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I got a hangover, I’ve been geeking too much for sure !

Je ne l’explique toujours pas.

Cet altruisme, qui m’habite, ne me perd guère et me pousse à apporter aux autres cette aide réciproque que je convoite tant également. Il arrive par moment de se retrouver dans des situations toutes plus grotesques les unes que les autres (que ce soit de votre plein gré ou pas). Vous les connaissez bien ce genre de situations où vous vous imaginez que les choses prendront une certaine tournure agréable en fonction de ce qu’on vous a décrit, mais voilà que cela tourne plus ou moins à un cauchemar. Cependant une interrogation perdure : comment ?
Pour les curieux, la question sera : comment en être arrivé là ? Pour les plus entrepreneurs : comment s’en sortir ?

Situation :
Sujet – Vous (greffez-vous un vagin pour pouvoir poursuivre l’expérience)
Signe distinctif – En possession des clefs de la nourriture
Adversaire – Une armée d’hommes (enfermés depuis de longues heures à jouer à la guéguerre avec des playmobils figurines pour adultes que seuls eux peuvent manipuler)
Signe distinctif – Affamés (bah oui, ce sont des hommes quoi…)

Voilà : c'était à peu de choses près, ça. Cependant vous remarquerez, ici, le civisme de ces braves bêtes. Croyez le bien, ce n'est pas donné à tout le monde

Vous voyez le topo ? Mais que faire alors ?
D’autant plus que la patience de certains laisse tant à désirer qu’elles devraient se solder par un peu d’anthrax dans les sandwichs correspondants. Quant aux remarques d’autres, telles que « Femelle ! », leurs orateurs se sont vus infliger un revers de pelle qui leur demandera de refaire leurs papiers officiels pour ne pas être soupçonnés de fraude.

Mais comment en suis-je arrivée là ?

(Plus tôt en mars)
« Allo ?
Allo oui ! C’est pour savoir… J’organise un tournoi de Warhammer tel week-end et je voudrais savoir si tu serais dispo pour l’orga ?
Je serai payée ?
Non, enfin bouffe gratuite quoi… et unlimited boisson…
Okay, je marche ! »

Oui il m’en faut peu, de la nourriture et je suis heureuse ! Mais vous pouvez tout aussi bien essayer les bijoux, les fleurs, les soins, des tunes, les jeux vidéo (bien sûr que oui !), tout fonctionne ou presque ! Vous verrez plus bas ce à quoi certains joueurs sont prêts tant ils pensent pouvoir impressionner à partir d’une armée ou d’attitudes dignes des plus grands gentlemen.

Vous n’avez jamais osé vous introduire dans l’univers de ce que vous appelez plus communément les geeks, nerds ou autres freaks plutôt que joueurs de Warhammers ? Je vais vous expliquer ce à quoi vous échapper, petits veinards ! Vous ne remercierez jamais assez votre bonne étoile de vous avoir épargné ce spectacle.
Avant de vous éclaircir sur ce que vous auriez subi vécu à un tournoi, je vais tout d’abord vous expliciter ce que sont les Warhammers.

Warhammer est un monde imaginaire dans un univers médiéval fantastique qui sert de cadre au jeu de figurines Warhammer Battle. Tristement Par la suite, on verra se créer également un jeu de rôle correspondant. Les fondateurs de la société Games Workshop ont commencé dans ce domaine du jeu avec Donjons et Dragons et ils ont créé la première entreprise d’édition de jeux de rôle en Europe. Mais l’univers trop « naïf » (Ho bah tiens ! « Enfantin » passe aussi) et voulant jouer à une échelle plus importante (L’argent, toujours l’argent… Et le plaisir du j… Ha ! On me dit que ça n’existe plus, au temps pour moi !), ils ont inventé un « jeu de guéguerre » (wargame) qui a connu un succès sans précédent : Warhammer Fantasy Battle.
De nombreux peuples se partagent les territoires du monde de Warhammer. La plupart d’entre eux sont des humains originaires du Vieux Monde, d’Arabie, de Norsca, de Nippon, de Cathay etc. Il existe également de nombreuses autres races non humaines ; certaines sont proches des humains biologiquement (Cullen-vampires, ogres, halflings) ou physiquement (elfes et nains). D’autres races sont totalement à part, comme les races peaux-vertes (orques, gobelins ou Dipsy), les skavens, les hommes-lézards, les pandas-mammouths ou encore les Janclod-Vandam… Mais que c’est original, dîtes-moi !

Vous avez devant vous près de 300€
Oui les geeks sont de bons partis, reste à leur apprendre comment dépenser leur argent...

Bien bien bien ! Donc si je synthétise toutes ces brèves explications : cela consiste à tatane son adversaire à l’aide de ses poupées « gurines » (Comme on dit dans le milieu. Oui parce qu’une syllabe de plus et ça fait tout de suite moins « cool »), avec une pseudo stratégie qui se base sur l’un poutre le second qui joue la planque… J’exagère à peine ! Un peu brainless tous ces jeux désormais, m’enfin ça occupe les mômes les samedis après-midi plutôt que d’appeler au secours la baby-sitter, qui a autre chose à faire, comme élaborer un plan pour quitter l’École Estienne à titre d’exemple.

Donc vous voyez un peu le milieu maintenant. Laissez-moi vous conter ce week-end, riches en rebondissements :

Tout commence par un vendredi soir. Votre semaine s’achève, aussi épuisante soit-elle vous devez quand même aller chercher des tables de l’autre côté de Paris pour installer les terrains des batailles. Par chance, je n’ai jamais eu à m’occuper de cette partie de l’organisation (ma bonne étoile veille sur cela mais apparemment se fiche pas mal de l’école dans laquelle j’ai atterri).
Les événements se poursuivent le lendemain (Le samedi, tout le monde suit ?). Au petit matin, à 8h00, vous êtes déjà dans la salle du tournoi et postez derrière le bar prêt à servir en café tous les joueurs qui se présenteront à vous. En moyenne, on compte une trentaine de personnes, dont 5 à 7 drogués au café, donc la fréquence est relativement haute jusqu’à 9h.

Le café est à un joueur de Warhammers ce que l’héroïne est à un drogué, c’est pour cela qu’on leur sert avec des perfusions, d’ailleurs. Vous avez tout intérêt à ne pas vous lasser de répéter sans arrêt la même chose quand une cafetière sera en préparation : « Non le café n’est pas prêt, revenez plus tard… », puis « C’est en cours, repasse après… », ensuite ce sera : « Pas encore… » et vous finirez par faire un signe de la main élevant votre doigt central, quand le même protagoniste fera sa énième apparition en moins de 10 minutes.
[Si la machine n’a toujours pas fait son travail, alors que vous pressez consciencieusement le bouton « marche », pensez à regarder si elle est branchée, ce pourrait résoudre quelques soucis.]

Une fois que vous avez chargé les batteries de vos guerriers, vous aurez la tâche importante de vérifier si vous avez de quoi tous les rassasier ce midi. Oui parce que les fois précédentes, il est arrivé qu’il faille sacrifier certains individus (À tout hasard, ceux de l’orga ? Bien vu chenapans…), suite à une erreur du boulanger dans le nombre de demie-baguettes. Il arrive qu’un mauvais calcul du nombre de tomates, de tranches de jambon ou de fromages utilisés le premier jour soit source de quelques ennuis pour le repas du lendemain, mais ça reste une bagatelle :

« On fait quoi du coup ?
Tu garnis moins… »

 Oui, bah oui normal… M’enfin ça reste élémentaire et puis le pain et la sauce gavent tellement qu’ils ne se rendent compte de rien (Diable que c’est fourbe !). Il subsistera une légère différence entre la garniture de la veille façon « grec » et celle du jour façon « somalienne ».
Juste après votre cuisine, vous avertissez master geek (généralement celui au micro) que vous n’attendez plus que le signal pour nourrir les morfales de toute cette nourriture concoctée avec amour vitesse et précision. Vous le savez que ce sont des morfales puisque d’une part ce sont des hommes et d’autre part à l’annonce des sandwichs prêts, une horde d’orques s’est jeté sur le bar et c’est à ce moment-là que se déclenche un flash-back dans les films Ô combien prévisibles où vous vous revoyez faire preuve de bonne volonté en voulant venir en aide quand on vous le demande tout ça pour quelques chips et des sodas en canette.

Vous tentez tant bien que mal (plutôt mal d’ailleurs) à réunir tout ce qu’il faut à un individu (à savoir : sandwich, chips et boisson) tant vous n’entendez rien puisque le grossier personnage qui se cache derrière lui n’a de cesse de faire des jeux de mots graveleux quant à votre rôle derrière le comptoir : « Allez femme, à boire ! ». Comme c’est plaisant !
À mon grand soulagement, de preux jeunes hommes chevaleresques lui bouclent les lèvres, de façon que je n’aie pas à le faire moi-même pour ne pas abîmer mes mains si délicates.

Accessoire indispensable pour mettre un terme rapidement aux conversations indésirables

Vous n’êtes pas encore au bout de vos peines. Oh que non galopins !
Quand ces jeunes hommes de bonne éducation viennent à vous pour quémander la nourriture payée au préalable, il arrive que certains vous réclament un sandwich, tandis que l’on vous a transmis une liste où chacun a déjà dit ce qu’il désirait. Or en vérifiant sa demande orale et celle que vous avez sur la liste, cela ne correspond pas. Ho bah c’est bien dommage tout ça ! Ces hommes sont capables de se souvenir de toutes les caractéristiques de leur armée, de chaque tactique à élaborer selon l’avancée de l’adversaire, mais alors savoir si on a choisi sandwich, hotdog ou pain bagnat… Alors pour ça, y a plus personne…

Bon mais, faisons fi de leur mémoire sélective, attachons nous plus à leurs bonnes manières.
Au terme du repas aussi frugal fut-il, vous aurez la surprise de faire face à une montagne de déchets, mais le plus beau reste que ces ordures (Les déchets ou les hommes ? Raaaah j’hésite encore…) demeurent sur les tables. Ha bah oui ! Vous vous attendiez à quoi ?

« Heu… Master geek, tu peux dire au micro, qu’il n’y a pas de bonnes pour jeter les ordures, merci. Ha ! Le micro est allumé, bah le message est passé plus vite alors, c’est bien ! »

Je ne ferai pas d’une tablée, une généralité mais si les choses n’avaient pas été mises au clair pour les premiers à quitter leur place, je ne donnerais pas cher de la propreté des lieux quand tous seraient sortis. En fait on pourrait dire que les miettes amassées au balais sont inversement proportionnelles à tout ce qu’on peut trouver de cohérent dans les films avec Nicolas CAGE.

Bon je ne sais pas vous, mais moi je suis lasse de leur humour aussi léger et subtil que le scénario de Chronicle, c’est pourquoi je n’ai pas daigné répondre à un joueur quand celui-ci m’a interpelée pour me demander : « Mais en fait… Tu fais quoi toi ici ? ». Je ne prépare que la nourriture, je ne fais que ranger derrière leur passage, je ne fais que nettoyer leur saletés, je ne m’occupe que de l’installation (par moment), je ne suis là que pour le rangement (aussi) et je ne fais que la compagnie (certes on pourrait s’en passer) et tout ça me prend assez de temps les week-ends de tournoi et à côté de ça, on me demande ce que je fous là ! On cherche vraiment à faire sortir le troll qui sommeille en moi et qui n’attendait que LA réplique pour en mettre plein la figure ? Je ne peux que le remercier pour ces questions, ce qui m’a permis de me défouler un bon coup.

Après ces quelques péripéties qui rythment la journée, vous attendez sagement la fin, le plus dur étant bien sûr le repas du midi, où vous avez pu le constater, ces mâles font ressortir le côté animal qui les habite, mais qui cela étonne t-il encore ? En attendant, je suis tombée tellement bas que me voilà réduite à n’être entourée que de geeks et par conséquent, je vaque à leurs occupations : on me voit ainsi m’éloigner de plus en plus vers des horizons plus sombres. Les cartes de Gosu et Magic n’ont de cesse de défiler devant mes yeux et j’ai la surprise de me voir participer à ces activités et… de… et de… d’apprécier !

C’en est trop, laissez-moi partiiir !

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