’elle soit à l’origine de tout cela. Mais aussi elle ne prend pas la peine de trouver un stage de secours même à deux semaines du commencement. Quitte à mettre les étudiants dans la merde, autant les enfoncer toujours plus bas ! (et ça, c’est une des seules choses qu’elle sache bien faire, en plus d’être gentille, non ?)Je ne me lasse pas de relater ces faits. Je ne peux me restreindre à quelques exemples tant je les trouve tous plus affligeants les uns que les autres. Je n’ai pas fini ! Et non cher lecteur, mais libre à vous de sauter quelques lignes pour en apprendre davantage sur les prétendues prouesses de cette école et de ces enseignants.Je poursuis : connaissez-vous ces individus qui, dès lors que vous abordez un sujet dans lequel ils sont fautifs pour une quelconque raison, détournent les propos sur leur propre malheur ? Accessoirement, ils dévient sur des discussions qui n’ont pas grand intérêt à part faire fuir leur interlocuteur (« Nan mais qu’est-ce que c’est que ces étudiants qui ne savent pas se débrouiller dans cette École au prestige légendaire, on ne leur apprend vraiment rien ? » Ha ! On progresse, on dirait !). Donc en bonne enseignante courageuse, elle en vient à échanger sur la gastro de ce week-end ou sa période de menstruation qui est arrivée au mauvais moment (tristement si…).

Surprise, effroi et consternation. Autre chose ?

Voilà donc ce qu’il en est en ce qui concerne les performances de Mme Z. Je trouve ça tellement consternant ! Mais ce n’est qu’un point de vue parmi tant d’autres. Je tiens juste à faire part et à écrire noir sur blanc tous les dysfonctionnements qui se passent ici. Quelle désolation quant à ces compétences qui laissent tant à désirer… Je crois qu’à ce moment-là il m’était devenue impossible de distinguer tous les signes qui m’indiqueraient que ces années d’études s’annonçaient aussi laborieuses : les imposantes grilles de prison en fer forgé, les pelouses vertes où fleurissent toujours plus de vils étudiants vêtus d’excentricités (haaaa ces jeunes qui se revendiquent « artistes » !), ces sols fourbes sur lesquels vous ne faîtes qu’effleurer votre talons et vous manquez de manger le parquet,…

Mais je ne m’égare que trop. J’en reviens à mes professeurs expérimentés…

  • Mme Y : Je conçois qu’il faille bien commencer par une première année dès lors qu’on débute dans une quelconque profession, mais de là à se revendiquer « professeur » quand on n’a pas plus de connaissances que ses propres élèves, ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Osez me dire que ça ne vous offusque pas lorsque quelqu’un fait de l’ironie sur votre week-end tout pourri alors que vous venez de le passer au fond de votre lit. He bien Mme Y… comment dirais-je ?… s’en contre tamponne le coquillard ! Oui voilà, exactement ! Je crois qu’il y a comme une faille spatio-temporelle aussitôt que l’on franchit le seuil de cet établissement. Assurément ! Les montres restreignent le rythme de la trotteuse, les portables n’affichent plus que chaque minute à chaque nouveau coup d’œil,… Sachez qu’il faut compter environ 1min pour vous expliquer que… *ATTENTION* vous pouvez aller travailler ! *tou doum tchiii* Pardon ? Effectivement, quand vous vous rendez en atelier. Les professeurs vous retiennent pour faire l’appel d’une part (Bien qu’on soit en BTS, il existe encore des gens qui ne viendraient pas en cours. Pauvres enfants qui sont atteints du syndrome de Peter Pan !) et pour faire un topo afin de savoir où on en est d’autre part.
    « Ça ne durera qu’une minute ! »
    15 minutes plus tard, vos pieds commencent à s’exciter sous votre table et s’impatientent de leur inanité interminable.

Je n’ai que peu de fables à conter quant aux faits de Mme Y, mais je ne désespère pas de la surprendre au détour d’un couloir et de garnir mon article en relatant une aventure qui engage un protagoniste pourvu d’un chromosome Y.
Mais qu’en est-il de Melle X ?

  • Melle X : J’ai testé pour vous le professeur sous extasie ! Ne suis-je pas formidable d’expérimenter pour vous des énergumènes pareils ? Ne suis-je pas droite dans mes chaussures (bien que cette expression ne veuille rien dire ! Non RIEN !) de vous parler avec tant de franchise ? Haaa vous ne pouvez imaginer le plaisir qu’est un cours où l’on n’est pas derrière vous à vous fouetter pour finir votre travail en temps et en heure. Et puis après tout, pourquoi rendre un travail dans les délais demandés quand on ne reçoit pas son bien en retour dans le temps imparti ? (Enfin… ne nous attachons pas à ces détails, je crois que je ne suis plus à ça près depuis un moment)
    Mais alors qu’est-ce qu’on fait dans les cours de MelleX ? C’est très simple !1) Choisissez un Mac (oui Apple est maître du monde là-bas)
    2) Allumez le (le bouton est derrière l’écran à gauche pour les noobs, comme je l’étais)
    3) Vaquez à vos occupations. J’entends par là, ce que vous voulez : recherche, Facebook, Tweeter, musique (quitte à déranger le voisin, c’est pas grave !), Youtube, Youporn…Voici donc les activités qui s’enchaînent les unes aux autres toutes les deux semaines. Diantre ! Que je suis médisante ! Il nous arrive de « travailler » un minimum. « Mais en faisant quoi ? » (me direz-vous)
    Très simple ! En faisant ressortir l’émotion d’une image par une autre, tout en juxtaposant une tierce photo qui développera un tout autre sentiment à la première, vous me suivez ? Nan ? Nulle inquiétude, c’est un truc d’artistes ou de drogués… Si nous ne travaillons pas à en avoir des cloques, il n’en reste pas moins que Melle X non plus ! En dernier recours, qui n’a jamais imprimé la page de Wikipédia sur un thème donné ? (Ne me dîtes pas que vous êtes irréprochables…) He bien, je soupçonne Melle X d’abuser de ce stratagème.
    Par ailleurs, dans ces devoirs, il n’y a nulle mis en page, alors que c’est tout de même un peu la base pour les élèves qui choisissent l’option prépresse, mais voilà… encore un détail auquel on ne s’attachera pas. Après les professeurs s’étonnent de la qualité de la présentation du rapport de stage. Personnellement, j’irai chercher ailleurs les fautifs mais c’est tellement compliqué de se remettre en question !

Comme je suis de bonne éducation (merci Maman, merci Papa !), je fais passer les femmes d’abord, mais fatalement on arrive à votre tour messieurs. Je ne pourrais pas dire qu’il en existe qui se placent au-dessus des autres dans la hiérarchie de la bêtise professionnelle, mais faisons fi de cela mes bons et hâtons-nous d’en apprendre davantage sur les péripéties qui cadencent cette École ! J’en viens donc à relater les mésaventures… que dis-je ? Les exploits de ce MÔsieur ! Croyez-moi, il mérite amplement ces majuscules. Je vous laisse juges !

  • M. W : Je soupçonne ce professeur d’avoir vécu un traumatisme en ce qui concerne les portes de quelle que manière que ce soit. Nan mais sans déconner : depuis quand on vous propose de « sortir par la porte sans l’ouvrir » [M. W] ? Réfléchissez un peu (Houuu mes synapses ! Aïe !). Vous avez saisi ? Bien ! Poursuivons…
    Ce n’est pas tout ! Avez-vous déjà vu un professeur qui se prend pour Passe-Partout et… « Ho tiens une porte ouverte ! Et si je la fermais à clef… » (Et si tu fermais ta gueule plutôt ! Mille pardons, je suis atteinte du syndrome de la Tourette dans les moments opportuns). Je crois que ça se passe à peu près de cette façon dans son esprit dérangé et supérieur aux nôtres, pauvres étudiants que nous sommes. Si ce déséquilibre ne s’attardait qu’à tout ce qui touche aux portes en tout genre, je ne m’inquièterais pas plus que cela et je l’épargnerais éventuellement. Tristement, ses histoires ne s’arrêtent pas là. Je vous en prie, savourez ce qui va suivre.Vous connaissez le « Jeu du Santini » ? Si vous regardiez Les Guignols de l’info, il y a quelques années maintenant, vous avez pu voir la marionnette de Jacques SANTINI (sélectionneur de l’équipe de France de football de 2002 à 2004) qui s’exprimait de manière plus ou moins ralentie. Le grand jeu de la marionnette de Fabien BARTHEZ était de compléter les phrases de son sélectionneur avant la fin de celles-ci.
    He bien, on peut s’exercer au même rite avec M. W. Je ne vous cache pas que le niveau est nettement supérieur quand on observe la complexité de son vocabulaire. L’ennui, quand on joue avec M. W, est qu’on n’obtient la réponse correcte que dans de rares cas isolés. Vous l’aurez compris, il ne finit pas ses phrases. Comment voulez-vous qu’on arrive à calculer les scores, dans ces conditions ? C’est juste inadmissible. Outre cela, c’est tout de même difficile de prendre note du cours. Je conçois que mon cours n’est pas pris correctement. Néanmoins je vous mets au défi de tenir 2h avant le déjeuner, suivi de 2h après le déjeuner à noter sans accalmies le cours sans aucun trous dedans comme « rien compris ici, voir sur *biiiiiiip* ».
    Vous devrez faire face aux phrases sans fin (comme l’Histoire… L’Histoire sans fin… jeu de mots… calembour… Ho vous me fatiguez !), à l’être le plus soporifique mais également à celui qui vous prendra pour le grand des crétins quelle que soit votre question, affirmation ou exclamation. Tenez, j’aborde les questions en cours. Parfait ! Il faut que je dévoile encore moult secrets.Il m’est arrivée plusieurs fois de faire une vaine tentative, j’ai eu l’idée folle de poser une question en cours. Ça fait depuis l’âge de 11 ans (soit depuis l’arrivée au collège) que l’on n’ose plus poser de questions, de peur de passer pour un con aux yeux de la classe. Je peux vous assurer que je sais aux yeux de qui j’ai l’air de passer pour une conne dans ce cours. En somme, déjà il faut avoir le courage de faire part de son interrogation à ce qui nous sert de professeur.
    Une fois la question posée, il faut espérer que l’interlocuteur (ici M. W) comprenne vos propos, autrement vous êtes conviés à vous tirer une balle entre les deux yeux pour abréger ce qui va s’ensuivre. Je puis vous l’assurer : vous auriez intensément plus à gagner à écouter l’album de Patrick SÉBASTIEN en boucle que de subir une riposte de M. W. A vous de voir… Si vous avez la chance qu’il comprenne votre question, vous devez encore tenter de comprendre la réponse, ce qui revient à écouter le cours où vous avez mis (souvenez-vous) des trous… On en revient au même.
    Une légende raconte qu’en un an et demi, il est arrivé par deux fois qu’une question soit posée et qu’elle ait reçu une réponse digne. Vous me voyez bien triste de ne pouvoir vous dépeindre cet événement, je devais déjà être enterrée six pieds sous Terre pour mettre un terme à toute cette souffrance, je remercie encore ceux qui m’ont aidée à supporter ces heures interminables.

    Marvin : robot devenu maniacodépressif suite à
    trop de questions sans réponses

    J’admets qu’il arrive que par moment, il formule des réponses aux questions mais ça reste approximatif en ce qui les concerne. C’est exactement comme si vous demandiez à votre professeur d’Histoire « Monsieur ? Comment en est-on arrivé à la bataille de Điện Biên Phủ ? ». Le professeur standard vous répondra que c’est un moment clé de la guerre d’Indochine qui s’est déroulé en 1954 qui opposa les forces françaises aux Việt Minh… Si par malheur, M. W eût été ce même professeur d’Histoire, sa réponse aurait commencé par « Tout a commencé il y a 13,7 milliards d’années, le Big Bang… ». Ça revient à peu de choses près à ça. Je ne vous raconte pas l’état de vos nerfs quand celui-ci arrive au terme de son récit.

    Ce professeur est un mythe ! Vous les connaissez ce genre de professeurs qu’il faut voir pour l’accepter. Vous lisez ma prose et vous buvez mes paroles mais vous me direz que ce n’est pas possible d’acquérir autant de professeurs aux défauts si contrariants et que par conséquent vous ne pouvez me croire sur parole. Venez à l’École SENTEINE vous en rendre compte par vous-même ! Je vous invite et les places ne sont pas chères payées surtout en CIG, n’ayez crainte !

Je vais faire durer cet article, car je suis loin d’avoir tout dit et de vider mon chargeur sac sur tous les troubles qui hantent ces lieux.
Voici venu le tour de M. U… Ses aventures sont aussi palpitantes et nombreuses que l’action qui se déroule dans la saga de Stephenie MEYER, à savoir rien !

  • M. U : S’il est vrai que les élèves ne font pas grand-chose en cours, il n’en reste pas moins que je peux en dire de même pour certains professeurs et notamment M. U. En effet, il ne le nie pas, mais aussi ne tente même pas de le cacher.« Si vous avez la moindre question sur cet exercice, n’hésitez pas, parce que je m’ennuie un peu autrement… » [M. U]

    Je peux vous garantir que j’ai moi-même entendu cette phrase prononcée par ce même professeur. Imaginez ce que peut être un cours avec des élèves dénués de tout intérêt (rien de bien folichon !) où le professeur confesse lui-même que sa matière le fait royalement chier accessoirement. Ha bah ça donne envie de porter une quelconque attention à ces paroles.

    Quand bien même je m’efforce de comprendre et de suivre la leçon, une question me vient à l’esprit. Je lève la main ou je reste dans l’ignorance ? Haaa cruel dilemme, on se croirait dans une pièce de CORNEILLE ou de RACINE. Je daigne lever mon bras en déployant mes doigts pour ainsi capter son regard qui… semble m’éviter. Tiens donc ! Depuis quand, un professeur fait mine de ne pas voir immédiatement mon membre supérieur s’étendre de tout son long à la verticale dans l’espoir de développer mon savoir ?
    Ha ! Il m’a vue ! Excellent !

    « Monsieur, je ne comprends pas comment vous passer de là à là. Quelle formule utilisez-vous ? Parce que dans le formulaire, on saute cette étape et je ne vois pas le lien qui unit les deux niveaux en fait.
    Ha oui ça… He bien le plus simple, c’est que vous l’appreniez par cœur, comme ça vous aurez moins de chances de vous tromper au BTS. »
    Okayyyy ! Donc, à l’inverse de M. W, M. U, lui, comprend ma question, mais c’est comme s’il refusait de me donner la moindre réponse tant celle-ci paraît compliquée. Certes, enfin, nous sommes de jeunes adultes et je ne vois aucun intérêt d’apprendre par cœur sans comprendre le fond de ce qu’on me demande.

    Je prends un exemple historique :
    « Ach ! Il faut tuer tous les juifs, ja !
    Ja mein Führer ! Aber warum les juifs ?
    Klein imbécile ! C’est moi le Führer ici, ne cherchez pas à comprendre ! Apprenez par cœur ce que dit le Führer, ja ? »

Je dois certainement être à la moitié de l’article et voilà que j’ai déjà franchi le point Godwin. Ça promet pour la suite, moi je vous le dis ! Somme toute, nous aurions pu l’atteindre bien plus tôt, mais avançons dans la bonne humeur, voulez-vous ? Poursuivons, mes bons !

  • M. T : Il n’est pas rare que dans la vie de tous les jours, certains individus se croyant supérieur à d’autres (allez savoir pourquoi…) s’octroie le droit de s’exprimer avec arrogance à leur interlocuteur quel qu’il soit. Tout le monde y passe : élève, professeur, client, parfait inconnu, visiteur,… Il me semble que seule Madame la proviseur n’a pas eu ce privilège (Ho ! C’est stupéfiant !). Ces paroles irritantes font parfois l’objet de conflits.
    Il m’est arrivée d’être spectatrice à trois reprises de ce genre d’événements (vous me croyez quand je vous dis qu’il y a de l’ambiance ici ?).
  1. M. T vs professeur : le public importe peu lors d’engueulades de ce genre. En effet, lorsque l’incident s’est produit, cela se déroulait dans une salle d’atelier, en présence d’une élève et pas dans n’importe quelles circonstances, s’il vous plaît ! (Quitte à foutre la merde, autant le faire lors des moments les plus spectaculaires !) Cette élève était en train de passer son oral blanc de rapport de stage.
    Je trouve ça tout simplement fantastique ! Ha on ne fait pas les choses à moitié à SENTEINE, merci pour toutes ces histoires que j’aurais à conter plus tard pour démontrer par (a + b) à autrui que nous nous trouvons dans un bon établissement dès lors que nous sommes à l’extérieur de l’enceinte de cette École.
  2. M. T vs élève : je concède le fait que ce soit plus fréquent de mettre hors de soi un élève (puisque nous ne sommes pas bien finis dans nos caboches) et que du coup, cette histoire n’est pas un cas unique ici ou ailleurs. Cependant, je me dois d’ajouter que j’ai rarement pu observer dans les yeux d’un professeur ce malin plaisir à enfoncer le couteau toujours plus profond dans la plaie, jusqu’à en extraire le pu qui la ronge (la métaphore n’est pas des plus plaisantes, mais elle illustre parfaitement ce que M. T développe chez ses adversaires).
    Quoiqu’il advienne, il aura raison. Puisque c’est le professeur, il jouira de remettre toute cette histoire sur le tapis le jour de l’oral du dit élève, histoire de savourer une dernière fois, cette victoire sur la bassesse de ses ennemis !
  3. M. T vs visiteur : je vous préviens tout de suite, je SUPPOSE que ce soit un simple visiteur, je n’en ai aucune certitude, étant donné que ce protagoniste n’a pas la chance de me connaître. Je vous ferais donc part de simples observations que j’ai pu faire.
    Après un repas bien frugal de la cantine (nous en reparlerons plus bas), mes compagnons et moi-même marchions d’un pas aussi rapide que notre motivation nous le permettait. Libre à vous de mettre les pieds les uns devant les autres au rythme qu’il vous plaît quand vous savez que vous vous dirigez tout de même vers une après-midi d’esclavagisme de travail.
    Toujours est-il qu’en se rendant sur le lieu pour faire l’appel (oui nous sommes à l’école primaire), quelle ne fût pas notre surprise quand nous vîmes M. T se faire remonter les bretelles par une personne qui semblait tout à fait mécontente du comportement que le professeur développait à son égard.
    Il s’en est suivi des remontrances, des menaces, le ton est monté jusqu’à ce que je passe mon chemin devant une telle déchéance de l’intelligence humaine. Je suis quelque peu désabusée de tout cela.

On trouve vraiment de tout ici ! Fondamentalement, je ne dirais pas que ces découvertes sont insignifiantes, puisque je vois mal comment cela pourrait être pire en dehors de ces murs. Peut-être qu’on a mis les pires dans une même école. Bah oui pourquoi pas ? Et puis c’est pas bien grave, vu que ces handicaps dans l’Éducation n’influent que sur une école d’artistes… Nan vraiment, ça ne fait rien ! Ne vous inquiétez pas et continuez comme cela, c’est un plaisir d’endurer ces expériences de vie. J’ai toujours su que j’étais un cobaye pour quelqu’un…

J’en viens à vous narrer les aventures de ce grand professeur (« grand » parce qu’il est juste le plus ancien (enfin c’est ce qu’il prétend) mais j’ai du respect pour les personnes âgées, donc ne sous-entendez pas ce que je n’ai pas écrit et nous nous entendrons bien).
Nous en arrivons donc à M. S.

  • M. S : Je consens être du genre à radoter mes aventures qui font que ma vie n’est pas d’un ennui mortel d’un jour sur l’autre. Mais voyez-vous avec M. S, il en est venu à répéter, répéter et encore répéter les mêmes histoires sans la moindre différence de narration entre deux récits.« Mme —- et M. —– allaient souvent au tableau ! Regardez comme ils ont bien réussi ! »

    Alors deux choses me chagrinent ici :
    Tout d’abord, c’est juste faux ! Mme —- et M. —– n’allaient pas souvent au tableau, et quand bien même ils s’y rendaient, c’était à reculons qu’ils s’avançaient en direction de cette surface blanche suspendue au mur.
    Ensuite, je ne crois pas que l’on puisse parler de « réussir » quand on se retrouve condamné à devenir professeur en ces lieux. Le métier de professeur est difficile, éprouvant et demande à disposer d’un minimum de répartie (ce que manque cruellement mes profs en plus de compétences) pour faire face aux remarque des élèves comme moi.

    Tout ce qu’il y a de plus sobre, mais ça nous a fait trembler

    Ce que je remarque avec cet enseignant, c’est qu’il n’est visiblement plus au courant des cours qui sont exercés de nos jours.

    « Vous faîtes du dessin avec Melle — ——- ?! »

    NON ! J’aurai beau lui répéter de la même façon que lui nous raconte sa vie, il ne nous écoute pas ou se joue de nous (mais je ne le crois pas assez subtil pour cette deuxième option). Et oui à force de rester enfermé dans son bureau et de se déplacer uniquement pour aller en salle de professeurs ou à la cantine vider un cubi, on finit par ne plus savoir ce qui se passe autour de soi.
    Le jeu qui consiste à finir les phrases avant d’entendre la réponse est nettement plus accessible avec cet individu tant il est aussi prévisible qu’un scénario de Luc BESSON.

Je ne peux m’empêcher d’ajouter que M. S n’est pas seul à se désaltérer à la fraicheur du bon vin. Les grandes tables de marbre de nos supérieurs sont garnies du succulent liquide rouge issu… d’une boîte en carton (ça casse le mythe tout de suite !). S’ils désemplissent ces cubis pendant le repas, je n’y vois aucun inconvénient. Là où je suis plus outrée, c’est quand je vois ces animaux se précipiter sur la boisson alcoolisée, alors que nous recevons les étudiants de 1re année. Haaa elle est belle la section CIG !

Je vais vous présenter une personne extraordinaire, mais je crois qu’à ce niveau-là on peut parler de personnage. Je suis communément de nature patiente. Je peux concéder beaucoup de faits, je peux excuser ou trouver une explication à plusieurs comportements sains ou pas. Mais je suis de plus en plus persuadée que mon calme s’en est allé quand j’ai fait la rencontre de M. R. A la seconde où j’ai croisé ce regard, perçu cette attitude et échangé quelques paroles, j’ai su que l’arrogance qui déborde de mon locuteur allait m’être insupportable, tout au long de l’année scolaire qui s’ensuivait.

  • M. R : La pédagogie ! Ce doit être le mot le plus important en ce qui le concerne puisqu’il en est totalement dépourvu. Il est tout juste impossible de percevoir la moindre attitude pédagogue lorsqu’on l’écoute (si toutefois vous y parvenez). Je me souviens de ces mots délicats qui sonnaient à mes oreilles comme une alarme de réveil :« Tu n’auras jamais ton BTS avec des notes pareilles, tu sers à rien ! »

    Je crois que la personne à qui ces mots étaient destinés se les remémore encore (Et il y de quoi !). Je suis d’accord qu’il ne faut pas lui dire « Oui continue comme ça ! » ou « Tu feras mieux la prochaine fois… » (C’est rien de le dire, quand on se prend un 0/20 !). Cela dit, est-ce vraiment nécessaire de s’exprimer ainsi devant l’ensemble de la classe ?
    Je ne pense pas lui avoir dit ma façon de penser, lui avoir exprimé toute la haine que j’avais pour lui ou m’être jouée de ces fautes mathématiques au tableau. Alors pourquoi diable, s’accorde-t-il le droit d’enfoncer les élèves quand ces derniers luttent tant bien que mal pour réussir dans leurs études ? Heureusement pour lui, ces mots ne m’étaient pas destinés, mais j’admire la force mentale qu’a dû faire preuve la victime pour ne pas riposter à grands coups de pelle.

    « C’est moi qui fixe les règles du jeu ! »

    Peut-on vraiment dire que les exercices donnés soient des jeux ? Est-ce que finir un exo me permettrait de gagner un prix ?
    Ensuit le « C’est moi qui… », c’est à se demander qui est le gamin entre prof et élève, dans ce cas-là. Mais tout cela est bien trop subjectif…

    « Vous ne vous remettez jamais en question, vous les élèves ?! »

    Il s’agit sans nul doute de la phrase la plus grotesque qui soit, mais outre cela elle est sortie de la bouche la moins adéquate pour s’exprimer sur ce genre de débat.
    Quand je vois que je n’ai pas la bonne réponse sur ma feuille, automatiquement, je vérifie mes calculs. Je me remets donc en question, mais pas immédiatement le corrigé du professeur. Cependant, au bout d’un moment, je cherche tout de même à comprendre ce qui ne va pas et où. Je fais appel à mon maître qui va sommairement balayer mon écriture du regard et exprimer dans un soupir toute la passion qu’il éprouve pour sa profession :

    « Non mais là, ça ne va pas ! Et puis ça, c’est faux ! Et à cet endroit, j’ai dit de faire comme ça. Non ne conteste pas ! N’oublie pas que j’ai raison et tu as tort ! »

    La communication est toujours très animée avec des gens comme lui, même s’il s’agit plus de monologue que d’échange en bonne intelligence.

Tout au long de ces deux années d’études, me voilà arrivée à un stade où je commence à saturer des compétences qui laissent à désirer de certains. Heureusement, il existe des professeurs sur lesquels j’ai moins à disserter, il n’en reste pas moins qu’il subsiste quelques erreurs dans leur cours ou dans l’ambiance dans laquelle on apprend.

  • M. P : Son sourire s’étendaient de part et d’autre de ses pommettes, à la seconde où il franchissait les grilles de l’École. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus désagréable quand j’observe les alentours en pénétrant chaque matin en ces lieux. Mais j’avoue que je le soupçonne de prendre drogues ou autres choses pour avoir une forme comme celle-ci.En vérité, ce professeur n’est rien de plus qu’un élève. Je constate à la façon de faire ses cours que c’est par obligation qu’il nous « enseigne » cela et non par plaisir. Pour illustrer mes propos, je vais vous faire part d’une petite histoire (encore une !) qui s’est déroulée il y a quelque temps. Tant personne n’écoute son cours, il se sent obligé de faire ses explications à chaque groupe de deux ou trois élèves, ainsi il répète plusieurs fois la même chose. On pourrait le comparer à un perroquet, mais je suis certaine que cet animal y mettrait plus de cœur. Il s’est produit un événement étrange aussi. Je ne suis pas sûre d’avoir pu observer ça dans d’autres circonstances que ce cours. Je vous remets le contexte :
    Lundi matin, retour de week-end, tête dans le brouillard… Le brouhaha n’en finissait pas dans salle de cours, et je me sentais l’âme conquérante et je voulais vaincre de compréhension les explications. Mais les incessantes paroles de mes camarades de classe ne me permettaient pas de me plonger dans pareil exercice. Une élève qui était certainement moins indulgente que moi ne l’a pas entendu de cette oreille et a amené le silence d’elle-même : « WooooOOOOOH ! »

Je trouve ça très fort !

  • M. O : D’ordinaire, on est bien d’accord qu’il n’existe qu’une seule façon de calculer une grandeur ou de faire un devis. He bien, à chaque nouvelle leçon avec M. O, nous n’étions pas à l’abri d’une correction inopportune dans la formule ou dans les étapes pour mener à bien un certain type d’exercice. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus grave, certes. Là où ça me gêne, c’est que la correction sur l’erreur en question est corrigée une première fois une semaine après avoir appris l’ordre des étapes, puis une deuxième deux semaines après avoir corrigé, et enfin une dernière fois. Ça devient tout de suite plus simple pour s’y retrouver dans ses cours, mais vous me direz : « ta K suivr T cour ! ». Oui mais le professeur n’a qu’à en faire des corrects, car je me retrouve aussi perdue que lui.
    D’autre part, pour établir aboutir à une réponse correcte, nous suivions une certaine méthode en 1re année, désormais on nous impose une nouvelle démarche. Je suspecte l’Éducation Nationale de réduire les pourcentages de réussite au BTS CIG. Un trop grand nombre de clampins s’est vu diplômé et accordé le droit d’enseigner cette section à l’École SENTEINE.

Je crois bien avoir fait le tour de ces personnages. Je n’ajouterais que quelques détails qui font que les jours s’écoulent toujours plus lentement que le précédent et que j’attends impatiemment de quitter définitivement ces murs, ces grilles, ces salles, cette cantine,…

Ha ! La cantine !
Veuillez m’excuser, j’ai failli passer à côté et je ne me le serai pas pardonnée.
Pour moi, c’est un lieu convivial où l’on peut enfin décompresser de la dure journée qui a commencé et qui se poursuivra après un repas tant attendu. Cependant il y a quelques secrets à savoir pour passer un bon moment :

Viande en sauce + riz, omelette + pâtes (oui...), boulettes de viande + riz,
viande en sauce + légumes, poisson + riz

– Manger avec vos proches : en effet, on vous place aux tables (retour en maternelle !), vous devez annoncer combien vous êtes. Puis si vous est chanceux ou cocu, on ne vous sépare pas à droite, à gauche. Autrement, c’est pas grave !

– Ne pas céder : voilà ! Ça fait quatre heures que je me prends le chou pour résoudre des équations différentielles, comprendre un texte d’anglais et remettre dans un nouvel ordre les étapes de la fabrication pour avoir un bon calcul papier et là quoi ? On m’importune parce que je ne peux pas manger tranquillement avec mes amis ? On va jusqu’à me faire croire qu’il n’y a pas de 2e service pour que je me sépare d’eux en plus ! Ha oui ? Vous allez me faire croire que vous comptez faire manger cent personnes et les deux cents autres iront voir ailleurs ? Mais on me prend pour une bille en plus de ça !

– Rester vêtu de son manteau : les locaux ne sont pas chauffés et placardés de fenêtres, c’est sympa hiver comme été !

– Ne pas avoir d’allergies : j’ai la chance de pouvoir manger de tout et de toucher à tout (Sors petit pervers !). Mais ce n’est pas la même chose pour tout le monde. J’ai fait la connaissance d’une personne qui a une allergie à certains aliments, ceci a été signalé à l’administration qui doit sans nul doute veiller à ce que cette personne puisse avoir un repas le midi. He bien non ! Comme tout le reste : on s’en fiche !
C’est la même chose, si on dispose d’un régime alimentaire spécial d’ailleurs : végétarien, musulman,…

– Ne pas avoir peur de l’uniformité des plats présentés : les plats passent et se ressemblent. Il vous sera servi dans la même semaine : du riz à trois reprises, de la viande en sauce à tout va et encore toujours les mêmes yaourts mais c’est peut-être ça le meilleur.

– Regardez les dates de péremption : j’ai eu la surprise la dernière fois d’entendre « Arrêtez les amis ! Mangez pas le beurre, on va vous en apporter d’autres ! Tenez, donnez les moi… ». Tiens donc ?! Mais pourquoi cet affolement ? Un petit coup d’œil sur la texture puis sur la date… Ha oui ! Un mois de péremption quand même… Et puis on parle de beurre, alors du lait qui a tourné, je ne veux pas savoir ce que ça donne.

Si vous réussissez à surmonter tous ces obstacles, vous devriez passer un moment agréable. Mais si vous ratez la première étape, je ne donne pas cher de votre patience au terme du repas, aussi exquis soit-il.

Je souhaiterais revenir sur quelques brefs événements réguliers qui me font dire que tout ceci ne changera décidément jamais, si l’on ne change pas les profs eux-mêmes.

La perte (par les professeurs) de plusieurs modes opératoire rendus avant les vacances de Noël a été relevée. Quand bien même ces fichiers étaient rendus en temps et en heure, on ne les recevait que fort tardivement (c’est vrai tous les documents importants doivent être donnés le plus tard possible, pour bien se faire haïr de ces élèves, je pense que c’est un jeu à ce niveau-là).
De manière générale, alors que nous patientons plus ou moins sagement sur nos sièges, il n’est pas rare et même fréquent que nos professeurs bien-aimés arrivent plusieurs minutes après le début des cours pour faire l’appel. Si cela en arrange certains pour ne pas être noter absent, ça en empêche d’autres de s’empresser de se diriger vers les salles prépresse de manière à poursuivre le projet. Mais ça doit être ça la solidarité : l’un est dans la merde, tout le monde y est… Je suis vraiment trop égoïste !

Là où je suis sûre que tout ceci n’est pas prêt d’évoluer, c’est lorsque j’ai appris que la plupart de mes enseignants (soit il me semble 7 sur 10 ou 11) ont été formés par cette même École. Je ne pense pas que ce soit forcément par choix qu’ils soient revenus en ces lieux mais plus fatalement parce qu’ils ne pouvaient s’adonner à autres professions.
Résumons, des mauvais professeurs formés par de mauvais profs devenus si mauvais que leur propre formation était le seul débouché. C’est une légende ! Pour beaucoup les élèves se plaignent pour rien et tant qu’on leur file le diplôme, ils finiront par aller couiner ailleurs. L’important, ce n’est pas la formation, c’est la communication autour pour la vendre. Elle est belle l’Éducation ! Et je crains que ça ne change guère…

Ça me fait penser à quelqu’un d’autre, tout cela, qui se fiche pas mal de ce qui se passe dans les murs et qui se préoccupent davantage de comment on perçoit l’École en dehors.
Je me dis qu’après de telles rencontres, je pourrai tout affronter ! Hallelujah !
Nous l’appellerons Mme N. Si vous avez quelque chose à lui demander, elle vous le fera… ou pas (et c’est plus cette 2e hypothèse qui prédomine). Elle sortira les gros yeux, la grosse voix et vous dira qu’elle est débordée alors qu’en réalité, elle n’a que ça à faire de s’occuper de vos histoires de feuille de notation de stage de l’entreprise à faire revenir à l’École au plus vite. Puisque vous vous êtes séparé en relativement mauvais terme (ceci est un euphémisme).
Si vous ne parvenez pas à obtenir vos documents, appelez-en à Madame la proviseur. Je pense qu’un coup de fouet sur le dos de Mme N ne lui fait pas de mal et peut-être même qu’elle en raffole (mais comme toujours, ces histoires ne nous concernent pas).
A écouter Mme N (si toutefois ça vous arrive, paix à votre âme !), on croirait et j’en suis même certaine que les accords monétaires entre l’École et l’entreprise sont plus importants que le bien-être d’un étudiant au sein de cette même entreprise, mais où va le monde ? Depuis quand fait-on passer l’argent avant l’humain ? Vous allez me parler du trafic d’organes et compagnie mais là on parle somme toute de gens civilisés, non ?
M’enfin… Certainement le froid gèle mes neurones et cette École me brise… autre chose.

Ici, c’est du chacun pour soi ! On vous promet des rendus, mais vous ne savez pas quand vous en verrez la couleur. On vous accueille avec la bonne humeur à la cantine mais on vous sépare à table. Vous entendez une information, mais vous ne savez pas qui en est à l’origine.
On a beau être dans une École du Livre et de Communication, on devrait développer et montrer un semblant de correspondance en ces murs. He bien que nenni ! Vous devez constamment vérifier les sources de ce que vous entendez, on ne peut jamais être sûr de rien. Ça en devient fatiguant !
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Je tiens à préciser que ces dires n’engagent que l’auteur de ces lignes. Je m’inspire de faits réels qui m’ont été rapporté avec plus ou moins de larmes de haine dans les yeux et dans la voix.

Je tiens à remercier les cobayes que nous sommes pour avoir pu illustrer d’exemples mes dires.

Si vous avez remarqué qu’il n’y a pas de professeur V, c’est parce que j’ai bien trop de respect pour ce personnage de comics. Si vous avez remarqué qu’il n’y a pas de professeur Q, c’est parce que j’ai bien trop de respect envers la classe des professeurs, en général.

Quant à vos ultimes questions :
Pourquoi ? Parce qu’il faut être folle pour dire tout haut ce qu’on pense tout bas.
Qui suis-je ? Je suis juste bien placée pour parler de tout ça ! Voilà tout…

Voilà tout et c’est déjà bien assez, voire trop.


Baby-killer

Le silence était d’or.

On n’entendait plus que ma lente respiration lancer des souffles d’air qui se heurtaient contre les pages de Jules Verne. La télévision éteinte ne me polluait point de ridicules divertissements pour découvrir les plus belles anecdotes lors de fêtes beaufs stéréotypées. Le seul animal alentour était un poisson dont les tours de bocal n’attiraient pas le moindre regard et ce n’est pas non plus cet être qui était dans la capacité de se déplacer jusqu’à moi pour réclamer quelques câlins ou nourritures.
Seul le bruit sourd du frigidaire baignait le rez-de-chaussée d’une ambiance paisible plutôt que d’un silence pesant. La rage de la pluie au-dehors martelait les fenêtres, mais ce n’était pas déplaisant. Le vent venait à chanter lors de vaines tentatives en s’engouffrant au travers des branches des bouleaux qui encadraient la propriété.

Ce bruit environnant ne faisait que rassurer sur la solitude qui pesait en ces lieux éclairés par quelques lampes disperses, dont on ne trouve pas les interrupteurs, et pour cause : les portes s’ouvrent dans les mauvais sens (Foutus architectes !).

Outre cet éclairage primitif doté d’ampoules basse consommation, tout était parfait et j’avais trouvé le job idéal pour tout étudiant oisif : le chômage baby-sitting.
Il vous faudra requérir certaines capacités que voici. Quoi de mieux que de se retrouver à ouvrir le frigo et se servir (vol/gourmandise/entrepreneur) ? Visiter une maison qu’on ne connaît pas (vol/curiosité/sens de l’orientation pour les mauvais ou les grandes maisons) ? Veiller tard (insomnie/stress) ? Fouiller les placards pour aller simplement à la découverte de ce qui ne nous appartient pas (fouineur/archéologue/curiosité) ? Rester sur l’ordinateur (informatique/geek) ? Être payée pour cela (vénalité/frigidité) ?
À part en étant dans l’impossibilité de se déplacer et donc « condamné » à travailler chez soi, je ne vois pas comment faire autrement pour occuper un tel poste qui offre autant d’avantages.

Et après, on me blâmera quand je les comparerai à des animaux... *tsss*

À voir le bon côté, j’en oublie l’essentiel, vous devrez incontestablement faire preuve de patience.
Oui parce que la tranquillité ça se mérite mes mignons ! Avant de pouvoir jouir d’un repos mérité, il faudra faire gravir quelques étapes aux enfants : les coucher (solution : chloroforme), les consoler (solution : prendre dans vos bras et sur vous pour ruiner votre tee-shirt de sécrétions nasales), les rassurer (solution : « Doudou est là, enfin… »), les faire manger (solution : tous aux abris ! Le plus intelligent reste de sortir de la pièce et réapparaître après la bataille), les laver (solution : les couler) et les distraire (solution : jouer à Qui fera le moins de bruit ?). J’ajouterais pour ce dernier que c’est peine perdue que de vouloir faire preuve d’imagination puisque fatalement ils finiront derrière un iPad à péter les scores de papa, sur Angry Birds.

Haaa les enfants ! Quelle magique… magi… magiqueeeuuuh… perte de temps !

L’avantage avec ces monstres c’est qu’ils ne sont pas difficiles en matière de nourriture dès lors que l’on ne touche pas à tout ce qui est légumes verts, orange, marron, bleus ou violets (Oui bleu !). Vous pouvez donc, sans crainte, faire cuire les pâtes, lire les 13 tomes des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire, vous endormir entre chaque page, et revenir pour servir leur assiette et leur ventre affamé, ils ne broncheront pas sur la cuisson. S’ils ne sont pas difficiles sur la qualité du plat, il n’en reste pas moins qu’ils ont tout de même mauvais goût, alors je les attends maintenant ceux qui me disaient que les enfants sont signe de futur et que l’on voit à travers eux ce qui fera fureur demain ! C’est certainement pour cela que l’on mange moins bien désormais et que l’obésité est en perpétuelle croissance, tout s’explique.

Mais faisons fi de leur préférence culinaire et attachons nous davantage à ce qu’ils vont vous faire subir pendant les 15 à 75 minutes qui vont suivre (c’est selon votre efficacité ou votre patience à sortir le napalm).

« Les enfants, bon on va se coucher, il est 20h30 !
–  Mais non, il est 20h29. »
Au temps pour moi ! Ne sachant pas que la suite va être couronnée de tous les incidents les plus communs en une même soirée, vous leur accordez cette minute symbolique… Quinze minutes plus tard (Oui Grand Galop sur Gulli, ça endort), vous peinez à leur faire gravir les escaliers de la maison, non pas que ces ewoks aient systématiquement les jambes plus courtes que la hauteur des marches, mais dès le coup de la ½ heure sonnée à l’horloge, ils se transforment en une sorte de trolls des bacs à sable. Ces garnements s’agrippent à vos jambes tels des drogués à leur iPhone et ralentissent l’échéance de la sentence du dodo-time !

Vous faîtes halte à la salle de bain (1er stand/étage). Lavage de dents expédié en 30 secondes… Non, non, non, mes mignons ! Votre baby-sitter s’est vue jouir, pendant sept longues et douloureuses années, d’un traitement pour sa dentition sommaire (mais ceci est une autre histoire), elle ne veut nullement être à l’origine de caries survenues pour une négligence parable. Et si je suis en mesure, de le faire, c’est moi qui vais brosser avec force et acharnement calme et délicatesse ces quenottes si fragiles.
Une fois leur haleine rafraichie pour ne pas souffrir d’asphyxie au moment du « baiser protecteur de bonne nuit », vous poursuivez votre ascension vers la lumière ! Vous y êtes presque… Plus qu’une marche… Enfin ! Vos jambes se libèrent d’un lourd poids, les dents de chacun se desserrent et les langues se délient « J’ai pas fait pipi… ». Grand dieu ! Qu’est-ce qui me retient encore de… Laisse-le moi, je vais te me le f…
Bien ! Gardez votre calme et faîtes preuve de pédagogie : « Bon… euh… tu descends, tu fais pipi, tu ne tires pas la chasse, amène un verre à côté des toilettes et laisse-moi faire la suite. Demain tu diras à papa et maman que je t’ai déjà préparé tes tartines et ton jus de pomme… ». Comment des méthodes expéditives ? La fessée est bientôt interdite, que voulez-vous ? Il faut s’adapter que diable !

Ce n’est pas le tout d’être parvenue jusqu’à la chambre, il faut encore parvenir à appliquer un headshot à l’aide d’un traversin, que le marmot soit dans la bonne ligne de mire du lit et *BIM* : baby-sitter 1 – mouflet 0.
L’avantage de l’oreiller au napalm, c’est que le bruit sourd n’encourage pas la fuite au second chérubin. Que c’est con un môme, alors… Vous mettez au lit sans grande peine le deuxième lardon et hâtez-vous de quitter les lieux sans vous retourner pour éviter ce qui va suivre :

« Maman, elle attend un bébé et toi t’es enceinte ? » (Toujours question directe)
Pourquoi tu me trouves grosse ? (On me pose une question, je réponds par une autre, et alors ?)
Non comme ça, pour savoir… (Drôle de curiosité chez ces petits êtres inférieurs…)
Non je suis pas enceinte. (Maintenant, fuyons !)
Mais tu veux pas d’enfants ? (Ouuuuuh…)
C’est juste que… euh… je suis encore jeune et puis je peux pas faire un enfant toute seule. (Faisons simple et clair, maintenant on s’en va !)
Mais pourquoi ? (Pourquoi toujours des « pourquoi » ? Ha je comprends désormais !)
(Vous l’aurez évidemment compris : c’est une fille.)
He bien parce que… hmm… ton papa et ta maman ont déjà dû te dire : dans maman… les petites graines… bébé qui pousse… pénis enceinte ! Non ? (Explication bateau, vague mais qui fait véridique)
Non… (@$*¤#% !)
Tu demanderas à tes parents. Bonne nuit ! »

Ach bonSoir chère Étudiante, allez-y, vous n'avez qu'un mot à dire ach : êtes-vous enceinte ?

L’interrogatoire est achevé. Attention, on ne se félicite pas encore de ses connaissances en biologie, puisque votre mémoire vous fait défaut et le premier larron, ne voyant plus d’étoiles volées au-dessus de sa tête, se réveille en pleurs, réalisant que la veilleuse n’est pas allumée !
Malgré la lumière du couloir resplendissante, la porte bien trop ouverte pour que l’on puisse croire à une attaque de météorites dans la pièce, ce petit poltron moutard crie au scandale à en faire miauler une chèvre.
Ils connaissent apparemment parfaitement le sens des priorités, mais pas le degré de gravité de la chose, ce sera la prochaine leçon de ces bambins pour la soirée suivante.

Enclenchez la veilleuse et maintenant fuyez deux étages plus bas, sinon autant  vous dire que vous pouvez proscrire toute idée de goûter de nouveau à la liberté.

« Étudiante !
Oui… *soupir*
J’ai perdu ma dent !
Ha bah c’est bien, la petite souris va passer. Tu la mets où d’habitude ? »

J’aurais prononcé des mots dans une langue slave, invoqué le diable, fait venir Michael Jackson menacé de révéler son amoureux à son frère, sa terreur n’aurait pas été plus grande que l’instant présent et le chagrin qui s’en est suivi pas plus humide que mes yeux quand je saurai que je quitte l’École Estienne.
Sa peur s’est répandue jusque dans la chambre du frère qui ne savait pas lui-même pourquoi il pleurait. Les larmes coulaient de plus belle à chaque argument avancé, ou alors on me les contrait par des explications toutes plus logiques les unes que les autres :
– Elle est toute petite, oui mais > la petite souris monte les marches de l’escalier
– Elle ne sort que dans la pièce où la dent est, je la mets dans la cuisine si tu veux, oui mais > elle peut quand même monter (sait-on jamais qu’elle soit devenue enfantivore)
– Je reste en bas, je l’entendrai, oui mais > elle est plus rapide que moi
– Je me mets au milieu de l’escalier pour lui faire peur, oui mais > si elle sort d’un autre endroit ?

Enfin bon ! Parfois, il vaut mieux savoir reconnaître sa défaite, à une bataille pour mieux gagner une guerre.
Ainsi donc, il se trame à travers mes synapses quelques fourberies pour m’échapper de la situation qui s’annonce des plus ennuyeuses. Suivre le protocole suivant :

1. S’emparer de son ordinateur portable pour patienter devant les portes enfantines (ou d’un bilboquet, si vous êtes dépourvus de toute technologie)
2. Dérober une pièce de 2€ de la tirelire de l’enfant
3. Rassurer une dernière fois et puis « Chut ! »
4. Patienter sur divers sites : blog, culture, information, facebook, youtube (avec un casque, cela va de soit)
5. Veiller à ce que les lardons soient rotis
6. Remettre la pièce dans la tirelire de la gamine
7. Descendre avec son ordinateur le plus silencieusement possible si vous ne voulez pas de 8e étape
Hélas…
8. La môme se réveille, pas de panique
9. Remonter pour la rassurer et laisser votre ordinateur
10. Reprendre discrètement la pièce de 2€
11. Dire que vous avez entendu la rongeuse passée
12. Descendre les deux étages pour prouver que vous amenez la preuve de son passage
13. Lui montrer la pièce
14. Poser la pièce et mission accomplie *musique épique*

Je vois venir certains : « Ça aurait pu être bien plus simple : dis-lui la vérité ! ». Oui mais voyez-vous, je ne voulais pas briser la jeunesse à cette enfant, elle s’est occupée de mes jambes pour monter l’escalier, je me suis chargée de son petit déjeuner (à moins que ce ne soit celui du frangin, peu importe). Après ça, non je ne suis pas rancunière, loin de là !
La poursuite de la soirée sera des plus jouissives : ne rien faire, s’étendre telle une larve sur le divan à s’instruire sur tf1 pour savoir comment identifier une maladie rare regarder des DVD. Je vous mets en garde tout de même si vous avez la folie de vous endormir devant une émission. Vous savez devant quoi vos yeux se ferment, cependant vous ignorez encore devant quelle image ils saigneront au réveil. Mais ce n’est rien si les parents ne vous surprennent pas. Autrement je confierais mal, de nouveau, ma progéniture à une débauchée qui profite des écrans 30 pouces pour pouvoir contempler des obscénités.

Bon les enfants dorment, la télévision a décidé de me pourrir la vue à base de grotesques séries et les parents rentrent dans 2h… Bien, bien, bien…
Tout à coup, le coussin de la chaise de la salle à manger qui est à portée de vue se met à bouger tout seul. Diantre quel est ce maléfice ? Je peux percevoir le bruit des boutons métalliques qui raclent le bois du siège, il s’étend ! Mais comment est-ce possible ? Pincez-moi ! Le napalm n’a pas quitté les chambres des marmots. Que faire ?
Soudain le coussin chut de toute sa lourdeur inexpliquée sur le carrelage glacé. Il commençait son avancée vers moi quand je reconnus un chat.
Un chat ? Les parents ont-ils dit posséder un chat ? Pas le moins du monde. Et ce serait leur écorcher les lèvres que de me prévenir qu’un pseudo caméléon se balade dans leur demeure ? Non bien sûr, ça aurait dû me paraître évident : toute famille exemplaire a un papa, une maman, deux mioches et un chat ou chien ou les deux (en somme trois à quatre animaux) ! Mais où ont-ils la tête ? Et si j’y étais allergique ? C’est dans ces moments-là que je comprends mieux les mots « Va mourir ! ».

Après un long périple pendant lequel vous aurez accompli moult réussite qu’aucun(e) autre baby-sitter n’aurait pu espérer, les parents font leur réapparition.
Vous leur dîtes que ça s’est bien passé pour être rappelé une prochaine fois et encore gagner des sous à ne vous surmenez qu’un quart du temps passé dans la maison. Vous mentionnez à peine l’incident de la petite souris, pour que : « Bigre ! Arrêtez de prendre vos enfants encore pour des arriérés (quoique…). Ils ne croient plus au Père Noël mais s’imaginent encore qu’un petit être peut porter de ses minutieuses pattes des pièces, livres, jeux, billes, pogs, carte Pokémon et autres monstres qui devraient plus les effrayer que leur vouer une dévotion sans nom ! ». Oui la magie enfantine me dépasse mais c’est bien trop subjectif !
La semaine suivante, la gamine vient me voir : « Tu sais… (non je sais pas, quelle drôle d’introduction pour une phrase…) et bah papa et maman m’ont dit qu’elle existait pas la petite souris ! ». Ha bah c’est bien de l’apprendre maintenant, nous ne sommes que des cobayes, ne l’oublions pas !

Avec une compagnie pareille, comment ne voulez-vous pas avoir peur de lui faire une béquille ?

Mon expédition s’achève à ce moment-là pour cette soirée, les parents sont de retour, je les attends sur le pas de la porte pour que l’un daigne me ram… *CLAC !* Bieeeen je ferai donc le trajet seule… Ça me déglingue tout de même ! Certes nous sommes en banlieue (chic) parisienne, mais ce n’est pas une raison pour laisser rentrer seule une étudiante qui vient de survivre à une ascension périlleuse des escaliers, un ras de marée de larmes et des cris à en faire trembler et s’écrouler les cloisons, des animaux sortant de nulle part. J’ai 20 minutes de marche à pied, encombrée de mon ordinateur, mon sac de cours et habillé petits talons et robe de sortie (l’occasion ? ce n’est pas la question).

Amis de la sécurité, bonsoir ! J’étais saine et sauve en arrivant à bon port.

Je vous entends !
Vous direz que je n’éprouve que du mépris pour ces créatures inférieures que sont les enfants, mais je nierais vos propos. Certains ont beaucoup à nous apprendre, j’illustrerai mes dires avec un exemple rapporté :

Alors que son assiette se vidait, le gamin ne faisait que redoubler d’effort pour ne laisser aucun petit pois dans sa gamelle. Ayant de la peine pour lui, sa baby-sitter lui tend gentiment une cuillère pour qu’il gagne en efficacité. Le petit homme se voit honorer de s’être fait enseigner une nouvelle technique de survie en milieu culinaire, il se décide alors à en apprendre une en retour à sa gardienne.
« Quand on pète, faut dire pardon !
Oui, c’est bien, tu as rai…
Pardon… »

Ce même enfant va se coucher plus tard, je ne disserterai pas sur les péripéties qui ont rythmées la montée de l’escalier (Pourquoi les enfants ne sont pas au rez-de-chaussée ?! C’est très dangereux et impressionnant pour eux, enfin bon encore un mystère). Une fois le petit homme au lit, la baby-sitter redescend et s’attarde devant les blagues pittoresques d’Arthur sur tf1 « He chérie ! Accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle ! *wouarf wouarf* Et oui ça m’est arrivé en vrai ! », quand tout à coup !
« J’AI PROMIS !
Oui c’est bien, tu me l’as dit tout à l’heure de rester sage.
J’AI PROMIS !
Oui tu m’as promis d’être sage, alors va au lit.
Nan j’ai promis ! »
La jeune baby-sitter s’en va monter les marches pour savoir ce qui se passe là-haut. A mesure qu’elle se rapprochait du sommet des marches, une odeur nauséabonde se faisait sentir jusqu’à ce qu’elle tombe sur une galette qui n’était pas dûe à une bouteille de vodka trop rapidement vidée, surtout venant d’un gamin, pas plus âgé que 4 ans.

Décidément cette marmaille ne vous apprendra pas plus que ce qui tourne autour du pipi, caca et vomi. On pourrait les comparer aux faluchards mais ceux-ci y ajoute l’alcool et le sexe : une sale espèce ! Parenthèse terminée.

Alors oui, mes bons, je vous encourage à garder les enfants d’autrui ou à me les confier pour que je puisse leur apprendre deux, trois règles de savoir vivre comme raccompagner la baby-sitter (mais ce n’est pas sans risque pour votre survie psychologique), cependant il va falloir mettre le prix fort. Baby-sitter de luxe non falucharde oblige ! J’aime ce côté salvateur.
Ha la laaa… Vaut mieux en rire qu’en pleurer de s’occuper des mômes, et je ne dis pas ça pour moi.


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