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La maison de ‘traite

L’ironie du sort c’est donner des sous à un mendiant et ne plus pouvoir payer son ticket de parking. C’est acheter sa voiture 70 euros et dépenser plus de 1000 boules en réparation, suite à 2 accidents en 6 mois. C’est ne pas accepter un boulot d’imprimeur à l’UNESCO, car vous ne voyez pas l’avenir du métier, et 3 années de formation plus tard ne pas trouver un poste d’infirmière.

Une infirmière sans emploi, la blague !

L’ironie du sort, c’est aussi faire un stage en E.H.P.A.D. (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, somme toute une maison de retraite, quoi), te dire que tu n’exerceras jamais là-dedans, et finir quand même en E.H.P.A.D. dans le NooOOOord.

Finalement, il aura fallu plus d’une centaine de courriers pour que l’on daigne me donner ma chance. Et pourquoi, on n’engage pas une infirmière qui sort de l’école ? Pas de poste ? Restriction budgétaire ? Pas le physique stéréotypé ? Pas d’expérience ? Beh oui, et c’est bien en essuyant des refus à répétition qu’on va pouvoir en acquérir. Pas besoin d’avoir fait l’ESSEC pour savoir ça.
Je voudrais remercier donc toutes les ressources humaines qui m’ont laissé sans réponse, trop aimable, c’est pas comme si j’avais été dans la dèche pendant plus de 6 mois, mais vous n’en saviez rien, et vous vous en souciiez comme d’une guigne. Merci encore. Je tiens à remercier aussi ceux qui ont pris le temps de me renvoyer un courrier électronique automatique pour me dire que si je n’avais pas plus d’informations dans 6 mois, je devais renouveler ma candidature. Et beh laissez-moi vous dire que ça donne envie. Y a eu aussi ceux qui ont répondu par mail à l’attention de tous les candidats, sans cacher les destinataires et qui proposaient des postes aides-soignants. « Hum hum ! Battez-vous pour moi. », tellement de subtilité dans vos réponses… Vous méritez des bafdes prix… non des baffes, c’est bien.

Vous avez été spoil, milles excuses ! Je me suis donc fini On m’a fini J’ai donc fini en EHPAD. Un lieu charmant où l’on respire remarque la joie de vivre que chacun a à occuper sa journée : les hôtelières se font engueuler parce que les petits déjeuner ne sont pas au goût des résidents et le ménage n’est jamais assez bien fait pour les familles. A raison de 12 minutes par chambre, c’est vrai que c’est pas simple. Les aides-soignantes font 10 kms en une matinée, nettoient des pieds, essuient des fesses, lavent des doudounes, des foufounes, mettent les résidents sur les toilettes, répondent aux sonnettes et se font quand même engueuler. Les infirmières font les prises de sang, distribuent les médicaments, prennent soin des résidents en leur faisant des pansements, en les rassurant, appellent les médecins au moindre problèmes, signent les prescriptions, prévoient les rendez-vous, classent les dossiers, s’entretiennent avec les familles, et se font engueuler dès que quelque chose capote. Le médecin gériatre de l’EHPAD doit connaître tous les résidents et engueulent les infirmières quand quelque chose capote.
Il y a aussi le responsable ménage, mais depuis 9 mois, je vous avoue que son utilité m’échappe. La cadre, honnêtement, ne gère pas grand-chose. Outre les plannings, son intérêt ne se porte sur rien d’autre.  Nous serions à même de penser que, si toute son énergie, son cœur et son temps sont tournés vers ce qui importe le plus au personnel, elle saurait au moins dresser un planning juste dans la répartition des postes et des heures. Le plus affligeant est que le peu qu’elle a à gérer est mal exécuté de sa part. Les remerciements, les plaintes et autres félicitations (ironiques ou pas), c’est le directeur qui les reçoit et nous les transmet par mail. Voilà la répartition équitable des tâches.

Vous croyez vraiment que tous nos aînés sont tous heureux comme ça ?

Ça, c’est la réaction de Geneviève quand tu l’emmènes la première chez elle, après le repas.

Au fond, je me disais que j’allais connaître ce genre d’injustices. Ainsi, je me rassurais en pensant au métier si gratifiant que j’allais exercer, mais c’était sans compter les insultes et la théorie du complot de Gabrielle, les remarques cinglantes d’Aline : « Si vous aviez pas les médicaments à donner, vous seriez au chômage », les sautes d’humeur de Marcelle « Oui petite, fais ce que tu as à faire. […] Les médicaments, c’est important, faut que je les prenne, ah si si ! […] NON JE VEUX PAS ALLER MANGER, J’AI PAS FAIM ! BOUFFE LE TOI, SALOPE ! SAC A FOUTRE ! J’T’EMMERDE ! », les remarques désobligeantes des familles : « Les soignants, ici, ils ne prennent pas assez le relationnel en compte… », alors que le matin même, tu as pris 30 mn pour rassurer la mère de la plaignante, les absurdités de ceux qui n’ont pas/plus d’humour : « On ne rigole pas avec les personnes âgées ! » (Ha bon, d’accord ! Donc une fois entré en EHPAD, on est malheureux et on ne pense qu’à la mort jusqu’à la fin parce qu’y a que ça à faire… Fort bien !), les tentatives de Geneviève et son fils endetté pour gagner un procès perdu d’avance contre ta collègue, les plaintes injustifiées de familles un peu trop présentes, le racisme des résidents « S’ils embauchent plus de noirs, c’est parce qu’ils les payent moins cher », les familles qui spéculent sur toi devant d’autres résidents que leur parent, et j’en passe…

A mon grand soulagement, et c’est aussi pour ça que depuis plus d’un an, je ne suis pas encore partie, il y a des personnages beaucoup plus sympathiques : Marthe, à l’instant où j’entre dans sa chambre, son visage se pare d’un large sourire et ma journée n’en est que plus belle : « Mais c’est Beroy ! ». Raymonde fait la différence, toujours la bonne blague qui lui tarde de divulguer « Dis t’aurais pas quelqu’un à me présenter, je cherche un amoureux ! ». Jeanne, elle est plutôt discrète mais quand on gagne sa confiance, c’est quelque chose qu’il ne faut pas perdre : « Vous me rappelez moi, à votre âge ». Denise faisait la distribution des bonbons à l’entrée de chez elle pour tout membre du personnel. Yvonne qui se croit parfois en l’an 40, brandissant sa canne et qui lance un *pan*, puis amusée, vous en riez avec elle. Denise nous invitait à venir regarder les Feux de l’Amour avec elle tous les matins. André, fan de Star Wars à 87 ans, reconnaît les références que tu lui sors. Jacqueline n’a de cesse de répéter, à chaque fois que l’on croise sa route, qu’elle a de la chance de nous avoir. Thérèse était tantôt heureuse, tantôt énervée de voir ta figure, mais moi elle me faisait toujours sourire avec ses histoires absurdes (spécial guest : Alzheimer). Monique et son humour en dessous de la ceinture n’échappait à personne, enfin c’est surtout elle qui assimilait tous les sous-entendus qu’elle pouvait entendre.
Encore heureux que la sagesse a du bon et qu’elle vous fait part de son expérience pour mieux appréhender l’avenir. Et pourtant, ils n’ont pas su prédire ce qui va suivre.

Lorsque pendant votre entretien d’embauche, vous ressentez le désespoir dans les yeux et la voix de celle qui sera votre cadre, n’attendez même pas plus longtemps, tournez les talons et rentrez chez vous. Le premier guignol qui passe fait l’affaire et est embauché sur le champ, y a de quoi se poser des questions et posez-vous les bonnes. Si tantôt comme moi, vous n’avez pas encore compris le piège et que vous vous laissez berner convaincre par ses… euh… ben ses… en fait, je ne sais pas par quoi on peut se laisser convaincre. Moi aussi, j’étais dans le désespoir à vrai dire. Enfin bon passons sur mon état de faiblesse ! Je disais donc que si on se laisse avoir par la douce voix rassurante, les avertissements, la compréhension de cette femme, il n’en reste pas moins qu’une fois que vous portez votre blouse (de remplaçante depuis plus d’un an, soit dit en passant), vous n’êtes rien de plus qu’un vulgaire pion parmi les autres. Votre nom, oublié. Votre fonction, effacé. Vos efforts, jamais notés. Votre dignité au placard. Par contre votre loyauté doit être vue et entendue de tous, même si vous ne partagez pas les valeurs de votre direction, mais nous y reviendrons.

Je vais vous dévoiler les absurdités que j’ai subi et sur lesquelles j’ai fermé les yeux pendant plusieurs mois avant que je n’explose. La première personne à qui j’ai eu à faire quand je suis entrée dans cet établissement, c’est notre cadre bien-aimée, non, c’est une infirmière coordinatrice. Je vous ai déjà raconté mon entretien d’embauche, ben voici la suite de l’aventure. Une femme incapable de sortir un « bonjour » pour quiconque de son personnel ou peut-être pour ses favorites. Je lui ai attribué des circonstances atténuantes (surdité, négligence, attention, mutisme, cécité,…), j’ai été gentille de le faire jusqu’à ce que ce jour arrive… Je me suis retrouvée à l’accueil, et je n’avais pas encore vu cette femme de la journée. Nous nous retrouvons face à face. Nous sommes à 2m l’une de l’autre. Je lui dis « bonjour ». Elle me regarde, je la regarde, elle me regarde, je la regarde toujours. Elle regarde la secrétaire et continue de parler avec elle. Non mais dans quel monde ta supérieure se permet de même pas t’adresser un simple « bonjour ». Ça ne signifie pas avoir de la sympathie, ni même du respect pour moi. Y a qu’à voir combien je lui en ai adressé avant de me rendre à l’évidence.
Outre cette amabilité légendaire, on notera également que lorsque l’équipe infirmière se trouve surmener de travail en pleine épidémie de grippe, en sous effectif tous les jours, et à faire le travail de 3 personnes parce qu’il faut repasser derrière les dernières recrues pour être sûre que tout tourne (je n’accable surtout pas les jeunes arrivées, j’en fus et c’est pas évident !), eh bien, la cadre ferme les yeux pour ne pas s’en rendre compte et avoir une excuse pour ne pas avoir réagi. Bravo l’artiste ! Quelle belle comédie !
C’est pas fini ! Comme elle-même est surmenée à faire des plannings qu’un logiciel pourrait effectuer mieux qu’elle, il faut qu’elle délègue des responsabilités comme gérer l’oxygène, les compléments alimentaires, suivre les isolements (air, fécal, urinaire,…), gérer la réserve de matériel. Reparlons en des plannings ! Deux infirmières sur le même poste, pas le bon nombre d’agents pour faire tourner l’ehpad, aucune visibilité sur plus d’une semaine. Et la plus belle boulette que j’ai subi : j’ai enduré un vendredi à deux infirmières au lieu de 4 habituellement, j’ai assuré le week-end avec ma collègue à deux infirmières (comme tous les week-ends, pour avoir plus souvent de libres) et j’ai encore supporté une coupure de 10h le lundi (car nous étions trois au lieu de quatre). Ça paraît peut-être bénin comme ça, mais cette situation aurait pu être gérée. Quand la cadre a accordé son vendredi à ma collègue, car elle l’avait demandé (mais sa surdité n’est surement pas une circonstance atténuante en fait, mais bien réelle), celle-ci n’a pas cru bon de regarder qui allait en pâtir. Même si les soignants qui subissent le plus cette incompétence, nous essayons que ça ne déteigne pas davantage sur les résidents.
Comme si ce n’était pas suffisant que la hiérarchie nous mette des bâtons dans les roues, il faut en plus qu’ils soient dénués de toute humanité. Où avez-vous vu que l’on ne prévient pas quand on ne vous renouvelle refait pas signer un nouveau contrat. Il n’y a pas de renouvellement, sinon on doit vous proposer un CDI, alors dans la fonction publique, on te propose un nouveau contrat d’un mois pendant maximum 6 ans pour ne pas te payer de congés et bien d’autres avantages…

Toutes ces incongruités ne sont peut-être encore rien à côté de ce qui vient. On peut remonter plus haut, en vue de la hiérarchie. C’est un directeur d’un niveau d’incompétence record que je m’apprête à vous présenter. Outre son comportement d’un espièglerie légendaire, bien loin de celui d’un dirigeant d’établissement tel qu’un ehpad, il a su se mettre dans un cul de sac, tout seul, comme un grand, bravo mon mignon !
Au retour d’une infirmière titulaire dans quelques mois, il a été dit à une réunion d’équipe que deux infirmières intérimaires seraient licenciées (« Ouais, vous nous honorez de plus vous foutre de notre gueule, somme toute ?! C’est bien formulé de votre part, bien joué ! »). Cette décision serait prise à l’aide d’entretiens de connaissance sur le fonctionnement du CCAS (dont dépend l’ehpad), devant un jury forcément. Personnellement, je ne comprends pas bien encore pourquoi il faut départager entre quatre infirmières qui sont là depuis respectivement trois, deux, un an et la dernière 3 mois (comme infirmière, mais cinq ans comme inf’). Fort bien ! Bon, je me mets à refaire mon CV au cas où, mon doux nom sorte de leur cavité buccale ou d’ailleurs avant l’heure. Il n’a pas fallu attendre plus de trois semaines pour que mon nom sorte dans une phrase où il figurait également des mots comme « pas renouveler », rapporté par une chère collègue (aucun sarcasme ici). Le directeur a dit à deux de mes collègues que la décision était déjà prise avant les entretiens et que MOI, je ne serai pas retenue. Evidemment, je suis immédiatement allée le voir, une fois que tout cela m’est parvenu.

Moi : « Bonjour, j’ai appris qu’apparemment je n’avais pas la même chance que tout le monde et que je n’allais pas passer d’entretiens. Vous pouvez m’en dire plus ?
Lui : – Oui. En effet, vous comprenez, il faut se positionner, il faut faire des choix.
– Mais je comprends pas pourquoi c’est mes collègues qui me l’apprennent. Je suis la première concernée par ce genre d’informations. Vous trouvez ça normal ? Il avait été dit que toutes les intérimaires auraient un entretien et là deux semaines plus tard, ça change. Accordez-vous sur une version à donner à tout le monde !
– BeeEEEeeeeen évidemment que non c’est pas normal ! Mais c’est ce qu’elles en ont déduit de ce que j’ai dit. Et puis bon… S’il a été dit que vous auriez un entretien, vous en aurez un.
– Visiblement, elles en ont déduit juste ou que vous en avez trop dit… Je vois pas bien l’intérêt de me dire que j’aurai un entretien, vu que votre décision est déjà prise…
– De toute façon, je ne vous ai pas nommé.
– Si.
– C’est ce qu’elles vous ont dit ?
– Oui, c’est si dur que ça de dire la vérité ?
– Après tout ça, vous vous basez sur ce qu’elles vous ont rapportées. Et puis vous savez, vous êtes actuellement en situation de concurrence chacune. Elles vous ont raconté ça pour vous déstabiliser.
– Je vous arrête tout de suite. Y a aucune concurrence entre nous. Ca ne change (pour ma part) en aucunement ma façon de travailler. Et je ne comprends pas votre argument expliquant que cela m’a été rapporté pour me déstabiliser et justement jouer la concurrence, alors que ma collègue n’avait qu’à se taire pour je n’en sache rien et voir une rivale déjà loin. »

En gros voilà, un bel échange !

Ne me laissant pas démonter, j’ai saisi le syndicat pour faire valoir mes droits. J’ai obtenu une réunion avec la directrice du CCAS pour dénoncer ces pratiques. J’ai eu l’honneur d’aller dans son bureau deux mois après ces événements. C’est dire à quel point, ils sont pressés. Le directeur était présent, nous avons reparlé de l’incident avec ce dernier (car il m’était toujours en travers de la gorge).
Au final, je n’ai jamais vu autant de mauvaise foi se dégager de quelqu’un. Elle a tenté de me faire croire que MOI je m’étais laissée berner par mes collègues qui m’auraient menti pour m’évincer de la concurrence. Je vous avoue avoir été faible et fatiguée depuis tout ce temps que je me battais pour mes droits pour continuer à arguer un raisonnement normalement ficelé et que me voilà face à un mur suintant l’immoralité.

Je retiendrai ta sénilité Marcelle, ta douceur Jeanne, ton dernier souffle Marie-Thé, ces fous rire mes chères collègues, les urgences de Nelly, les danses de Jeannine, les appels des familles inquiètes, ces personnes âgées délaissées pour qui nous sommes la seule famille qui leur reste.

Mes chers petits vieux,

La fin avec vous, ce ne sera pas une fatalité.
J’ai fait mon possible jusqu’au bout pour chacun d’entre vous,
J’ai tiré ma révérence plus vite que je ne le voulais, mais il le fallait.

Bien à vous.

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L’art comptant pour rien

Mes yeux saignaient à en remplir le tonneau des Danaïdes.

Les heures défilaient aussi vite que l’intrigue avance dans le chef d’œuvre de Stephenie MEYER. Mes yeux ne demandaient qu’à se clore pour ne plus jamais s’ouvrir devant un spectacle aussi affligeant que celui qui s’offrait à moi. Mes oreilles gagnaient davantage en surdité dès lors que les individus alentours ouvraient leurs lèvres pour en extraire des mots formant des phrases sans queue ni tête. Mes doigts n’effleuraient plus que la couverture des catalogues ornés d’images et de typographies présentant la société, qui devait être distribués à la populasse qui s’égarait en ce lieu étrange qu’est le salon des arts contemporains.

Mon odorat n’est pas en reste. L’odeur se dégageant des individus des peintures fraîches agresse mes sinus presqu’autant qu’Hitler avec… que… Skippy vous spammant de sms à votre réveil. C’est vous dire à quel point, c’est agréable (Non je ne voulais pas franchir le point Godwin en deux paragraphes). Quant à mon goût… C’est certainement la seule chose qui tienne la route en ces lieux inhospitaliers : la nourriture. Oui c’est triste à croire, je le conçois.

Vu la sobriété, on se demande où sont passés les artistes

Encore une fois, je vais vous dévoiler toutes les bonnes raisons pour ne pas vous aventurer (accompagné ou non) dans un espace aussi peu propice à la culture artistique aussi excentrique soit-elle. En effet, c’est un lieu d’égoïsme et d’onanisme intellectuel si tantôt le terme relatif à l’intelligence est bien approprié. Chaque exposant est persuadé que les deux taches… C’EST TOI LA TACHE ! (Qui a écrit ça ? Dénoncez-vous !). Les deux taches qui se battent en duel  font donc de la toile une œuvre d’art qui selon les dires de l’imposteur du peintre se vend à un prix comptant quatre chiffres. Rien que ça !

Et après les artistes se plaignent que leur métier est difficile ! Il n’est rien de plus à ma portée que de tirer mon coup trois traits sur une toile et ainsi faire ressortir toute la créativité qui alimente mon esprit dérangé ou toute la force que j’ai mis à tracer quelques lignes colorés afin de mettre en avant mon ressenti quant à la période difficile (Oui les artistes sont toujours torturés) que je traverse actuellement, le tout pour la modique somme de quelques milliers d’euros.
Mais vous n’êtes pas célèbres et renommés à travers le continent ? Donc en quoi les quelques grammes de peintures qui garnissent la toile et le support se voient honorés d’un prix aussi astronomique ?

Et laissez-moi vous dire que ce n’est qu’un début par rapport à toutes les aberrations que j’ai croisé dans les allées du salon et on en voit du beau monde à force d’arpenter d’un pas las tous les stands : « Ce que je fais, vous ne le verrez nulle part ailleurs ! » (Haha ! Jeu de mots ? Émissions TV ? Rire ? Calembour ? Lol ? Humour ? Encule un mouton…). D’une part, certes, il y en a beaucoup dont on ne peut pas dire qu’ils imitent autrui, cependant vous n’avez pas inventé l’eau chaude non plus, mais bon ça je le garde pour moi, hein ! Les artistes sont sensibles aux vexations, alors on apprend à ne pas dire ce qu’on pense quand on ne vous le demande pas.

« C’est moi qui suis à l’origine de cette technique, c’est tout nouveau, c’est pour cette raison que ça choque les gens quand ils passent devant ! Oui je le sais parce que je sais tout en fait… », faux ! Cette technique a été étudiée au préalable et j’ai exprès fait mes recherches sur le net pour m’en rendre compte, il n’existe que quelques nuances mais l’idée est là et c’est toujours l’idée qui compte, donc… Et si vous pensez que les gens sont choqués en passant devant, je remettrais en question mes talents lacunes plutôt que le goût des visiteurs quand tous font la subtile remarque : « C’est particulier… », autrement dit : « Ça ne me plaît pas… » ou plus vulgairement : « C’est dégueulasse ! ». Mais voilà, ça encore vous le mettez au plus profond de vous-même pour vous épargner quelques différents avec autrui.

En parlant de ça, je vais vous expliquer ce qui fait que vous me retrouveriez dans pareil endroit, c’est tout aussi absurde que l’École Estienne d’ailleurs, soit dit en passant…
Si j’ai eu la chance de testé par trois fois le salon des arts contemporains à Paris, c’est grâce à un homme. Il est vrai que faire les salons me dépannent bien pour amasser des sous et ainsi remplir mon gosier de liquide alcoolique (Roooh je vous vois venir, crapules ! Ne me dîtes pas que vous ne le faîtes pas aussi ! Oui ? Bien, reprenons dans ce cas).
Alors je vais vous introduire le personnage par quelques extraits de conversations pour vous montrer comment la mythomanie est reine en ce lieu malfamé.

Attention j’envoie du lourd !

Visiteur : « Bonjour, en fait vous présentez plusieurs artistes, c’est bien ça ? »
Lui
 – Oui tout à fait ! Je suis M. *biiiiip* (faux nom, il donne celui de la société) et voici ma nièce (moi) »

Ha bah je suis heureuse de l’apprendre, je ne savais pas, merci ! D’autant plus que quelques minutes avant, il me disait « Si on te demande, tu dis que tu travailles pour la société… ». Où est l’intérêt de cette mythomanie ? Si ce n’est le plaisir de mentir pour… bah pour rien en fait… Raaaah ça me dépasse !

Encore un exemple ?

Visiteur : « Oh ! C’est amusant, on dirait qu’il s’est inspiré de tel peintre, non ?
Lui
Ha non, non ! C’est pas possible, ce qu’il fait c’est unique et ça n’a rien à voir avec untel !
Visiteur
Ha oui ? Vous trouvez… C’est curieux quand même, c’est la même idée et le même esthétisme.
Lui
Non non, vous vous trompez. Untel il fait pas ça lui.
[Le visiteur s’éloigne et l’homme vient à ma rencontre, alors que j’ai tout entendu]
Lui
Tu connais toi tel peintre ? »

Les frères Bogdanov, eux, ont reconnu avoir le menton de Popeye

Non mais sérieusement ça ne vous blase pas d’entendre des choses aussi saugrenues ? Soutenir le contraire d’une affirmation alors qu’on n’en sait pas plus sur le sujet. Ce doit une sorte de troll, je ne vois pas d’autres alternatives, pour faire preuve d’autant de mauvaise foi ! [Je rappelle pour les plus jeunes qu’il n’est pas grave de poser des questions ce qui traduirait certes votre ignorance sur la chose mais qui vous cultiverait pour la prochaine fois]
Après réflexion, ce doit être un grand enfant en fait ! D’autant plus que j’ai fait mes recherches (Et oui encore !) sur la chose et le référence du visiteur a tout à voir avec ce que nous exposions !

Autre chose :

Lui : « On ne le présente pas cette fois, mais on a un autre peintre qui utilise une technique au tube. Tenez voici le catalogue le présentant…
Visiteur
 – Ha bah oui c’est vous sur la photo ! »
Lui
 – Non, non c’est mon frère jumeau. Mais j’en ai marre qu’on nous confonde alors je dis que c’est un peintre. Il est à une expo en Espagne en ce moment… »

Vous l’aurez bien compris : il n’a pas de jumeau et encore moins de frère, fort heureusement… Alors oui moi aussi, je m’interroge. Aurait-il honte de reconnaître ce qu’il peint ? C’est triste de ne pas assumer ce qu’on fait. D’autant plus que je l’entends dire à notre arrivée : « Je sais pas ce qu’on fait ici, sincèrement. N’importe qui ici ne nous arrive pas à la cheville au niveau du talent de la peinture ». Vous voyez le profil ? Complexe d’infériorité ? Nul ne le sait et quand bien même je lui poserai la question, je me ferai envoyer bouler à l’autre bout du chapiteau avec mon gabarit de crevette.

D’ailleurs il n’y a pas besoin d’user de provocation pour vous prendre en pleine figure des réflexions non méritées.
Je vous mets en situation : vous êtes dans la voiture tranquillement avec Lui. Tout à coup, sans transition avec le précédent sujet, il vous demande comment vont les amours en ce moment. En soi, ce sujet est Ô combien barbant quand on a rien à dire… Mais c’est davantage chiatique quand votre interlocuteur ne lâche pas l’affaire et renchérit en vous sortant un bon : « En tout cas, t’as pas intérêt à en retrouver un comme le précédent là ! Et puis aussi cet autre-là, de toute façon *biiiip*, il t’a jamais aimé lui… »
Allez BOUM ! Prend toi ça dans la gueule, c’était gratuit ! Pardon ? Après une journée aussi accablante, vous croyez réellement que je vais laisser passer une telle offense ?
Il s’en est suivi une discussion de quelques minutes et un débat sur l’amour et les relations en passant par la définition d’une leçon que l’on donne à quelqu’un ainsi que sur l’exploitation du système, allez savoir pourquoi… Je ne sais plus, tout ça a été très vite et tant mieux parce que vu la profondeur du débat, il valait mieux qu’il soit abrégé au plus vite par un léger : « Quand on a échoué avec trois femmes, je pense que l’on n’a pas de leçon à donner… ». Bref, concis et cinglant !

Ambiance ambiance !

J’ai le souvenir qu’aux salons précédents c’était pareil, il n’était pas rare d’entendre cet individu dire aux voisins de stand que les peintures alentours n’avaient rien pour plaire. En revanche, la sienne et celle du second protagoniste devraient se faire arracher par tous les passants, tant l’harmonie des couleurs et la recherche du travail était poussées à un tel niveau d’expertise que cela touchait des plafonds jamais atteints par quiconque. Oui rien que ça !
Non mais ce n’est pas fini ! Ensuite mon responsable revient vers moi au stand pour me dire que l’on n’a rien à envier au voisin quant à ses œuvres. Bon très bien, mais c’est pas ce que tu disais y a deux minutes Coco, mais ça je le garde pour moi.
Et puis le soir, on est de nouveau copain parce que voisin propose gentiment du vin, haaa bah ça ! Ça ne se refuse pas. Comme c’est habile de retourner sa veste dans les moments les plus opportuns. Je le prends comme référence puisque je puis observer ce qu’il se passe à notre stand, mais en réalité, chacun des exposants fait de même. L’hypocrisie règne en maîtresse sur les lieux !

Mais voilà, ce ne serait pas divertissant si je ne m’arrêtais qu’à ces individus, car si ces derniers m’ont presque rendue folle (Ne vous enflammez pas, j’ai dit « presque ») de par leurs discours, il n’en reste pas moins que j’ai longuement hésité à me crever les yeux pour ne pas subir les débordements imaginatifs de nos amis les artistes.

Non mais sérieusement, qu’est-ce qui vous empêche de ne pas partir en courant quand vous croisez quelqu’un qui porte un collier avec en guise de pendentif un morceau de pain ? Je… Enfin ce n’est pas moi qui divague et qui aie quelques soucis quant au bon sens de ce « bijou » ? C’est… Enfin… Mais… Je comprends juste pas !
Moi aussi ça m’arrive souvent de me dire que je vais finalement me promener à l’école avec mon garde-manger accroché à ma taille et puis qui sait, je vais sûrement lancer une nouvelle mode pour les ceintures. Après tout, certaines ont commencé à se mettre des bonbons comme boucle d’oreille, alors après tout pourquoi pas !

Incontestablement, Lady Gaga est donc une artiste !

À peine vous vous remettez émotionnellement de ce que vous venez de croiser qu’une bonne femme s’avance vers vous, vêtue de manière fort grotesque (Et encore… Ceci est un euphémisme, si vous voyez ce que je veux dire). Enfin bref, donc un individu drapé d’une jupe rose à pois noirs fait quelques pas vers moi en me décochant un sourire des plus hypocrites. Vous sentez bien que tout ceci n’est pas anodin, que l’on va soit vous parler du temps (ça serait intelligent étant donné que nous sommes sous la tente), vous proposer des herbes aux effets bénéfiques et étourdissants (ce qui n’est pas bien étonnant en ces lieux), soit cette personne va tenter de vous faire adhérer à son point de vue en vous lançant une phrase des plus banales « Y a de très belles choses cette année ! », oui bah écoutez, si par là, vous essayez de me faire dire que j’aime ce que vous exposez… Bah désolée de vous décevoir…
Cependant, je suis de bonne éducation ! C’est pourquoi, je garde pour moi le fond de ma pensée. Et puis je ne vous ai pas encore relaté ce qui m’a forcé à changer mes verres de lunettes faute d’une baisse de ma vue assez considérable ! Je cherche encore à quoi cela a-t-il pu être dû…

Au fur et à mesure de mon avancée dans les allées de l’exposition, les peintures, les sculptures et autres agayons se métamorphosaient de paysages en portraits avec plus ou moins d’imagination, plus ou moins de techniques, mais surtout et essentiellement plus ou moins de talent ! (Bien que le « moins » l’emporte sur ce dernier point)
Vous pouvez admirer sur votre droite ces magnifiques toiles où l’on sent bien que l’artiste a fait ressortir toute sa colère, alors que là c’est la joie que l’on observe. Oui bah y a juste deux taches sur deux toiles distinctes, y a pas de quoi fouetter un chiard chat… M’enfin moi je dis ça, je dis rien… BAH FERME TA GUEULE ALORS ! (Laissez ce clavier tranquille, je vous prie !)
Vous poursuivez votre avancée au péril d’une cécité irréversible, quand tout à coup, vous avez la surprise de vous retrouver devant une technique peu commune : la peinture utilisée semble vieille et endommagée. Les autoportraits ne sont cependant pas désagréables à l’œil, mais quelque chose paraît hors du commun, c’est alors que je lis la biographie de l’artiste « Peinture : faite à partir de mon sang dilué avec de l’eau ». Rien que ça ! Alors oui d’accord c’est original et tout ce que vous voulez mais qui veut se retrouver avec du sang sur une toile chez soi ? J’espère pour vous que vous n’êtes pas un meurtrier amateur de peinture, sinon vous êtes comme qui dirait « dans la merde ». Le pire est peut-être pour les vampires, sans cesse à vouloir sucer une toile, c’est dommage de signer un chèque à quatre chiffres pour ensuite lécher une toile dont le motif sera altéré avec le temps.
Mais bon, nous ne faisons pas partie de ces sous-genre de l’espèce humaine (Les meurtriers pas les vampires, enfin surtout les artistes en fait, bref j’me suis embrouillée ! Interprétez comme bon vous semble)

Je croise sur la route des encadrés représentant des individus, j’espère seulement que ce n’est pas réalisé selon un modèle, sinon je m’interrogerais un peu sur mes proportions après avoir infligé un revers de pelle à celui pour qui j’ai posé.
Certains doivent prendre des substances illicites pour faire apparaître des choses pareilles sur leurs toiles, des proportions aussi peu réalistes, la notion du beau perd tout son sens ici bas, comme c’est triste. Je ne sais même plus si mes yeux se remplissent de larmes tant tout cela me pique les yeux ou si je suis tout bonnement triste de voir pareil massacre des réalités.

« T’as pas la fibre artistique, tu peux pas comprendre, c’est tout !
Ha bah écoutez, j’en suis bien heureuse parce que pour me planter autant dans les proportions, faut avoir un sacré compas dans l’œil, voire dans les deux. Ha oui ! Question ? Si votre jupe traîne jusqu’au sol c’est pour vous prendre pour une reine du pinceau ou vous tentez de camoufler que votre modèle vous a pété les rotules après avoir vu ça ? »

Voilà pour ce qui est des exposants, ce sont des gens très ouverts, c’est fort sympathique de parlementer avec eux, si si je vous jure !
Je dis ça, mais les visiteurs ne sont pas en reste, oh que non ! Je ne compte même plus combien sont passés devant le stand sans même vous adresser un mot, un sourire pas même un regard, alors que vous venez de leur décocher un « Bonjour » des plus cordiaux. Malheureusement vous n’êtes pas en mesure de réagir à une pareille insolence puisque comme je le disais au préalable, nombreux sont-ce qui s’égare en ces lieux et vous ne voulez pas faire de mauvaise pub à votre stand.

Si certains n’en ont rien à faire de vous, d’autres viennent de leur plein gré à votre rencontre pour en apprendre davantage sur les techniques utilisées et c’est toujours agréable de se sentir utile pour renseigner autrui sur ses interrogations.
Toutefois, certaines questions me laissent perplexe :

« Et ce soir, vous fermez à quelle heure ?
On expose jusqu’à 20h, monsieur.
Et c’est quoi votre nom ?
Nous sommes une agence en réalité, nous faisons du mécenat d’art. *Biiiip*, c’est le nom de l’agence et…
Non mais votre prénom à vous ? »

J’ai bien dit « agence » tout court, pas « agence de rencontre ». Parfois il existe des moments où l’on bugue tant la fatigue nous envahit devant les réflexions de certains, c’était ce moment-là précisément !

Je vous laisse libre de vous égarer en ces lieux. Vous y découvrirez encore bien d’autres choses dont j’ai certainement (à mon grand soulagement) été épargnée. Si votre curiosité vous pousse à vous faire votre propre opinion, il ne tient qu’à vous de vous y rendre par vos propres moyens du 20 au 24 juin 2012, place Saint Sulpice à Paris.

Je ne vous souhaite que bonne chance, vous verrez que l’on peut assurément être fier de son art et ainsi content pour rien ! (Jeu de mot ? Calembour ? Humour ? Encule un mouton… Non toujours pas ?)


I got a hangover, I’ve been geeking too much for sure !

Je ne l’explique toujours pas.

Cet altruisme, qui m’habite, ne me perd guère et me pousse à apporter aux autres cette aide réciproque que je convoite tant également. Il arrive par moment de se retrouver dans des situations toutes plus grotesques les unes que les autres (que ce soit de votre plein gré ou pas). Vous les connaissez bien ce genre de situations où vous vous imaginez que les choses prendront une certaine tournure agréable en fonction de ce qu’on vous a décrit, mais voilà que cela tourne plus ou moins à un cauchemar. Cependant une interrogation perdure : comment ?
Pour les curieux, la question sera : comment en être arrivé là ? Pour les plus entrepreneurs : comment s’en sortir ?

Situation :
Sujet – Vous (greffez-vous un vagin pour pouvoir poursuivre l’expérience)
Signe distinctif – En possession des clefs de la nourriture
Adversaire – Une armée d’hommes (enfermés depuis de longues heures à jouer à la guéguerre avec des playmobils figurines pour adultes que seuls eux peuvent manipuler)
Signe distinctif – Affamés (bah oui, ce sont des hommes quoi…)

Voilà : c'était à peu de choses près, ça. Cependant vous remarquerez, ici, le civisme de ces braves bêtes. Croyez le bien, ce n'est pas donné à tout le monde

Vous voyez le topo ? Mais que faire alors ?
D’autant plus que la patience de certains laisse tant à désirer qu’elles devraient se solder par un peu d’anthrax dans les sandwichs correspondants. Quant aux remarques d’autres, telles que « Femelle ! », leurs orateurs se sont vus infliger un revers de pelle qui leur demandera de refaire leurs papiers officiels pour ne pas être soupçonnés de fraude.

Mais comment en suis-je arrivée là ?

(Plus tôt en mars)
« Allo ?
Allo oui ! C’est pour savoir… J’organise un tournoi de Warhammer tel week-end et je voudrais savoir si tu serais dispo pour l’orga ?
Je serai payée ?
Non, enfin bouffe gratuite quoi… et unlimited boisson…
Okay, je marche ! »

Oui il m’en faut peu, de la nourriture et je suis heureuse ! Mais vous pouvez tout aussi bien essayer les bijoux, les fleurs, les soins, des tunes, les jeux vidéo (bien sûr que oui !), tout fonctionne ou presque ! Vous verrez plus bas ce à quoi certains joueurs sont prêts tant ils pensent pouvoir impressionner à partir d’une armée ou d’attitudes dignes des plus grands gentlemen.

Vous n’avez jamais osé vous introduire dans l’univers de ce que vous appelez plus communément les geeks, nerds ou autres freaks plutôt que joueurs de Warhammers ? Je vais vous expliquer ce à quoi vous échapper, petits veinards ! Vous ne remercierez jamais assez votre bonne étoile de vous avoir épargné ce spectacle.
Avant de vous éclaircir sur ce que vous auriez subi vécu à un tournoi, je vais tout d’abord vous expliciter ce que sont les Warhammers.

Warhammer est un monde imaginaire dans un univers médiéval fantastique qui sert de cadre au jeu de figurines Warhammer Battle. Tristement Par la suite, on verra se créer également un jeu de rôle correspondant. Les fondateurs de la société Games Workshop ont commencé dans ce domaine du jeu avec Donjons et Dragons et ils ont créé la première entreprise d’édition de jeux de rôle en Europe. Mais l’univers trop « naïf » (Ho bah tiens ! « Enfantin » passe aussi) et voulant jouer à une échelle plus importante (L’argent, toujours l’argent… Et le plaisir du j… Ha ! On me dit que ça n’existe plus, au temps pour moi !), ils ont inventé un « jeu de guéguerre » (wargame) qui a connu un succès sans précédent : Warhammer Fantasy Battle.
De nombreux peuples se partagent les territoires du monde de Warhammer. La plupart d’entre eux sont des humains originaires du Vieux Monde, d’Arabie, de Norsca, de Nippon, de Cathay etc. Il existe également de nombreuses autres races non humaines ; certaines sont proches des humains biologiquement (Cullen-vampires, ogres, halflings) ou physiquement (elfes et nains). D’autres races sont totalement à part, comme les races peaux-vertes (orques, gobelins ou Dipsy), les skavens, les hommes-lézards, les pandas-mammouths ou encore les Janclod-Vandam… Mais que c’est original, dîtes-moi !

Vous avez devant vous près de 300€
Oui les geeks sont de bons partis, reste à leur apprendre comment dépenser leur argent...

Bien bien bien ! Donc si je synthétise toutes ces brèves explications : cela consiste à tatane son adversaire à l’aide de ses poupées « gurines » (Comme on dit dans le milieu. Oui parce qu’une syllabe de plus et ça fait tout de suite moins « cool »), avec une pseudo stratégie qui se base sur l’un poutre le second qui joue la planque… J’exagère à peine ! Un peu brainless tous ces jeux désormais, m’enfin ça occupe les mômes les samedis après-midi plutôt que d’appeler au secours la baby-sitter, qui a autre chose à faire, comme élaborer un plan pour quitter l’École Estienne à titre d’exemple.

Donc vous voyez un peu le milieu maintenant. Laissez-moi vous conter ce week-end, riches en rebondissements :

Tout commence par un vendredi soir. Votre semaine s’achève, aussi épuisante soit-elle vous devez quand même aller chercher des tables de l’autre côté de Paris pour installer les terrains des batailles. Par chance, je n’ai jamais eu à m’occuper de cette partie de l’organisation (ma bonne étoile veille sur cela mais apparemment se fiche pas mal de l’école dans laquelle j’ai atterri).
Les événements se poursuivent le lendemain (Le samedi, tout le monde suit ?). Au petit matin, à 8h00, vous êtes déjà dans la salle du tournoi et postez derrière le bar prêt à servir en café tous les joueurs qui se présenteront à vous. En moyenne, on compte une trentaine de personnes, dont 5 à 7 drogués au café, donc la fréquence est relativement haute jusqu’à 9h.

Le café est à un joueur de Warhammers ce que l’héroïne est à un drogué, c’est pour cela qu’on leur sert avec des perfusions, d’ailleurs. Vous avez tout intérêt à ne pas vous lasser de répéter sans arrêt la même chose quand une cafetière sera en préparation : « Non le café n’est pas prêt, revenez plus tard… », puis « C’est en cours, repasse après… », ensuite ce sera : « Pas encore… » et vous finirez par faire un signe de la main élevant votre doigt central, quand le même protagoniste fera sa énième apparition en moins de 10 minutes.
[Si la machine n’a toujours pas fait son travail, alors que vous pressez consciencieusement le bouton « marche », pensez à regarder si elle est branchée, ce pourrait résoudre quelques soucis.]

Une fois que vous avez chargé les batteries de vos guerriers, vous aurez la tâche importante de vérifier si vous avez de quoi tous les rassasier ce midi. Oui parce que les fois précédentes, il est arrivé qu’il faille sacrifier certains individus (À tout hasard, ceux de l’orga ? Bien vu chenapans…), suite à une erreur du boulanger dans le nombre de demie-baguettes. Il arrive qu’un mauvais calcul du nombre de tomates, de tranches de jambon ou de fromages utilisés le premier jour soit source de quelques ennuis pour le repas du lendemain, mais ça reste une bagatelle :

« On fait quoi du coup ?
Tu garnis moins… »

 Oui, bah oui normal… M’enfin ça reste élémentaire et puis le pain et la sauce gavent tellement qu’ils ne se rendent compte de rien (Diable que c’est fourbe !). Il subsistera une légère différence entre la garniture de la veille façon « grec » et celle du jour façon « somalienne ».
Juste après votre cuisine, vous avertissez master geek (généralement celui au micro) que vous n’attendez plus que le signal pour nourrir les morfales de toute cette nourriture concoctée avec amour vitesse et précision. Vous le savez que ce sont des morfales puisque d’une part ce sont des hommes et d’autre part à l’annonce des sandwichs prêts, une horde d’orques s’est jeté sur le bar et c’est à ce moment-là que se déclenche un flash-back dans les films Ô combien prévisibles où vous vous revoyez faire preuve de bonne volonté en voulant venir en aide quand on vous le demande tout ça pour quelques chips et des sodas en canette.

Vous tentez tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs) à réunir tout ce qu’il faut à un individu (à savoir : sandwich, chips et boisson) tant vous n’entendez rien puisque le grossier personnage qui se cache derrière lui n’a de cesse de faire des jeux de mots graveleux quant à votre rôle derrière le comptoir : « Allez femme, à boire ! ». Comme c’est plaisant !
À mon grand soulagement, de preux jeunes hommes chevaleresques lui bouclent les lèvres, de façon que je n’aie pas à le faire moi-même pour ne pas abîmer mes mains si délicates.

Accessoire indispensable pour mettre un terme rapidement aux conversations indésirables

Vous n’êtes pas encore au bout de vos peines. Oh que non galopins !
Quand ces jeunes hommes de bonne éducation viennent à vous pour quémander la nourriture payée au préalable, il arrive que certains vous réclament un sandwich, tandis que l’on vous a transmis une liste où chacun a déjà dit ce qu’il désirait. Or en vérifiant sa demande orale et celle que vous avez sur la liste, cela ne correspond pas. Ho bah c’est bien dommage tout ça ! Ces hommes sont capables de se souvenir de toutes les caractéristiques de leur armée, de chaque tactique à élaborer selon l’avancée de l’adversaire, mais alors savoir si on a choisi sandwich, hotdog ou pain bagnat… Alors pour ça, y a plus personne…

Bon mais, faisons fi de leur mémoire sélective, attachons nous plus à leurs bonnes manières.
Au terme du repas aussi frugal fut-il, vous aurez la surprise de faire face à une montagne de déchets, mais le plus beau reste que ces ordures (Les déchets ou les hommes ? Raaaah j’hésite encore…) demeurent sur les tables. Ha bah oui ! Vous vous attendiez à quoi ?

« Heu… Master geek, tu peux dire au micro, qu’il n’y a pas de bonnes pour jeter les ordures, merci. Ha ! Le micro est allumé, bah le message est passé plus vite alors, c’est bien ! »

Je ne ferai pas d’une tablée, une généralité mais si les choses n’avaient pas été mises au clair pour les premiers à quitter leur place, je ne donnerais pas cher de la propreté des lieux quand tous seraient sortis. En fait on pourrait dire que les miettes amassées au balais sont inversement proportionnelles à tout ce qu’on peut trouver de cohérent dans les films avec Nicolas CAGE.

Bon je ne sais pas vous, mais moi je suis lasse de leur humour aussi léger et subtil que le scénario de Chronicle, c’est pourquoi je n’ai pas daigné répondre à un joueur quand celui-ci m’a interpelée pour me demander : « Mais en fait… Tu fais quoi toi ici ? ». Je ne prépare que la nourriture, je ne fais que ranger derrière leur passage, je ne fais que nettoyer leur saletés, je ne m’occupe que de l’installation (par moment), je ne suis là que pour le rangement (aussi) et je ne fais que la compagnie (certes on pourrait s’en passer) et tout ça me prend assez de temps les week-ends de tournoi et à côté de ça, on me demande ce que je fous là ! On cherche vraiment à faire sortir le troll qui sommeille en moi et qui n’attendait que LA réplique pour en mettre plein la figure ? Je ne peux que le remercier pour ces questions, ce qui m’a permis de me défouler un bon coup.

Après ces quelques péripéties qui rythment la journée, vous attendez sagement la fin, le plus dur étant bien sûr le repas du midi, où vous avez pu le constater, ces mâles font ressortir le côté animal qui les habite, mais qui cela étonne t-il encore ? En attendant, je suis tombée tellement bas que me voilà réduite à n’être entourée que de geeks et par conséquent, je vaque à leurs occupations : on me voit ainsi m’éloigner de plus en plus vers des horizons plus sombres. Les cartes de Gosu et Magic n’ont de cesse de défiler devant mes yeux et j’ai la surprise de me voir participer à ces activités et… de… et de… d’apprécier !

C’en est trop, laissez-moi partiiir !


Secty bitch

D’ordinaire, on ne la remarque pas.

Elle est du genre à rester pendue à son portable qui fait plus office d’organe vital, tant celui-ci semble la maintenir en vie à se faire pianoter sans cesse par ses dix doigts (à croire qu’elle lit « Touche-moi encore » sur l’interface). Elle n’est pas désagréable si vous n’allez jamais à l’encontre de ses propres principes (qui sont accessoirement compréhensibles et applicables par elle, seule), il vous suffit donc d’être un bon pigeon pour figurer parmi ses « friends« .
Elle se fait prénommer « puce« , « $hérie » ou même « b£eË€s$Tt@Äàâ » par ceux qui en sont dignes. Pour ma part, ça tourne généralement plus autour de « pintade« , « pouffe« , « EEMHC : Être à  l’Esprit Magique Habitant son Cul » ou plus simplement « dinde« , mais puisque nous sommes intimes avec cette charmante créature, nous lui donnerons le titre honorifique de Skippy !

Skippy est à la mode et ne s’équipe que de tout ce qui est dit « in« . Il est hors de question de sortir avec un iPhone obsolète, enfin ! Et puis quoi encore ? Comment croyez-vous que l’on devient la demoiselle dame (oui les féministes brisent bien plus que les ovaires) la plus convoitée de son lycée ? Et elle finira par s’en plaindre… Contradiction quand tu nous tiens, non pas celle-. Skippy ne sort jamais sans son dernier jean taillé comme un collant qui laisse ressortir toutes les courbures de ses membres inférieurs (inférieurs comme elle). Elle dissimule ses arpions dans des bottes remontant à hauteur des genoux et jouit de sentir les regards se tourner vers elle dès lors que ses talons vous arrachent les oreilles à chaque nouveau pas.

Seulement 176 personnes "like" pour sa dernière photo de profil, quelle déception !

Skippy fait moult photographies, on ne perd pas un seul instant de sa vie et elle ne manque pas de le montrer à tous ses friends pour que chacun la jalouse de son nouveau sac Vuitton, son dernier cache-misère de Zara et son futur-ex de facebookville.
Les photos se suivent et se ressemblent comme les hommes (Non je ne suis pas aigrie, c’est faux !) où l’on distingue une vague masse de cheveux qui se mêle à une autre. On imagine que les deux êtres sont liés par un patin roulé depuis plusieurs minutes et qu’ils n’attendent que le clic de l’appareil pour se stopper.

En soi, je n’éprouve aucune colère contre Skippy mais plus du mépris. Je vais vous expliquer ce qui résulte d’une union avec une pintade de ce type.
Dans la situation présente, nous prendrons l’exemple d’une relation à distance car (Dieu merci !) je n’ai été confronté à supporter ce genre d’individus que quand ils étaient en relation lointaine avec un de mes amis. Attention ! Que les choses soient claires : cette être Ô combien machiavélique s’était emparé du cœur et bien plus encore d’un compère.

Voilà donc,
Notre petite gourgandine s’acquiert la noix qui régit les synapses de mon ami et ils vivent ainsi une idylle sans pareille. À ce niveau-là, on ne dit plus que : « L’amour est aveugle » mais « La connerie est maîtresse chez ceux qui perdent plus grosses sphères que leurs globes oculaires », vous comprendrez avec ce qui va suivre.
Cet amour égal à nul autre se traduit non seulement par la photo décrite ci-dessus (Oui « la », car il suffit d’avoir des compétences informatiques niveau 2 et savoir coordonner ses doigts afin d’actionner les touches Ctrl C puis Ctrl V pour savoir à quoi ressemblent toutes les photos suivantes), mais aussi par une multitude de texte poétique et mielleux qui s’ensuit :

« ❤ 1 moi avec toi mn Amour, je veut faire ma vie a tes coté. Ns 2 c pour la vie ! ❤ ❤ ❤ je c pa ce que je deviendrait sans toi [Haaa mon correcteur orthographique s’enflamme !], ni coment G pu faire juskissi… ❤ »

Au cas où vous auriez oublié le début de ses dires (et pour cause des allers retours incessants aux toilettes pour leur raconter tout ce que ça vous inspire), je vous rappelle que ceci ne représente qu’un mois de relation. Ça me semble légèrement hâtif, m’enfin ce n’est qu’un point de vue…
Comme de bien entendu, sa moitié masculine lui répondra par autant de cœur et davantage de paroles à l’eau de rose. Ça n’en finit jamais, haaa la magie de l’amour !
Cette aventure de la vie m’étouffait déjà par toute la guimauve qui m’envahissait via les correspondances informatiques, si bien que j’ai failli en abréger mes souffrances et celles des plus concernés par quelques retours de pelle, justement placés.

En effet, voyez-vous, du fait des 600 kms séparant nos deux larrons, la bougresse lui rend la vie impossible, en le privant de sortie (mais pour qui diable le prend-elle ?) et pour cause : « Non mais quand tu es dehors, tu penses pas à moi ! ». Cet égoïsme maladif me semble bien loin de la définition de l’amour et quelque peu narcissique (Pléonasme ? Oui mais ce n’est que pour appuyer l’incohérence de ses propos).
Il serait certes plus élémentaire de couper court (Non pas ce que vous imaginez, petits coquinous !) à une relation basée sur une confiance aussi flagrante, mais l’amour est plus absurde fort que tout et contraint celui qui porte les valseuses à rester auprès (façon de parler) de sa douce (idem).

Par ailleurs, cette luronne envisage même de mettre fin à leur amour si toutefois le jeune homme se risquait à mettre un pied en dehors des quatre murs de son appart’, hormis pour se rendre en cours. Mais c’est grandiose : du chantage ! Plus de doute possible : elle l’aime, c’est certain, mais à sa manière. D’autant plus qu’avec facebook, tout se sait désormais, c’est donc un dilemme cornélien qui se dresse pour notre ami. Raaaah ! Que faire ?
Ce qui m’esquisse un sourire, c’est qu’elle a l’audace de ne pas avoir confiance en lui alors même que cette gaillarde s’est octroyée le droit d’aller voir ailleurs, déjà une fois ! Non mais c’est du délire ? Je résume : un jeune homme se voit séquestrer chez lui sous peine de se faire larguer par sa douce car elle n’a pas confiance en lui alors qu’elle-même l’a déjà fait cocu. Y a comme un souci dans l’énoncé, m’enfin bon, passons mes bons !

Accessoire indispensable pour garder son homme

J’ajouterais que lorsque le soldat piégé essaye de faire entendre raison à Skippy en lui demandant de faire preuve d’empathie, cela se solde par un « Mais arrête de tout ramener à toi, c’est pas comparable toi et moi. C’est toujours « Je… je… je… » avec toi ! ». Vous voyez le niveau ? Personnellement non, tant ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer…
Son copain en arrivera à la conclusion suivante : « Elle est un peu jalouse ». Peut-on encore parler d’euphémisme à ce niveau-là ?
Donc lui fait des sacrifices de sorties et d’amusement en pleine période d’études supérieures afin de prouver sa sincérité pendant qu’elle galope de soirées en soirées et en profite pour fourrer sa langue dans quelques bouches* tout en le confessant à son $héRr!i, donc la voilà à moitié pardonnée (*Oui j’use du pluriel pour aggraver les choses, mais je le signale, ce qui fait que je suis à moitié pardonnée !).
Accessoirement, notre guerrier craint que s’il n’est pas présent sur Skype pour elle, Skippy s’en ira voir ailleurs un autre pigeon. Quant à elle, elle est effrayée à l’idée de perdre son prisonnier larbin en lâchant du lest. Et un équilibre entre les deux, ça ne lui dirait pas ?
Ha pardon ! Quand je vois les arguments qu’elle avance pour justifier son attachement, cela revient à repousser une météorite, prête à vous ensevelir, à l’aide d’un fruste « Boomerang ! BOOMERANG ! »  et voilà le tour est joué ! C’est tout comme pour le raisonnement de notre génie : quand une solution valable se voit contrer par un puissant « Non tu n’es rien qu’à moi ! », je vois mal ce qu’on peut faire.

Skippy réalise la triste situation dans laquelle ils se trouvent mais ose encore dire que c’est ainsi ou bien c’est fini. Ses parents interviennent également mais ça se finit en haussant le ton. Raaaah ces jeunes, alors ! Vous l’aurez bien compris, ici le dicton c’est : « Ensemble et c’est tout ! ». Visiblement ça ne plaît pas aux deux protagonistes et c’est à ce moment-là que mes compagnons et moi-même entrons en scène !

Mais pourquoi apparaître aussi tardivement ?
Tout simplement parce que nous n’étions pas au courant. Et c’est dès l’instant où Skippy a volontairement supprimé tous les contacts facebook pourvus d’un double chromosome X, du compte de sa moitié, que nous avons commencé à nous interroger. Oui, je comprends moi aussi ça me chagrine de savoir que livrer son compte facebook est symbole de confiance, de nos jours.
Une fois, cette découverte effectuée, je me suis empressée de contacter mon camarade à l’aide de mon boitier téléphonique (Grande magie de l’Homme !) et de lui envoyer ma façon de penser : « Tu préfères les hommes maintenant ? ». Quelle ne fût pas ma surprise, quand mon ami me répondit d’un léger : « Pardon, mais c’est qui ? ».
Ha ouiiiii, quand même ! Bon et bien, je ne vois pas l’intérêt de répondre quelque chose, vu que la fourbe Skippy est passée par là, également. Je ne prendrai donc pas le temps de m’identifier. Cependant, il s’est produit une chose curieuse. Par la suite, un appel manqué d’un numéro inconnu s’est glissé sur l’interface de mon portable ainsi qu’un sms du même destinataire (Ouuuuh un ami !).

« Tu veux quoi à mon mec ? »

Gné ?… Je… mais… Quoi ?
Quand je m’adresse au charcutier, je ne veux pas que ce soit l’andouille qui me réponde. Et bien là c’est pareil ! Dans quel monde vit-on ? Donc à faire des suppositions : on pourrait croire que Skippy s’est emparé du portable de son $hÉrŘ!i afin qu’il ne communique pas davantage avec cette technologie. Ce qui est foncièrement con puisqu’il suffit de quelques loulous comme moi pour prendre contact et s’identifier ou pas (comme moi), pour renouer des liens.
Vous imaginez la vision d’elle que je pouvais avoir avant qu’elle ne m’agresse de la sorte, je vous invite à supposer ce que je pouvais éprouver à son égard sans même l’avoir rencontrée, après son introduction dans mon mobile.

"*Hihihi* Je vais supprimer tous ses numéros, comme ça il ne pensera qu'à moi ! Niark niark"

Je ne prendrai la peine de répondre à une telle agression qu’une fois que j’aurais la certitude que mon ami et sa chère et tendre soient séparés définitivement, pour ne pas engendrer des remontrances sur les mauvais fautifs. Une fois, que les vœux de séparation (quelques jours plus tard) me furent rapportés, j’ai joui d’un court échange avec notre Skippy nationale :

Skippy : Tu veux quoi à mon mec ? [De prime à bord, elle ose me tutoyer…]
Moi :
on se connait ? [Je réponds encore par une question, que voulez-vous, c’est une enfant]
S :
Qu’est-ce que tu envoies « tu préfères les mecs » à mon mec ?
M :
je demandais simplement des nouvelles d’un ami. Normal non ? Je réitère : on se connait ?
S :
Lui pas te connaitre salut. [Ha ! Je vois que la langue française lui sied à ravir et qu’elle comprend les questions à l’envers]
M :
C’est pas ce qu’il disait y a quelques jours
S :
Hein ?
S :
On parle de la meme personne ? J’crois pas. [Prend moi pour ce que je ne suis pas, petite sotte !]
S :
Uais, Lol. [J’avoue que ce message me laisse perplexe ! Je ne sais pas ce que ça vient faire là, peut-être une interférence de conversation, je l’ignore. On n’arrête pas le progrès !]
M :
Ha pardon je croyais que t’étais l’ex de ****** par exemple. ****** : séquestré à Toulouse, pas bien grand, yeux marron, « artiste »,… Je continue ou c’est bon ?
S :
Oui t’as raison
S :
Et t qui
S :
Lol [Vous avez remarquez à quel point « Lol » ponctue chacune de ses phrases, comment voulez-vous dialoguez avec des individus pareils ?]
M :
Je suis une amie. Oui en dehors de sa moitié ça existe. Mdr lol ptdr xptdr kikoo [Comprenez un peu, j’essaye de m’adapter…]
S :
Hah ui lol. [« Et sinon l’ironie, vous connaissez ? – Pardon l’iroquois ? (rooooh si on peut plus faire de jeux de mots bouseux, alors !) »]
M :
o_O [C’est tellement consternant ! J’en suis restée pantoise]
S :
Quoi [Et en plus de cela, elle ne s’en rend pas compte]
M :
o_O’
S :
Tu veux quoi toi [Ha ! Point de « Lol kikoo », comme c’est curieux]
M :
Ouuuuh si tu savais…
S :
Bha je t ecoute 😀
S :
Aaah, ta le seum parce qu’il ta recale, lol 🙂 [Point à éclaircir : j’ai voulu pendant un moment devenir plus qu’une amie aux yeux de mon camarade qui se retrouve dans le désarroi le plus total. Haaa s’il eût su !]
M :
xD Met toi à jour, c’était y a 2ans ça, depuis c’est un ami rien de plus. En revanche toi qui t’agrippes à tes mecs comme une sangsue, tu me fais bien de la peine…
S :
Oh mais je t en merde royal [Eeeet *BIM*, trop facile !]

Je considère cette dernière réplique comme une insulte et je remporte donc le défi que je m’étais fixée (le dernier en date : survivre à l’École Estienne). Comme vous pouvez le constater, je n’ai guère eu besoin de plus d’une dizaine de répliques pour offenser mon belligérant. Oui, je le conçois, c’était un bien fruste défi. Mais haaaa, que voulez-vous, il ne fait pas de mal de s’en donner à cœur joie sur ceux qui sont restés à un stade superficiel.

Suite à nos claques, envoyées aussi subtilement que des pokes facebookiens, notre brebis égarée (ici notre allié) finira par entendre raison et à entamer de sérieuses discussions avec Skippy, il était temps, sacrebleu ! Je commençais tout juste à titiller le napalm du bout des doigts, comme quoi la patience, ça s’acquiert.
Nos actions n’ont pas été vaines, car nous voyons le symbole de toute une bataille qui se fraye un chemin à travers les notifications de Tansville, Bidonville ou encore « Quelle animal était-tu ds une vie anttérieur ? ». Au sommet de l’actualité, je distingue une vague et courte phrase qui accélère vigoureusement les battements de mon cœur : « ****** et vous êtes maintenant amis ». Grand dieu, quelle victoire !
Bien évidemment, on ne s’en arrêtera pas là. Croyez-vous vraiment que je fasse confiance à une typographie noire sur blanc, pour prétendre à une victoire ? Soyons sérieux 2 secondes, si je voulais être assurée de ce qui est avancé, je devrais effectuer davantage de recherche, enfin ! (facebook, statut msn, tweeter, blog,… et non pas de vive voix, enfin !)

Nous apprendrons que Skippy s’est plainte auprès de notre courageux camarade, suite aux vexations que je lui ai infligées. C’est ce pourquoi il viendra me faire part de son désir que tout cela cesse. Mais croyez-le ou non, nous sommes en perpétuelle recherche de concept afin de suspendre toute activité entre ces deux individus.
Alors que nous faisons bouillir Skippy nos méninges, je réalise que mon ami m’a de nouveau éjectée de ses contacts mais en plus de cela, il m’est impossible de le retrouver à travers les recherches sur le réseau social. Comme c’est cocasse ! Je soupçonne la fourbe Skippy d’être derrière tout cela, une fois de plus. Cependant, elle a doublé ses défenses. Petite punaise devient mante religieuse !

La question est : combien de rouleaux userai-je pour les larmes de bonheur qui traduiront une rupture définitive ?

Toutefois, les cabrioles de cette princesse ne vont pas en s’arrangeant car désormais les tourtereaux sont en perpétuel conflit, et je dois l’avouer : je suis assez fière de notre travail !
– Vous nous trouvez égoïste ? Nous ne faisons que ressortir notre côté altruiste.
– Ceci ne nous regardait pas ? Vous plaisantez, j’espère !
– Comment aurions-nous réagi si l’on nous rendait la pareille ? Je remercierai ceux qui ont veillé sur moi (mais pas dans l’immédiat).
– Vous nous trouvez destructeur ? Et ce côté salvateur, vous a-t-il effleuré l’esprit ?

Depuis plusieurs jours maintenant, nos deux larrons s’emmêlent dans d’incessantes discussions qui n’ont ni commencement, ni aboutissement et ne parlons pas des arguments pour le développement (en tout cas pour notre championne favorite de la prose : « J’ai raison et tu as tort ! » aussi délicat que les remarques de certains professeurs en CIG). Ces haussements de tons restent donc un point positif.
Je ne cherche pas d’excuses à cette bougresse, mais je tiens à préciser que nous avons affaire avec une lycéenne, alors certes nos points d’xp supplémentaires nous apporte davantage de répartie et d’ouverture, enfin il ne faut pas exagérer tout de même !

Tristement, les négociations se poursuivent sans aboutir à une décision fatale. Décidément on ne peut sauver les personnes qui ne veulent pas l’être et nous serons tous châtiés pour cela… Les vils sont punis par la loi des Hommes, les preux par la loi de Murphy.


Mais trooop !

On se serait cru à un enterrement, à la messe, dans la section CIG dans une certaine École, ou encore devant une partie de poker, le résultat observé aurait été le même.
Des visages inexpressifs, vides et surtout désespérés défilaient devant mes yeux au fur et à mesure que j’avançais sur le quai. Certains développent tout de même un sentiment d’impatience, voire d’anxiété d’un pincement de lèvres. D’autres vous révèlent plus d’humanité en guettant un relèvement de sourcils ou même une parole (même si ces bouches-ci ne sécrètent que des injures en ces lieux sinistres).

Chaque jour, c’est toujours la même rengaine :

  • Le matin : vous prenez sur vous pour braver votre « petite » heure de déprime que les transports en communs vous offrent de par ses usagers.
  • La journée : vous tentez de ne pas perdre pieds devant vos professeurs/patrons/supérieurs hiérarchiques en tout genre.
  • Le soir : vous reprenez les transports en sachant qu’une journée accablante s’achève mais tout en ne perdant pas de vue que demain peut être pire.

Ça se voit pourtant que c'est démoniaque

Dans les transports en commun, il faut réussir à supporter plusieurs sortes de manifestations indésirables qui vous attaquent de toute part.
Je ne traiterai que du réseau ferré, puisque c’est simplement en de rares occasions que le bus m’a dépannée. Mais ça reste exceptionnel puisque ces chauffeurs se croient tout permis : « C’est moi qui ai le plus gros mouahahaha ! » (Je parlais du véhicule, coquinou !), une sorte de chauffeur de camions recyclé… Mais ne portons pas de jugements sur un échantillon trop petit pour faire de quelconques conclusions hâtives.

Vous aurez donc la joie de vous mesurer à toute sorte d’individus à l’air plus ou moins dépité. Vous n’aurez que faire de tous ces affichages qui vous poussent au suicide à vous cultiver en anglais, aux musées ou vous divertir devant un film d’action présentant un Nicolas CAGE dans un jeu d’acteur inchangé d’une « œuvre » sur l’autre (Finalement le suicide ne me semble pas un si mauvais choix). Ces couloirs carrelés donnant l’aspect d’une entrée de piscine ne font que vous trahir et d’ailleurs tout le monde ne fait que se jouer de vous en ces bas lieux, à commencer par les sans-abris.

On ne les voit plus tant ils font partie de ce paysage souterrain.
Si je devais donner 0,50€ à chaque mendiant que je croise sur ma route, je crains que je ne les rejoigne sur le banc de l’échec. Laissez-moi vous expliquer : ayant un revenu maigre de quelques dizaines d’euros par mois (grâce aux heures dépensées à garder d’adorables des bambins), les étudiants ne roulent pas sur l’or. Je compte, sur mon trajet, environ trois à cinq mendiants/musiciens errants/étudiants en art, ce qui me revient à (faisons une moyenne) 4 x 0.50€ = 2€/jour, soit 2€ x 30 = 60€/mois.
Ça ne pourrait tomber plus mal, je n’excède pas les 60€/mois en subissant les pleurs des adultes de demain. Pourquoi donner à un musicien et pas à un mendiant ? Parce que l’un a la chance d’avoir un accordéon ? (Oui il a juste la chance de l’avoir, pas de savoir en jouer, nuance !).
Les jours où vous vous sentirez l’âme salvatrice, vous daignerez peut-être les regarder en vous excusant d’un regard. D’autres matins, vous leur laisserez même éventuellement une partie de votre petit-déjeuner. Mais vous êtes-vous déjà attardés pour observer leur réaction suite à votre altruisme ? Peut-être bien que non… (l’odeur, je comprends). Toujours est-il que j’observe vos élans de générosité, mais je porte plus d’attention aux réactions qui s’en suivent, celles qui vous échappent pour cause de départ trop précipité.
Les plus courtois vous remercieront de quelques mots maladroitement articulées. Toutefois d’autres n’ont que faire de recevoir de la nourriture ! C’est l’argent et c’est tout ! Le blé, le fric, le flouze, l’oseille ! Vous lisez dans leurs yeux toute la rancune qu’ils voudraient vous faire payer tant ils ont l’impression que vous vous fichez pas mal de leur sort et que vous ne comprenez pas que tout ce qui importe c’est la tune, mince enfin !
Nous ne sommes régis que par les lois de l’argent et ce à tous les échelons de l’échelle sociale… Ne les prenez pas pour des cons !

La sincérité ne paye pas non plus

A arpenter ces longs couloirs sinueux, ils ont le temps de faire travailler leur imagination. Ces individus useront de toutes les combines possibles et inimaginables pour vous faire cracher quelques centimes. Vous êtes réduits au statut d’une machine à sous à laquelle il faut trouver la bonne combinaison pour espérer la moindre piécette.

  • Il existe la combine de père/mère de famille : le parent prononce un discours narrant la déchéance dans laquelle il se trouve (dans un français approximatif), puis lui et sa pseudo progéniture se promènent dans la rame du métro les mains jointes, tendues vers vous. Vous remarquerez que c’est toujours l’enfant qui s’aventurera entre les sièges en premier, histoire de faire monter en vous plus de peine. Il m’est arrivée par deux fois d’observer que le dit parent, d’un fils unique, se retrouve face à moi deux jours consécutifs et que « Ho surprise ! », l’enfant unique est transsexuel, et voilà une jeune fille qui s’avance vers moi ! Comme c’est surprenant ! On n’arrête pas le progrès !
  • Les sans-abris se muniront également d’animaux. Des citoyens ont plus de peine pour une pauvre bête qu’un être humain, vous saisissez le malaise ? Si cela peut inspirer plus de pitié à certains et les encourager à verser quelques sous, ils sont surtout utiles aux pauvres propriétaires pour ne pas se faire embarquer par la maréchaussée. En effet, les agents de police ne peuvent transporter un animal dans leur véhicule et ne peuvent embarquer le propriétaire de la pauvre bête puisque cela engendrerait l’abandon de ce petit être, ce qui est prohibé ! Quelle fourberie !
  • Il en existe d’autres qui n’hésiteront pas à vous faire saigner les yeux en mettant en avant leur handicap, leur malformation ou encore leur infection… Il n’y a rien de plus agréable que d’admirer un tel spectacle au sortir du petit-déjeuner, vraiment ! C’est tout bonnement charmant !
  • En revanche, certains munis d’instruments, s’occuperont de vos oreilles jusqu’à ce que vous les suppliiez d’arrêter ce massacre ! Déjà que vous n’êtes pas fan de Patrick BRUEL (Oui il joue tous Les Amants de St Jean !), ensuite l’accordéon n’est pas accordé (Curieux paradoxe…), enfin quand bien même il n’y aurait rien à reprocher au triste instrument, c’est le musicien qui dégrade à lui seul, musique comme paroles.
    Non seulement, ils sont pour la plupart incapables de jouer correctement (ne mettons pas tout le monde dans le même sac), mais en plus de cela, ils manquent cruellement d’originalité (intéressant pour des artistes, m’enfin moi ce que j’en dis…).

Puisque j’en suis à la musique…
On trouve en ces bas souterrains d’autres personnages tous semblables qui font profiter de leur musique à l’ensemble du wagon, quelle générosité ! Vous voyez très bien de qui je parle. Tous ces gens qui pensent être seuls au monde, avec leurs écouteurs sur les oreilles qu’on pourrait comparer à une chaîne hifi sur l’épaule.

L'économie d'Audika bat son plein

On pourrait comparer cela à du partage culturel, si les musiques perçues ne traitaient pas toutes des mêmes sujets (les profs, le boulot, les putes les nanas, les « darons »… Haaaa triste jeunesse !) ou du même style de musique (celui qui se perçoit à 10m à la ronde malgré un volume resté à 2). Et après on s’étonne que la surdité augmente…
Seulement, nul ne soumet son point de vue, à l’emmerdeur/se la personne occasionnant la gêne de ses voisins. Qui sommes-nous pour parler de savoir-vivre ?
On m’a contée une anecdote des plus plaisantes à ce sujet :
Alors qu’un individu X faisait profiter plus ou moins malgré lui du 4e art à l’ensemble de son entourage agacé, la seule personne qui daigna se lever et réagir pour mettre un terme à ce vacarme infernal est une grand-mère d’une soixantaine d’années. Je suis très désappointée de n’avoir pu assister à ce spectacle et aux remontrances qui lui ont été faites : « Bon, jeune homme ! Maintenant ça suffit ! Vous allez baisser votre musique. Vous gênez tout le monde ici ! » (Quoique si ma présence avait honoré cette rame, le malotru aurait, quant à lui, vénéré mon revers de pelle).

Si certains ont le sens du partage, en ce qui concerne la musique, d’autres font preuve d’un formidable égoïsme dès lors que les places assises sont mises en jeu.
Quand on entre dans une nouvelle rame, c’est comme si on arrivait au PMU et que tout le monde participait : c’est la course à celui qui aura la meilleure place et surtout pas les strapontins (ben non enfin ! On est obligé de se lever si le bon peuple s’accumule de trop pour écouter la bonne parole que je n’ai de cesse de prospérer). On se bouscule… On se marche dessus… On manque de trébucher sur la crevette le môme qu’on ne voit pas… Et on répète tant de fois « pardon », « excusez-moi » ou « désolé(e) », si bien qu’on ne sait plus s’il s’agit d’une salutation ou d’une manière polie d’insulter son prochain tant ces mots sont d’un banal, à présent.

Si par manque de chance, la place qui vous est attribuée est un strapontin, dès lors, vous savez qu’il faudra se lever tôt ou tard. Et pour ne pas faire les choses à moitié, vous avez failli à votre bon plaisir de reposer vos fessiers, en période d’affluence ! (Oui quand vous échouez, ce n’est jamais le moment opportun : loi de Murphy oblige…)
Il faudra faire preuve de sang-froid, surtout si vous avez le plaisir de voir ces précieux strapontins occupés par des pintades qui trouvent cela insupportable d’élever leurs postérieurs moulés dans un bas collant soutenus par des jambons jambes, elles-mêmes posées sur des talons haut de 10cm. Par ailleurs, les bougresses se voient bien désolées de ne pouvoir faire gagner de la place aux citoyens alentours puisque leurs pieds les font souffrir « comme des martyrs ». Savent-elles seulement jusqu’où sont prêts à aller les martyrs pour témoigner de leur foi ?

Haaaa ce ne sont même plus des baffes qui se perdent à ce niveau-là !

Il faut chercher, mais il y a toujours une solution

On pourrait se plaindre que certains occupent les emplacements, mais je vous assure que vous êtes heureux de savoir que les déchets bourrés en deux bières sont incapables de trouver la force de relever ne serait-ce que leur… (Appelle-t-on encore ça une tête quand on l’a vue se transformer en fontaine deux minutes auparavant ?) masse cérébrale. Qu’il est bon d’être épargnée de temps en temps d’admirer les épaves de la déchéance humaine.

Cependant, il arrive que certains, développant une résistance à devenir totalement un légume, parviennent à s’exprimer par des insultes envoyées à la volée au voisin le plus proche (Et c’est mieux si l’on remarque chez lui une quelconque origine ethnique, ça permet de varier et compléter les jurons. Utile non ?).

« He mec ! Et bah mon père, il est plus fort que le tien ! Même qu’il est ceinture noir de karaté (comme ta peau !). En plus, t’es nul j’ai eu tout bon au coloriage, alors que toi t’es mauvais, t’as dépassé ! »

Le niveau est réduit à un enfant de maternelle pour :

  1. Ne pas choquer vos chastes yeux
  2. Ne pas vous donner de nouvelles idées d’insultes
  3. Le niveau intellectuel d’un légume ne va guère plus haut

Le passager concerné par ces propos ne l’entend pas de cette oreille que l’on parle ainsi de ses lacunes en coloriage ou de l’échec du passage à la ceinture noire de son paternel. Avant que l’affrontement ne devienne plus violent, une tierce personne est apparue au milieu du duo pour affirmer que son père à lui a appris auprès des moines de Shaolin, donc « Chut ! Respect envers moi les mecs et ça suffit avec vos querelles, je gagne ! NA ! ». Il n’y eût nulle suite.
Néanmoins, je restais interloquée par l’apparition de ce héros, ils se font tellement rares ! Comme c’est rassurant de remarquer encore ces comportements qui font de certains de bons êtres humains. On a trop tendance à critiquer (Je vous vois venir… Ici je ne fais que constater, voyons !), que je n’ai pu m’empêcher de laisser échapper un « Ça se fait rare les gens comme vous. Allons boire un café ensemble un de ces jours et tenez voici mon facebook, mon 06… Ajoutez-moi ! *hihihi* ».
Les contrôleurs, les forces de l’ordre ou les héros ne sont décidément pas souvent là au moment adéquat. Mais on ne peut les blâmer pour cela.

Si les contrôleurs ne sont pas disponibles quand on en a besoin pour qu’ils règlent une situation de conflit, c’est parce qu’ils sont bien trop occupés à boire réfléchir à où se cacher placer pour taxer contrôler les sans-tickets. Les lieux lucratifs ne manquent pas, il suffit d’organisation.
Vous les trouverez en divers endroits, mais plus communément :

  • Au détour d’un tourniquet, postés derrière un mur à guetter le chenapan qui enjambera la zone de contrôle.
    Si vous n’êtes pas sûrs que la voie soit libre, remarquez dans un premier temps, si deux touristes campent sur leur position en balayant du regard la rangée de portes. Si oui, faîtes demi-tour, vous ne les duperez pas à la course, croyez-en mes yeux…
  • En haut d’un escalator ! He bien oui ! Si c’est très intelligent comme emplacement, ça reste tout de même bien emmerdant ! On vous surprend en haut de l’escalator, à deux pas de la fin des marches montantes, vous n’avez que cinq secondes pour :
  1. Réaliser : « Diantre ! Je me fais contrôler ! » (1sec)
  2. Se souvenir : « Où est mon ticket/pass/argent ? » (1sec)
  3. Agir : *Vous sortez votre titre de transport* (3sec)

Ne nous emballons pas ! Au petit matin, vous disposez de ces précieuses secondes si vous n’êtes pas dans un des cas suivants :

a)  Vous surveillez vos pieds
b)  Vous regardez derrière vous (quelqu’un vous suit ? c’est vrai que c’est surprenant dans un escalator)
c)  Le brouillard dans vos yeux vous aveugle
d) 
Votre coupe de Justin Bieber vous handicape

Autrement on vous colle l’étiquette de « boulet » du métro jusqu’à la prochaine rame à emprunter, compte tenu de l’embouteillage que vous aurez occasionné derrière vous.

Bien plus que catalogué par une simple étiquette

Si les contrôleurs sont là pour veiller à arrêter les fraudeurs (Ils donneront une fausse identité et le tour est joué…), il n’en reste pas moins que les informateurs sont là pour renseigner (Cela va de soi). Mais pas tous, petits idéalistes ! Non non non !
En effet, en journée, les plus compétents sont présents au poste afin d’orienter la populace dans cette fourmilière aux milles secrets. En revanche, dès que la nuit est tombée, vous n’avez plus qu’à compter que sur vous-même. A croire que les veilleurs de nuit sont moins frais que les fêtards tentant de rentrer chez eux par tous les moyens possibles, après le dernier métro/RER.

[Contexte : Vous venez d’aller de bout en bout de la (relativement grande) station REBUA dans l’espoir de trouver une sortie vers l’extérieur, mais en vain !]

« Bonjour… euh bonsoir. Je cherche à sortir de la gare. Je suis bloquée ! Y a plus de RER, ni de métros, je trouve aucune sortie d’ouverte. Vous pouvez m’aider s’il vous plaît ?
–  Ha mais vous ne pouvez pas sortir.
–  Pardon ?
–  Faut prendre le métro…
–  Mais y a plus de métros !
–  Mais si y en a encore !
–  Mais il est 2h10, enfin !
–  Mais ouiiiii vous en avez encore pendant 30min !

[NB : le dernier métro sur cette ligne est à 1h45]

–  Nan mais j’ai pris l’avant-dernier y a de ça 40min et le suivant était 15min plus tard (Gnééé trop de calculs si tard dans la nuit). Maintenant il n’y en a plus. Vous ne pouvez pas m’ouvrir une porte ?
–  Nan, je vous dis qu’il y en a encore pendant 30min, allez-y ou vous allez le rater. »

Biiien ! Devant pareille détermination et ouverture d’esprit, on ne peut faire entendre raison. Vous voilà donc repartis depuis… disons 30sec en direction d’un quelconque mé…

« Votre attention, s’il vous plaît ! Il n’y a plus de métros dans toutes les directions, veuillez quitter la gare, merci ! »

Mais… mais… mais… ?!
Des abrutis, j’en ai vu mais alors qui se décrédibilisent aussi rapidement, rarement ! Ce qui m’a empêchée de revenir sur mes pas pour lui dire ma façon de penser ? La hâte d’en finir avec ce cauchemar. Finalement, vous finissez par trouver la seule sortie ouverte que l’on n’a pas daigné vous indiquer, bien que ce soit la solution la plus évidente… M’enfin, nous dirons que sa simplicité d’esprit sommée à l’heure tardive ne font pas bon ménage (je n’émettrais pas l’hypothèse que des affaires plus intéressantes l’attendait sous son bureau).

Décidément jour comme nuit, les transports en commun sont Ô combien accueillants ! La compagnie y est charmante, les salariés ne sont là que pour vous venir en aide, le paysage environnant n’est qu’un plaisir pour vos yeux et vos oreilles jouissent d’une ambiance sonore incomparable. C’est pourquoi, désormais, mes yeux ne s’attardent plus que sur le temps d’attente de la prochaine rame, je réfugie mes oreilles dans la musique de mes écouteurs et mes pas ne font qu’apporter un peu plus de percussions à mon ambiance musicale.

Mes gestes sont machinaux et mes réflexes pour valider les contrôles, automatiques.
En ce bas monde, nous sommes tous robotiques.

Chaque jour, près de 4 millions de français (rien que dans le métro parisien) s’exposent à ce spectacle où lequel ils tiennent leur propre rôle. Tous se plaignent mais personne ne s’améliore…

Et après on s’étonne que la France soit le plus grand consommateur d’antidépresseurs en Europe… Si vous cherchez encore des explications, levez les yeux de vos souliers ou baissez-les vers les fourmis souterraines.


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